Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Un problème de voisinage ? Vous avez toujours rêvé d’un appartement pas cher dans un immeuble débarrassé de tous ses emmerdeurs ? Philip K. DICK l’a imaginé pour vous en écrivant Do androids dream of electric sheeps ? (En français Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?). Vous connaissez peut-être déjà le film dont il est l’adaptation : Blade Runner.

couverture blade runner 2008Titre original : Do androids dream of electric sheeps ?
Titre français : Blade runner
Auteur : Philip K. Dick
Edition : J’ai Lu 2008
Traducteur : Serge Quadrupanni

L’histoire de passe dans un futur très proche, en 1992 (1). L’holocauste nucléaire tant redouté a eu lieu et la vie a été quasiment rayée de la Terre. La majeure partie des espèces s’est éteinte et l’homme lui-même n’est pas au mieux de sa forme. Les continuelles retombées radioactives ne laissent pour ainsi dire plus que deux choix aux êtres humains : rester sur place et subir les affres de la radioactivité ou partir sur mars (2). Autant dire qu’avec le peu de monde qui reste, le prix de l’immobilier est au plus bas, ce qui fait que chaque foyer se retrouve seul occupant d’immeubles entiers. Pour combler la solitude et aussi pour se donner l’illusion de recoller les morceaux de cette terre dévastée, l’homme a pris l’habitude d’adopter des animaux. Ceux qui ont les moyens peuvent se permettre le luxe d’en avoir des vrais, tandis que les plus modestes choisissent d’en adopter des électriques.

A travers cette vision particulièrement sinistre de l’avenir, Philip K. Dick nous propose sa vision de l’être humain ainsi que sa relation envers les autres formes de vie, humaines ou non. Se pose alors une série de questions. Qu’est-ce que l’être l’humain ? Qu’est-ce qu’une machine ? Qu’est-ce qui les différencie ?

Si ces trois questions sont relativement vite et clairement traitées, le lecteur est amené à se poser de lui-même beaucoup d’autres questions qui, elles restent un peu sans réponse. Un peu car, en fin de compte, chaque question que vous pourrez vous poser sont purement philosophiques et, en ce sens, c’est à vous-même qu’il adviendra de trouver des réponses qui seront les vôtres ! C’est d’ailleurs, je trouve, ce qui fait un bon roman d’anticipation (3).

Très rythmé et assez facile à lire, c’est une œuvre poignante, puissante. Philip K. Dick nous tient en haleine tout au long du récit, sans trêve. La tension est telle qu’on finit par partager le sentiment d’égarement des protagonistes. On finit le livre sur les genoux, l’estomac retourné par un dénouement qui pourtant ne devrait être qu’une futilité, un acte manqué.

Si vous avez vu le film Blade Runner (4) et que vous lisez le livre, vous remarquerez d’énormes différences entre les deux. Cela vient simplement du fait que le réal’ n’a PAS lu le livre ! Eh ouais ! J’balance !
Mais avant de jeter la pierre, figurez-vous que Philip K. Dick a adoré le film ! Selon lui, les deux sont complémentaires ! Je pense donc pouvoir affirmer que les deux sont indissociables. Comme quoi, toutes les adaptations de roman au cinéma ne sont pas nulles, n’est-ce pas ?

Et petit bonus, en l’honneur de la nouvelle version cinématographique à paraître, en voici le trailer !

(1)Pardon ? C’était il y a 25 ans ? Oui bon ! À l’époque où l’histoire a été écrite c’était le futur.
(2)Ce qui sera possible 1992, j’en suis sûr !
(3)Il peut sur ce point être rapproché d’une autre œuvre, Demain les Chiens (City en anglais), de Clifford D. Simak, qui se définit, lui, comme un roman philosophique.
(4)Blader Runner, 1982, Ridley Scott. Merveilleuse interprétation de la part de Harrison Ford et Rutger Hauer

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4 réflexions sur “Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

  1. lectureenfantparent dit :

    J’ai entendu il y a quelques temps une excellente émission de radio sur Philip K. Dick, sa vie et ses œuvres et j’ai découvert qu’un grand nombre de célèbres films de science fiction étaient adaptés de ses romans : Blade runner, Minority report, Total recall, L’agence, Paycheck…
    J’ai donc acheté Ubick et Blade runner qui sont malheureusement encore en attente dans ma PAL débordante ! Ta chronique me donne envie de vite le remonter en haut de ma liste de prochaines lectures.

    Aimé par 2 people

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