Enfers et Fantômes d’Asie

Aujourd’hui, nous vous proposons un #VendrediLecture un peu spécial. Nous partons pour un voyage culturel fantastique, curieux, beau et effrayant avec le catalogue de l’exposition la plus courue de Paris :

DSC04485Catalogue de l’exposition :
« Enfers et fantômes d’Asie »
Ouvrage collectif sous la direction de Stéphane Du Mesnildot et de  Julien Rousseau
Coédition Flammarion / Musée du quai Branly

4ème couverture :

« Fantômes  vengeurs et affamés, spectres de la jungle et vampires sauteurs… Le  monde asiatique de l’horreur est peuplé de créatures fantastiques. Les  supplices et les revenants des enfers ont traditionnellement inspiré la  peinture bouddhique, cependant, c’est à travers des récits populaires,  adaptés au théâtre puis au cinéma, que les spectres d’Asie sont  apparus. Souvent, ces esprits se manifestent pour réparer une injustice,  accomplir un destin interrompu ou, tout simplement, raconter leur  histoire.
Enfers et fantômes d’Asie propose une anthologie de  récits richement illustrée d’œuvres phares, des premiers siècles à la  «pop culture», et montre qu’au-delà de l’horreur, les arts ont permis  aux vivants de construire une relation avec les défunts. »

Âme sensibles s’abstenir. 

Il y a des fantômes amusants, de la série B marrante, de jeux vidéos chouettes, mais il y a aussi du gore dans cette expo.

Ce petit catalogue a réussi l’exploit d’être encore plus fascinant que l’exposition qu’il présente. Vous retrouverez dans ce grand ouvrage des estampes de fantômes réalisées par Hokusai, des costumes de théâtre nô, des statues incroyables, des décors de théâtre, des propositions cinématographiques amusantes et horrifiques, des masques et des costumes, etc….

Il se découpe en 3 parties, classique : Visions des Enfers, Fantômes errants et vengeurs et la chasse aux fantômes. Son contenu est vraiment sympa. Je vous invite à le feuilleter !

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A travers ses pages, vous aurez l’occasion de retrouver les sensations étranges que procure cette exposition. Et puisque c’est une des expositions les plus populaires du moment , grâce au catalogue, vous pourrez enfin comprendre toutes les subtilités entre les différents types de fantômes et visions des enfers. Bonne chance pour se frayer un chemin à travers la foule pour lire les panneaux !

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C’est une exposition qui évoque les mythes et légendes liés aux royaumes des morts et à la manière dont ils ont été transmis jusqu’à aujourd’hui dans la culture pop, dans les mangas, les films ou encore les jeux vidéos. La scénographie de l’exposition est brillante. Vous vous retrouverez immergé dans les différentes visions des enfers et des fantômes de l’Asie d Sud-Est. Et en plus c’est interactif ! D’ailleurs, à la fin de votre visite vous aurez l’opportunité de jouer à 3 jeux vidéos sympas (et oui, il y a pac-man parmi eux).

Pour en savoir plus, je vous invite à regarder cette interview du chef d’exposition par les Inrock :

Pourquoi je vous en le aujourd’hui alors que ça fait presque deux mois que nous l’avons vu ?

> Alerte Bon Plan Sortie du Week-End ! <

Parce que ce Week-End au musée du Quai Branly vous attend un Week-End d’Enfers.

Vous pourrez chasser les fantômes dans ses jardins, écouter des musiciens, apprécier le Bûto, la danse des ténèbres, vous faire une toile, éveiller vos papilles gustatives aux saveurs asiatiques dans son restaurant etc ….

Si vous êtes sur Paris ce Week-End, n’hésitez pas !

L’événement est gratuit. Pour en savoir plus, Cliquez ICI !

L’exposition dure jusqu’au 15 juillet.

En attendant, à Vendredi Prochain pour une nouvelle aventure !

 

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Un Dimanche au Quai Branly

Aujourd’hui, je vous entraine au Musée du Quay Branly Jacques Chirac pour trois expositions qui valent le coup d’œil !

Picasso Primitif (du 28 mars au 23 juillet 2017) – Attention dernier jour !

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Source Image

C’est une exposition qui se divise en deux parties. Tout d’abord, une approche chronologique de l’arrivée de Picasso à Paris en 1900 à sa mort. Puis une approche thématique : l’intérêt de Picasso pour les formes élémentaires, sa manière de jouer avec les métamorphoses et une interprétation freudienne d’une partie de son œuvre.

Vous découvrirez au cours de cette exposition la taille impressionnante de la collection privée d’art primitif de Picasso, des lettres écrites à des amis artistes pour avoir des bons plans en matière de vente d’objets d’art, des cartes postales ou des témoignages. Vous découvrirez aussi des objets qui ne lui appartenaient pas mais dont il a pu s’inspirer pour pas mal d’œuvre, mais aussi des esquisses, des travaux de recherches, une scène avec un pénis qui ferait pâlir d’envie Jeff Koons, des photos de son logement, etc …

L’approche proposée dans cette exposition des œuvres de Picasso vis à vis de l’art primitif est franchement intéressante. Elle vous donnera une autre vision de l’artiste.

Ce que j’ai trouvé rigolo (en plus de la collection de pénis et la partie métamorphose), c’est entendre des gens (qui pour la plupart on fait la queue pour cette exposition) dire qu’ils n’aiment pas Picasso, que l’art kanak c’est trop moche et que c’est grave raciste de parler d’Art nègre (sur les cartes postales d’époque).

Bref, vous ne ferez pas la queue si vous arrivez autour de midi un dimanche.

La pierre sacrée des Maori (du 23 mai au 1 octobre 2017)

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Exemple de Hei Tiki (SourceImage)

L’exposition qui vous conduit en Nouvelle-Zélande sans passer 24h coincé dans un avion ! Vous pourrez palper le trésor des maoris, non pas les All-Blacks, mais le Pounamu (aussi appelé Jade de Nouvelle-Zélande).

L’exposition retrace les origines géologique de cette pierre sacrée avant d’aborder les mythes qui l’entourent et son utilisation.
Vous découvrirez deux types d’objets particulièrement marquants :

Hei Tiki : Ce sont des figures, taillées dans le Pounamu, que les Maoris portent en pendentif. Puisque Hei signifie le cou et Tiki désigne le premier homme venu sur terre par la grâce des dieux. Les Hei Tiki témoignent de la connexion des Maoris à leurs ancêtres. Ils sont portés aussi bien par les hommes que par les femmes (d’ailleurs, l’exposition montre des Hei Tiki de femmes célébrées pour leur immense courage). Ils sont le signe d’un certain statut social, d’un prestige.

Mere : Ce sont des armes courtes, réalisées à partir de la pierre sacrée, qui elles aussi, sont transmises de génération en génération (whakapapa). Ces objets possèdent la Mana, la force transmise par le premier des Dieux à l’humanité, particulièrement aux chefs et aux dignitaires de hauts rangs.

Certes cette exposition peut paraitre superficielle pour certains (je pense notamment à la jeune fille qui déambulait dans cette expo avec un type qu’elle pensait pouvoir pécho en insultant l’oeuvre de Picasso …). Comme dirait Cabrel, ce ne sont que des cailloux. Oui, mais ce sont aussi de jolis objets. Et puis, de ce que j’ai vu, si vous placez un bébé de 16 mois sur un de ces gros cailloux, vous aurez l’impression de le voir gravir une montagne !

Aztec Hôtel (20 juin au 8 octobre 2017)

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Source Image

De toutes les expositions, celles ci est la plus petite et la plus amusante (malheureusement, je n’ai pas vu de cahier d’exposition quand j’y suis allée, et c’est fort dommage). Elle vous entrainera dans la frénésie Maya de la fin du XIXème et du début du XXème siècle !

Entre les dessins et les interprétations des pseudo archéologues ou de types lambdas fascinés par les découvertes archéologiques précolombiennes, comme l’architecte britannique Frederick Catherwood (1799-1854), on mélange tout : Aztèques et Mayas, continents perdus et autres joyeusetés à la recherche d’un mythe originel, d’une histoire commune ancienne, d’une citée athénienne. On reproduit les motifs trouvés dans les fouilles, on en fait des carrelages, des objets en tout genre, des hôtels, des casinos, des salles de spectacles (un peu comme pour la culture Tiki Pop). On raconte cette civilisation au cinéma, on s’en inspire en danse contemporaine, on cherche son chant originel, ou encore, on donne des explications hasardeuses aux sacrifices. La maya-mania est sans limite !

Bref, vous verrez et entendrez des choses vraiment drôle  dans cette exposition et vous découvrirez même d’où viennent les fantasmes d’ufologie, de continents disparus et de tous les trucs bizarres qu’on accroche aux civilisations précolombiennes.

En Bonus : La chanteuse Yma Sumac — descendante autoproclamée des rois incas :

 

Cette fascination s’est quelque peut estompée après la Seconde Guerre Mondiale, même si des films comme Apocalyptico tendent à nous prouver le contraire.

Si vous passez du temps sur la Capitale cet été, passez-y, vous ne le regretterez pas ! 😉
En plus, il y a pleins d’activités pensées pour les enfants (comme des chasses au trésor).