Paris-Austerlitz

Pour ce #VendrediLecture, je vous propose de suivre une histoire d’amour courte et intense dans Paris.

Paris-AusterlitzParis-Austerlitz,
de Rafael Chirbes
traduit de l’espagnol par Denise Laroutis
Éditions : Rivages

4ème de couverture

« Un jeune peintre se souvient de sa relation avec Michel. Tout les oppose – l’âge, la classe sociale, l’apparence – pourtant ils vivent une histoire inoubliable. A leurs côtés, on traverse les méandres de la passion, de la parenthèse enchantée des premiers jours à la fin de l’innocence. Le roman d’amour se fait alors chant funèbre, car l’ombre de la maladie et de la mort ne cesse de planer sur les amants.
Rafael Chirbes travaillait sur ce manuscrit depuis vingt ans. Avec une étrange et frénétique fulgurance, il a achevé Paris-Austerlitz quelques mois avant de mourir, concluant ainsi une oeuvre majeure par un texte exceptionnel, sa version à lui du Journal du voleur de Genet. « 

L’histoire commence par la fin. Le narrateur, un jeune peintre espagnol sans nom, revient avec un regard désabusé sur sa liaison avec Michel, un ouvrier parisien d’âge mûr. Tout les opposait. L’un est jeune, espagnol, très cultivé, doué en cuisine et vient d’un milieu aisé, l’autre est vieux, issu du monde ouvrier, cultive plus volontiers la terre et à des goûts peu sophistiqué en cuisine. Pourtant un jour, ils se sont rencontrés et aimés.
Je ne vous en dirais pas plus, c’est un tout petit livre qui mérite d’être lu.

Ce petit roman de 108 pages est d’une force et d’une densité incroyable. Il prend la forme d’une spirale bien construite qui nous entraîne dans les entrailles d’un amour passé. En outre, il balaye de nombreux thèmes de façon très crue parfois et curieusement très pudique à d’autres moments : l’amour, la sexualité, le désamour, le SIDA (qu’il ne nomme jamais), le poids de la culpabilité, l’économie, la sociologie, les divergences entre classes sociales, l’Histoire et j’en oublie peut être qui vous toucheront peut-être plus.

Le récit n’est jamais daté et je sais que ça peut gêner certain(e)s d’entre vous. Les autres diront que l’intemporalité rend le récit immortel. C’est pas faux. Mais cette fois-ci l’auteur nous laisse tout un faisceau d’indices qui permettent de nous situer dans le temps : il y est fait mention du franc, Michel était enfant durant la seconde Guerre Mondiale, Franco n’est plus, la méconnaissance de la transmission du VIH (puisque notre peintre sans nom a à un moment peur de l’attraper par la salive … je sais, ça n’aide pas à dater puisqu’aujourd’hui encore certain(e)s pensent qu’un baiser suffit pour l’attraper) et surtout nos amants visitent le nouveau musée d’Orsay. Bref bienvenu dans la fin des années 1980 !

C’est un petit roman magnifique, tragique, fulgurant qui résonne particulièrement en ce week-end du sidaction.
Lisez, aimez et protégez vous !

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3 réflexions sur “Paris-Austerlitz

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