Les Délices de Tokyo

Pour ce #VendrediLecture, je vous emmène manger des Dorayaki et voir les cerisiers en fleur au Japon !
Faites vos bagages et préparez vous à l’embarquement.

-Les-delices-de-Tokyo-Les délices de Tokyo,
de Durian Sukegawa
Editions : Albin Michel (2017)

4ème de couverture :

« Écoutez la voix des haricots » : tel est le secret de Tokue, une vieille dame aux doigts mystérieusement déformés, pour réussir le an, la pâte de haricots rouges qui accompagne les dorayaki, des pâtisseries japonaises. Sentarô, qui a accepté d’embaucher Tokue dans son échoppe, voit sa clientèle doubler du jour au lendemain, conquise par ses talents de pâtissière. Mais la vieille dame cache un secret moins avouable et disparaît comme elle était apparue, laissant Sentarô interpréter à sa façon la leçon qu’elle lui a fait partager.

Magnifiquement adapté à l’écran par la cinéaste Naomi Kawase, primée à Cannes, le roman de Durian Sukegawa est une ode à la cuisine et à la vie. Poignant, poétique, sensuel : un régal.

 

C’est une histoire joliment écrite, pleine de poésie, le récit d’une rencontre entre deux êtres authentiques.
D’un côté, vous avez Rocky Balboa et ses 80 kilos de muscles … Oh attendez, je me suis trompée d’histoire. Repoudrons nos moutons !
Donc d’un côté vous avez ce jeune adulte, aux rêves brisés qui vend des Dorayaki douteux (c’est un genre de sandwich : pancakes + an/pâte de haricot rouge). De l’autre côté du ring de la vie, vous avez une vieille femme aux doigts crochus, un poil allumée qui parle aux arbres, aux fleurs, aux haricots rouges et qui aimerait bien travailler avec ce vendeur de Dorayaki !

Au delà de cette rencontre improbable se cache … des spoilers ! (Plissez des yeux pour ne rien voir et revenez après la vidéo si vous ne voulez pas être spoilé)

Ce qui est franchement intéressant dans cette histoire, ce n’est pas tant la recette du an (même si après avoir lu ce livre vous la maîtriserez) que le secret de cette vieille dame aux mains crochues. Cette femme n’est pas une sorcière, contrairement à ce que je pensais à la lecture des 5 premières pages de ce livre mais une ancienne victime de la maladie de Hansen (c.à.d. une ancienne lépreuse).

Et c’est avec une grande pudeur et sans fard qu’il nous est conté l’exclusion forcée des malades de la lèpre de la société japonaise notamment de 1907 à 1996. Je trouve que c’est une force du livre. Il met en lumière quelque chose de méconnu, à savoir que le traitement des lépreux et ancien lépreux et en nous rappelant que d’anciens malades vivent toujours dans des sanatoriums. Ils ont 80 ans et plus et restent dans ces sanatoriums à cause de leur âge, de leur apparence, de la méconnaissance de la maladie dans la société japonaise et d’une part de superstition/religion.

Même si la loi sur l’internement forcé des malades de la lèpre au Japon a été levée en 1996, il reste une fracture. Pour en savoir plus sur l’histoire de cette maladie au Japon et la discrimination d’une partie de sa population, je vous invite à lire l’article Discrimination et lèpre dans le Japon moderne sur le site Espace éthique de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (en cliquant ICI).

Fin des Spoilers.

Ce livre a été transposé magnifiquement au cinéma par Naomi Kawase en 2016 :

Ce tout petit livre se lit en 3h, le temps de préparer des cinnamon rolls (même si les cheveux de Paula Dean vous ont dit que ça ne prenait qu’1h50 – pour voir la recette et/ou les cheveux : cliquez ICI) ! Il vous réchauffera le cœur et mouillera un peu vos joues … un peu comme les cinnamon rolls.
C’est une belle histoire d’amitié à déguster même si vous n’aimez pas le an !

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22 réflexions sur “Les Délices de Tokyo

  1. Je suis allé voir ce film, un peu sur un coup de tête, parce que j’avais envie d’aller au cinéma et qu’ils le proposaient dans mon petit cinéma d’arts et essais. Je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre mais finalement j’ai adoré ce film. Je l’ai trouvé plein de poésie et les personnages sont très attachants.
    Du coup je me demande si ça vaut le coup de lire le livre. Est-ce qu’il y a des choses en plus qu’on ne voit pas dans le film?

    Aimé par 1 personne

    • Le film respecte extraordinairement bien le livre. Il y a juste une atmosphère un peu différente, quelques détails qui ne sont pas dans le film. Je pense que ça vaut le coup, dans le sens où le livre percute l’imagination est crée quelque chose de différent.
      Ce n’est que mon humble avis 😉
      (désolé de ne pas avoir répondu plus tôt, mais wordpress a classé ton message dans les indésirables. J’ai réparé son erreur) 😉

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  2. Miracle à Saint-Brieuc. Coup sur coup, deux films arrivent dans nos lointaines contrées, que nous n’attendions plus depuis longtemps. Il y a quelques semaines, voire quelques mois, nous avions vu les bandes-annonces, mais, depuis, plus rien. Alors? Remords d’un programmateur, raisons financières? Je ne sais … Toujours est-il qu’après « Belgica », somptueux, voici que nous arrive « Les Délices de Tokyo » tout aussi somptueux, mais dans un autre genre…
    « Les Délices de Tokyo », de Naomi Kawase, est un film magnifique, une jolie fable philosophique. Ce type de films nous fait penser au cinéma de Ozu, non pas forcément dans la manière de filmer, mais dans le rythme, très lent, qui installe les décors, les personnages et l’action. Cette lenteur est totalement indispensable au propos.
    Fable philosophique sans aucun doute, dans la mesure où une vieille dame de 76 ans, Tokue, va transmettre à Sentaro, le vendeur de dorayakis, des pâtisseries traditionnelles japonaises qui se composent de deux pancakes fourrés de pâte de haricots rouges confits, « AN », l’art et la manière de les fabriquer. Elle se fait embaucher et la boutique connaît un succès retentissant grâce à la qualité des gâteaux. Tout Le début du film est drôle, l’humour dans les relations entre Sentaro et la vieille femme iconoclaste accentuant le contraste entre les deux personnages.
    Mais, très vite, au travers de cette histoire toute simple, on s’aperçoit que le film aborde les problèmes essentiels de la vie: le sens de l’existence, le bonheur, l’amitié, le temps qui passe, la mort enfin. Le film est superbe, la nature éclaboussant en permanence les plans, les cerisiers et leurs magnifiques fleurs blanches, la lune, le soleil, la lumière, nature qui est réellement un personnage du film. Les quelques personnages, interprétés par des acteurs brillants, sont beaux, physiquement comme moralement, intelligents, sensibles, d’une très grande gentillesse.
    Le film fonctionne sur la douceur, la poésie, la beauté des relations humaines et, naturellement, sur l’émotion, sans jamais tomber dans la mièvrerie.
    Au total, un grand film, aussi original qu’important par les thèmes abordés, du cinéma qui réconcilie avec l’humanité.

    Aimé par 1 personne

  3. j’ai tellement hâte de lire ce livre et après voir le film, merci pour cette découverte, la présentation que tu en a fait me donne déjà envie moi qui adore la littérature japonaise tu prêche une convertie

    Merciiiii infiniment

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