Tombez dans le terrier du lapin blanc

Aujourd’hui, je vous entraine avec moi à la poursuite du lapin blanc dans un immense rêve éveillé. En fait, ce que je vous propose, c’est de vous engouffrer dans le premier métro venu (celui avec le lapin blanc dessiné sur les portes), pour aller voir un film culte, Twin Peaks dans un lieu unique, Le Brady cinéma-théâtre.

Le Brady, un cinéma-théâtre qui sent bon le vieux Paris.

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir ce film culte (et je n’ai toujours pas vu la série). Alors quand j’ai entendu qu’il était de nouveau visible au cinéma en version remasterisé, j’ai sauté sur l’occasion. De tout Paris, un seul cinéma le diffuse encore cet été Le Brady, l’occasion rêvé de faire une excursion dans le 10ème !

Le Brady est situé sur le Boulevard Strasbourg, entouré de salon de coiffure afro et de perruquiers. De temps en temps, vous croiserez des bourgeois choqués, eux aussi en expédition, qui parleront de ce quartier comme d’un lieu de rencontre pour dealers et autres fantasmes issus du journal de 13h de JPP. En fait, la seule chose qui m’a surprise, c’est le nombre incroyable de rabatteurs/homme sandwich pour chaque boutique beauté, coiffure du coin.

Une fois traversé le brouillard des fantasmes, vous tomberez sur ce tout petit cinéma, ambiance rétro. Oui, je sais, si on ne fait que passer devant en le regardant du coin de l’oeil, ça fait plus penser à un sex shop qui se donne des styles de lupanar année 30 (description qui a permis à Cro de le trouver après avoir erré un peu dans le quartier). Le brouillard des fantasmes est épais dans ce quartier ! 😉

-J’ouvre ici une parenthèse pour les accrocs à l’Histoire de Paris. D’après Le guide du routard, ce cinéma construit en 1956, a été assidument fréquenté par Truffaut. Il s’est longtemps distingué par sa programmation destinée au fantastique et à l’horreur. Sa survie, il la doit surtout à quelques passionnés (comme Jean-Pierre Mocky qui l’a racheté en 1994). Aujourd’hui, les deux salles de ce petit cinéma projettent surtout des films en fin de course (c’est ce qu’on appelle un cinéma de continuation), des films pour enfants, des films indé, des films étrangers et des films LGBT (avec le ciné-club du 7ème genre).
Vous pourrez aussi y voir The Rocky Horror Picture Show (Film + Live Show). Cliquez ICI pour jeter un œil sur la programmation –

Twin Peaks : Fire Walks With Me, de David Lynch (1992)

Le synopsys de Telerama (parce que celui d’allociné est tout pourri) :

Twin-Peaks-Fire-Walk-With-Me-afficheDans une bourgade du Nord des Etats-Unis, le corps d’une jeune fille de 17 ans, Teresa Banks, est découvert flottant sur une rivière. Le FBI enquête. Dale Cooper, un agent, a des visions prémonitoires qui l’amènent à craindre qu’un meurtre identique ne se produise bientôt dans la même région. Un an plus tard, à Twin Peaks. La charmante Laura Palmer mène une double vie. Étudiante modèle le jour, cette toxicomane invétérée erre la nuit dans des lieux mal famés et se prostitue pour se procurer de la drogue. Elle devient la proie d’hallucinations et de cauchemars dans lesquels elle est agressée par un individu terrifiant…

Mon avis :

Est ce que l’on peut regarder ce film sans avoir vu la série ? Oui (contrairement à ce que certains fans vous diront) !
Bien sûr, ramener avec vous un décodeur humain qui a vu l’intégralité de la série vous permettra d’avoir la signification de certains symboles ou le background de certains personnages comme la femme à la buche ou l’homme venu d’ailleurs.
Attention : certaines scènes peuvent heurter le public (violence, drogue, sexe).

Un film à tiroirs

Ce qu’il faut garder à l’esprit et que l’on comprend assez vite, c’est que toute cette histoire, tous les personnages ont un double fond ou plutôt des doubles fonds. L’enquête de Teresa Bans sert de double fond à celle sur Laura Palmer, petite étudiante brillante, girl next door le jour, toxicomane prostituée la nuit.

Un son et lumière impressionnant

L’utilisation des couleurs est particulièrement parlante et vous permettra de décrypter certaines scènes. Le rouge est passion, le bleu est chagrin et honteux, le jaune est douleur, le blanc est réconfortant, le vert est une salissure, etc … Le tout est une claque visuelle.

Pour le son, on retrouve le compositeur Angelo Badalamenti, des textes écrits par Lynch lui même et la voix de la chanteuse Julee Cruise. Le son de la contrebasse ne vous quitte jamais longtemps. Bref c’est simple et entêtant.

 

A la fin de la projection, il y avait un silence de mort et une jeune fille avec des larmes pleins les yeux.

Pour conclure, je dirais simplement que  c’est une expérience cinématographique complétement dingue, qui devient extraordinaire dans un cinéma comme le Brady.

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14 réflexions sur “Tombez dans le terrier du lapin blanc

  1. Fille de Lune dit :

    J’avais vu quelques épisodes de la série il y a longtemps mais comme je ne suis pan fan de l’univers de David Lynch à qui je reconnais pourtant un vrai talent, je n’ai pas poursuivi. Je n’ai jamais vu le film.
    Quant au cinéma, j’aurais aimé le découvrir peut-être lors d’une prochaine visite sur Paris, mais comme je n’aime pas être « harponnée » lorsque je marche dans la rue, je pense hélas que je m’abstiendrai !
    Bravo pour ton article 🙂

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  2. oursebibliophile dit :

    Évidemment qu’on peut voir le film sans avoir vu la série. En revanche, ça doit gâcher un peu le plaisir de la série si on a vu le film avant. Disparu, le plaisir de l’enquête, le plaisir des progressives apparitions de Bob, le suspense de savoir qui est le coupable. En tout cas, je suis ravie que tu aies pu le découvrir dans un cinéma comme le Brady. Les petits cinémas indépendants confèrent toujours aux films une aura particulière. Surtout aux films comme celui-ci.

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    • teatimeinbloomsbury dit :

      Je vais faire une comparaison un peu curieuse mais je ne peux pas faire autrement. Le plaisir n’est pas gâché, il est juste différent. J’ai découverts les films harry potter avant de lire les livres. Mon plaisir de lectrice n’a pas été gâché parce que je connaissais déjà la fin. Ce qui fait la force d’une oeuvre c’est le cheminement. L’univers de Lynch est assez dense et fort pour dissimuler des tas de secrets, de easters eggs, que ce soit dans les livres, la série ou le film liés aux mystères de twin peaks. 😉

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      • oursebibliophile dit :

        C’est vrai, tu n’as pas tort… Je continue de penser que découvrir la série puis le film est plus intéressant, mais tu m’as quand même fait voir les choses différemment. C’est juste une autre façon d’aborder l’oeuvre !

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  3. lespapotagesdesixte dit :

    Ca a l’air d’être une superbe expérience… J’imagine volontiers ce que ça peut donner. Accro à la série (à la lueur d’une bougie seulement), je n’ai pas encore vu le film : j’avais été déconcertée par la saison 2, après une saison 1 qui m’avait tellement retournée (Bob !), et actuellement je ne sais toujours pas si j’aime la saison 3 ou non. Twin Peaks est un univers dérangeant, une vraie expérience. Ce cinéma doit tellement renforcer ce sentiment.

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  4. alicegar dit :

    Oh que j’aimerais habiter à Paris pour y foncer tête baissée quelques pauvres amies victimes de mes lubies à mes bras ! Votre critique me donne une envie folle d’y aller, voilà que je suis tout déçue de ne pas le pouvoir.
    Mais je sais que je regarderais ce film dès la prochaine occasion !
    Merci !

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