Back to the 90’s : Witchcraft (3)

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Mes talents de musicien me disent que vous ne pouvez pas ne pas avoir reconnu le thème mythique de La Famille Addams. Et quelle coïncidence ! C’est justement le sujet de cet article ! La nature est bien faite !

La-Famille-AddamsLa famille Addams (1991)
de Barry Sonnefeld

Synopsis d’Allociné :

« Rififi chez les Addams, célèbre famille macabre qui vit dans un manoir hanté, lorsque débarque l’oncle Fétide, sosie d’un des membres de la famille disparu vingt-cinq ans plus tôt… Ne serait-il pas un usurpateur qui cherche à les doubler pour faire main basse sur leur trésor caché ? »

C’est toujours un plaisir de voir et de revoir ces deux films. Teatime et moi-même ne les loupons jamais lorsqu’ils passent à la télé, alors que nous les avons en DVD, c’est dire !

La famille Addams (pour les 3 zigottos qui ne connaissent pas) est une adaptation de la BD des années 30 de Charles Addams dans le New Yorker et surtout de la  la série télé des années 60, diffusé à la fin des années 80 en France. Il existe également une série animée des année 90. Un OVNI télé, une anti sitcom, dialogue de qualité, élève un lion dépressif et des plantes carnivores, une salle de torture dans la cave, une famille sadique et aimante, attachante dans tous les sens du terme.

Dans cette version de Barry Sonnefeld, on retrouve l’humour noir et les dialogues parfois salaces si caractéristiques de cette drôle de famille gothique. A travers leurs découvertes des abysses du monde extérieur, c’est toute une critique de la normalité qui apparaît.

Vous y retrouverez un casting magique avec Anjelica Huston  (The Witches) en Morticia ou encore Christopher Lloyd (Prof dans Retour vers le futur) dans le rôle de l’oncle Fétide. Vous aurez envie d’apprendre à danser la mamushka avec un couteau entre les dents. Bref, c’est un véritable bijou, bourré de scènes cultes, de répliques cultes, d’effets spéciaux honorables. Et comme mimerait la Chose : Attention à la tarte au cinq doigts si tu dis le contraire !

les-valeurs-de-la-famille-addams-jaquette8Les valeurs de la famille Addams (1993), de Barry Stonnefeld

Synopsys by Allociné :
« L’arrivée de Puberté, troisième rejeton de Morticia et Gomez, va semer la zizanie dans le clan Addams. Les soins dont on l’entoure excitent la jalousie de Mercredi et Pugsley qui vont tout tenter pour l’éliminer. Quant à sa nurse, Debbie, appétissante blonde, elle va faire tourner la tête de l’oncle Fétide… »

Cette suite est tout aussi drôle (peut-être même plus), ses répliques font mouche. Vous aussi vous éprouverez beaucoup de sympathie envers une tueuse en série incomprise, qui a eu une Malibu Barbie à 12 ans alors qu’elle a toujours été une ballerine ! Si, si !
La scène du dindon est magique. Enfin vous ne verrez plus le film La mélodie du Bonheur comme avant.

Je ne vous parlerais ni du 3ème volet, La famille Addams : les retrouvailles avec Tim Curry en Gomez Addams qui est un peu moins bon ni de la rumeur de reprise par Tim Burton en stop-motion qui célèbrera ses 10 ans en 2021 !

Si Internet a sa règle 34, les classiques hollywoodiens populaires se retrouvent métamorphosés en comédie musicale. La famille Addams n’y a pas échappé puisqu’elle existe en comédie musicale à Broadway :

visible actuellement à Paris au théâtre du Palace :
http://www.theatrelepalace.fr/spectacle-la-famille-addams/

Enfin, à l’approche d’Halloween, je rajouterais simplement que La famille Addams est un thème idéal pour vos costumes et qu’en tout cas ça change du thème Scooby Doo !
Bisous à toutes celles et ceux qui ont eu de l’urticaire après avoir porté le pull de Véra et celles et ceux qui sont revenus pleins de puces habillés en chien savant (attention, j’ai pas dis en latex, bande de petits pervers)!


Source : image à la une

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Alice au pays des Merveilles (2009)

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une histoire, qui parle à tous puisqu’elle questionne sur votre identité, votre propre conception du monde, sur votre rapport à l’inconnu, sur l’absurde, etc … au travers d’une de ces adaptations les plus épicées !
Car oui, c’est une des histoires les plus adaptées et ce, sur tous les formats possibles, que ce soit en livre (rendez-vous un vendredi), en jeux de société ou jeux-vidéo, en psychologie (SAPM), en restaurants/bars à thème, en tenues kawaïs ou encore en films et en séries.

Aujourd’hui, on se met la tête à l’envers avec …

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Alice au pays des Merveilles,
Mini-série canado-britanique
de Nick Willing (2009)

Synopsis :
« Alice vit heureuse et fréquente un charmant jeune homme avec lequel elle prépare maints projets d’avenir. Mais tout bascule lorsqu’elle découvre qu’il a été kidnappé par l’inquiétante organisation du Lapin blanc. Pour le retrouver, elle n’a d’autre choix que de traverser un mystérieux miroir(1). Sans comprendre comment, elle se retrouve projetée dans l’univers étrange du Pays des merveilles. Ce royaume inconnu est dominé par la cruelle Reine de Cœur. Et celle-ci ne voit pas l’arrivée d’Alice d’un très bon œil… »

Un récidiviste

En 1999, Nick Willing avait déjà réalisé une adaptation en téléfilm d’Alice au Pays des Merveilles (la joyeuse version avec Whoopy Golberg dans le rôle du chat du Cheschire). Pour certains, c’est une des pires version qui soit, malgré un casting épique (Y’a Hercule Poirot et Willy Wonka dedans !), des tableaux magnifiques et des effets spéciaux tordus, des marionnettes flippantes… Personnellement, je le trouve drôle même si je finis toujours par m’endormir devant.
Rassurez vous, l’adaptation de 2009 est bien meilleure ! Les effets spéciaux aussi !

Un casting démentiel

Qui dit Nick Willing dit casting de la mort qui tue ! Cette fois ci, on retrouve Caterina Scorsone (Grey’s Anatomy) en Alice maîtresse d’Arts martiaux, Kathy Bates (Misery, Titanic, Apparitions) en reine de cœur magnifiquement terrifiante, Tim Curry (Ça, Cluedo, The Rocky Horror Picture Show, etc…) en Dodo ou encore Matt Frewer (Pixels, La nuit au musée : Le secret des Pharaons, Monthy Pythons : Le sens de la vie) en Chevalier Blanc tout charmant qu’on a envie de prendre dans ses bras comme le vieux doudou qu’il est. Bref, le casting à lui seul est une raison de regarder cette mini série de deux épisodes !

Une vision originale

Cette adaptation est belle par les libertés prises. Ici, vous tomberez dans un monde gouvernée par une reine qui ne tolère que les sentiments positifs, qu’elle récupère auprès des huitres (nous) dans un Casino des émotions (où l’on gagne tout le temps) et vend ensuite à sa population de gros camés. Dans cette version, il y a un chevalier blanc pleins de courage, un escargot transgénique, des gens qui meurent pour toujours, un lapin tueur, un chapelier fou adorable et je ne vous dis pas tout !

Cette mini-série est une vraie pépite à consommer sans modération !

(1) En même temps, elle s’est empiergée(2) en poursuivant un méchant et est littéralement tombé dedans !
(2)Du français régional de Champagne, de Picardie, de Brie et des Ardennes. Dérivé du préfixe en- et d’une forme régionale du mot perche (Nom commun 2, du latin pertica), donc littéralement « entraver (le bétail) à l’aide d’une perche ». Si le mot était francilien, il serait « empercher »-Wiktionnaire
En québécois, on dit « s’enfarger ». Ex: « S’enfarger (les pieds) dans les fleurs du tapis » !

Mother !

Allez ! Aujourd’hui, on vous emmène au cinéma ! Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Film romantique pour toi ? Film de guerre pour lui ? Plutôt un film d’action ou de mafia pour elle, là-bas ? Ah ! Ai-je entendu film de zombis, au fond de la salle ?

Eh bien figurez-vous que, depuis samedi, j’ai de quoi tous vous faire plaisir, avec le film

MOTHER !
de  Darren Aronofsky
avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Michelle Pfeiffer, Ed Harris

Bon, j’aime autant vous prévenir d’avance, il va falloir… élever votre niveau de conscience avant la séance. Pour certains, cela peut signifier peyotl même si, personnellement, je n’en ai jamais eu besoin.

Spoiler Alert !

Une jeune femme nommée Mother (si, si) se met en ménage avec un homme plus âgé nommé Him (si, si)(1). Cet homme âgé est un écrivain de renom qui s’est trouvé une magnifique maison loin de tout. Quand à elle, c’est la femme la plus dévouée qu’il soit permis d’imaginer(2). Alors que madame est à elle seule en train de remettre la maison sur pied (et y a du boulot), un adorable chirurgien en fin de vie sonne à la porte. Et tout commence…

Une expression américaine décrit relativement bien ce qu’on ressent en sortant de la salle. Brainfuck. Ai-je besoin de le traduire ?

C’est un film intense, violent, surprenant qui a laissé la salle entière sur les rotules. Il faut dire que le scénariste n’y est pas allé de main morte, dans la surenchère. Imaginez un peu que votre compagne/compagnon reçoive chez vous des admirateurs. Imaginez maintenant que ces admirateurs se multiplient, affluent de toute part, deviennent violents, voleurs, pillards.
Cela ne s’arrête évidemment pas là, sinon, cet article n’aurait pas lieu d’être. Les admirateurs se déchaînent, des scènes de violence éclatent, des meurtres voire des assassinats ont lieu. La police finit évidemment par s’en mêler, mais, inefficace, laisse vite place à l’armée et la maison devient un véritable champ de bataille.

Et cela ne s’arrête toujours pas là ! Hahaha ! Qu’avez-vous cru, bande de petits naïfs ? Je vous fait grâce du descriptif complet. Il est aussi absurde qu’excessivement violent. Ce n’est qu’à la toute fin que l’on comprend ce dont il s’agit. Juste après avoir crié « Quoi ? Ce n’est pas encore fini ? ». Mais ça malheureusement, c’est un spoiler.

Dans les premiers instants du film, au vu des indices qui nous sont laissés, on pense au scénario d’Apparences(3). Cette impression nous a été renforcée par l’entrée en scène de notre Michelle Pfeiffer adorée, dans un rôle insolent et détestable.
Cependant, devant le déferlement de violence aux moments où l’écrivain trouve son inspiration et au moment où son livre rencontre son succès, on commence à comprendre qu’on n’est pas devant un simple film d’épouvante ou un film d’horreur.

Ces passages ne sont en réalité que le processus de création de l’artiste. Ce sont toutes ses idées, tous ses mondes qui se bousculent, s’entrechoquent, apparaissent, disparaissent et réapparaissent. Un Big bang, en quelque sorte !

Et au milieu de tout ça, se trouve la femme de l’artiste. Son inspiration (elle est même surnommée ainsi à plusieurs reprises dans le film), sa muse. Tout ce processus la chamboule, la malmène, la maltraite. Et pourtant, elle lui donne tout, à son écrivain adoré. Tout, jusqu’à son propre bébé.

Et ce bébé, c’est l’oeuvre finale de l’artiste. Ce qu’il présente enfin à la foule, qui se presse de s’en emparer, de se l’approprier et de… le dévorer ! Laissant la femme usée, lessivée. Se voyant ainsi dépossédée, elle tente alors de mettre fin à l’oeuvre de l’artiste, au monde qui s’est créé autour d’eux(4).

C’est la fin de leur relation. La femme lui a tout donné, lui a donné son coeur, son âme. On comprend dès lors que le début du film, c’est l’épisode final de sa dernière oeuvre et de son dernier couple. Et que la fin du film, c’est le recommencement éternel du processus de création de l’artiste.

Le film se révèle enfin être une brillante mise en scène du processus de création d’une oeuvre et de la place de la muse de l’artiste.

mother (1)

Ce qui m’a laissé comprendre le film ainsi ? L’histoire des artistes et de leurs muses. Si vous prêtez l’oeil, l’histoire de l’art regorge de couples tumultueux, chaotiques. Je pense notamment à Picasso mais aussi à Verlaine et Rimbaud, Liz Taylor et, un peu plus contemporain, Johnny Depp et Vanessa Paradis(5). J’entends également Teatime me souffler dans l’oreillette Frida Kahlo et son homme, Diego Rivera. Vous constaterez qu’une muse se passe de sexe et que, à l’instar du film Mother!, l’histoire ne retient même pas nécessairement son nom !

Au final, malgré la violence du film, davantage psychologique que physique, nous sommes ressortis de la séance en riant. Cette exagération affichée de la violence, nous a beaucoup plu. Surtout en considérant le film comme une énorme métaphore.

PS : Le webzine Madmoizelle a également consacré un article à Mother! et développe plus de théories quant à la possible signification du film. Je reste cramponné à mon analyse, mais les siennes valent tout de même le coup d’être lues. Un petit lien amical vers l’article ?

(1)Pas un seul rôle n’a de nom ni même de prénom. Au générique de fin, chaque rôle est désigné par… le rôle même. Et le pire, dans tout ça, c’est qu’on ne s’en rend compte qu’à Ce moment.
(2)Et encore.
(3)Merveilleux thriller d’épouvante avec Michelle Pfeiffer et Harrison Ford. Si vous ne le connaissez pas encore, foncez. En plus, vous ferez du bien à M. Ford qui en a assez de n’être aux yeux de la presse que Han Solo et Indiana Jones.
(4)Voire même de mettre fin à ses jours !
(5)Je ne suis pas très presse people, mais même après tout ce temps, c’est une rupture qui m’a fait de la peine.

 

Back to the 90’s : Witchcraft (2)

Nous continuons notre cycle Back to the 90’s consacré à la sorcellerie avec un film devenu culte dès sa sortie :

Le_Projet_Blair_WitchLe Projet Blair Witch (1999),
de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez

Synopsis:
En automne 1994, 3 étudiants en cinéma partent en randonnée dans le Maryland, pour réaliser un film documentaire. L’objet de leur étude est la sorcière de Blair, une légende locale qui aurait le pouvoir de posséder les esprits.
Un an plus tard, il sont toujours portés disparu lorsque l’on découvre leur film.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le film a marqué les esprits. A l’époque du VHS et des débuts de la démocratisation de l’internet, il est carrément devenu une légende urbaine. Si, si ! Certains pensaient avoir affaire à un vrai documentaire, d’autres ont même développé une phobie de la randonnée dans les bois ! Le reste en est sorti à peu près sans séquelles.

Il faut dire que, côté communication, l’équipe du film n’a pas fait dans la dentelle en postant par exemple sur la toile des avis de recherche des acteurs ! Cela ne vous rappelle pas, plus récemment, le mini film annonçant une nouvelle version de Carrie, que beaucoup avaient pris très au sérieux ?

Le film qui a popularisé le found footage

Mais qu’est-ce que le found footage ? Hein ? Toi, au fond, là, qui pianote discrètement sur ton portable en dessous de la table. Comment ça, tu n’es pas sur ton portable ? T’es donc vraiment en train de regarder tes couilles en te marrant ?

Le found footage, c’est le recyclage d’enregistrements trouvés. Dans le cas présent, il s’agit du point de vue de la caméra qu’on tient à bout de bras, comme quand on filme sa famille. Sauf que là, le rendu n’est pas mignon.
Ce qui donne l’impression qu’il s’agit véritablement d’une pellicule trouvée. L’histoire est relativement basique, n’est-ce pas ? Pourtant, cette caméra subjective nous projette dans le film. On se retrouve comme membre du groupe de randonneurs.
Le principal défaut de cette technique pourtant si immersive ? Il ne faut pas avoir le mal des transports. C’est même la principale critique négative qui en est sortie à l’époque. Même Titanic n’y a pas eu droit, à celle-là !

Alors évidemment, ce n’est pas le premier film à utiliser le moyen de la caméra subjective. Je pense notamment à Cannibal Holocaust (1979) dont l’auteur a été accusé d’avoir réellement éliminé ses acteurs. Impressionnant, le pouvoir de cette prise de vue, non ?
Ce n’est pas le premier, mais c’est lui qui a popularisé le genre. Oui, c’est lui qu’il faut blâmer pour les… oui LES Paranormal Activity ainsi que les Rec. Il y a également Cloverfield et, plus récent, français et avec Norman, Pas Très Normales Activités. On l’a vachement aimé, celui-là et sa fixette sur l’infusion à l’échalote.

L’autre gros point fort de ce film, c’est son casting. Il est composé d’inconnus qui jouent leurs propres rôles de façon assez convaincante. Ajoutez à cela le final, abrupt mais ouvert qui ne laisse que des questions sans réponse. Ce n’est pas pour rien, que beaucoup ont réellement cru à leur disparition !

En fin de compte, en l’an de grâce 2017, on est obligé d’avouer que le film n’a pas merveilleusement vieilli. Cependant, le fandom est encore assez vivant et des théories sur le dénouement pullulent encore sur la toile. Ma préférée, c’est celle qui dit que la caméra serait tenue par la sorcière elle-même, à la fin, dans la maison. Chouette, non ?

Tombez dans le terrier du lapin blanc

Aujourd’hui, je vous entraine avec moi à la poursuite du lapin blanc dans un immense rêve éveillé. En fait, ce que je vous propose, c’est de vous engouffrer dans le premier métro venu (celui avec le lapin blanc dessiné sur les portes), pour aller voir un film culte, Twin Peaks dans un lieu unique, Le Brady cinéma-théâtre.

Le Brady, un cinéma-théâtre qui sent bon le vieux Paris.

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir ce film culte (et je n’ai toujours pas vu la série). Alors quand j’ai entendu qu’il était de nouveau visible au cinéma en version remasterisé, j’ai sauté sur l’occasion. De tout Paris, un seul cinéma le diffuse encore cet été Le Brady, l’occasion rêvé de faire une excursion dans le 10ème !

Le Brady est situé sur le Boulevard Strasbourg, entouré de salon de coiffure afro et de perruquiers. De temps en temps, vous croiserez des bourgeois choqués, eux aussi en expédition, qui parleront de ce quartier comme d’un lieu de rencontre pour dealers et autres fantasmes issus du journal de 13h de JPP. En fait, la seule chose qui m’a surprise, c’est le nombre incroyable de rabatteurs/homme sandwich pour chaque boutique beauté, coiffure du coin.

Une fois traversé le brouillard des fantasmes, vous tomberez sur ce tout petit cinéma, ambiance rétro. Oui, je sais, si on ne fait que passer devant en le regardant du coin de l’oeil, ça fait plus penser à un sex shop qui se donne des styles de lupanar année 30 (description qui a permis à Cro de le trouver après avoir erré un peu dans le quartier). Le brouillard des fantasmes est épais dans ce quartier ! 😉

-J’ouvre ici une parenthèse pour les accrocs à l’Histoire de Paris. D’après Le guide du routard, ce cinéma construit en 1956, a été assidument fréquenté par Truffaut. Il s’est longtemps distingué par sa programmation destinée au fantastique et à l’horreur. Sa survie, il la doit surtout à quelques passionnés (comme Jean-Pierre Mocky qui l’a racheté en 1994). Aujourd’hui, les deux salles de ce petit cinéma projettent surtout des films en fin de course (c’est ce qu’on appelle un cinéma de continuation), des films pour enfants, des films indé, des films étrangers et des films LGBT (avec le ciné-club du 7ème genre).
Vous pourrez aussi y voir The Rocky Horror Picture Show (Film + Live Show). Cliquez ICI pour jeter un œil sur la programmation –

Twin Peaks : Fire Walks With Me, de David Lynch (1992)

Le synopsys de Telerama (parce que celui d’allociné est tout pourri) :

Twin-Peaks-Fire-Walk-With-Me-afficheDans une bourgade du Nord des Etats-Unis, le corps d’une jeune fille de 17 ans, Teresa Banks, est découvert flottant sur une rivière. Le FBI enquête. Dale Cooper, un agent, a des visions prémonitoires qui l’amènent à craindre qu’un meurtre identique ne se produise bientôt dans la même région. Un an plus tard, à Twin Peaks. La charmante Laura Palmer mène une double vie. Étudiante modèle le jour, cette toxicomane invétérée erre la nuit dans des lieux mal famés et se prostitue pour se procurer de la drogue. Elle devient la proie d’hallucinations et de cauchemars dans lesquels elle est agressée par un individu terrifiant…

Mon avis :

Est ce que l’on peut regarder ce film sans avoir vu la série ? Oui (contrairement à ce que certains fans vous diront) !
Bien sûr, ramener avec vous un décodeur humain qui a vu l’intégralité de la série vous permettra d’avoir la signification de certains symboles ou le background de certains personnages comme la femme à la buche ou l’homme venu d’ailleurs.
Attention : certaines scènes peuvent heurter le public (violence, drogue, sexe).

Un film à tiroirs

Ce qu’il faut garder à l’esprit et que l’on comprend assez vite, c’est que toute cette histoire, tous les personnages ont un double fond ou plutôt des doubles fonds. L’enquête de Teresa Bans sert de double fond à celle sur Laura Palmer, petite étudiante brillante, girl next door le jour, toxicomane prostituée la nuit.

Un son et lumière impressionnant

L’utilisation des couleurs est particulièrement parlante et vous permettra de décrypter certaines scènes. Le rouge est passion, le bleu est chagrin et honteux, le jaune est douleur, le blanc est réconfortant, le vert est une salissure, etc … Le tout est une claque visuelle.

Pour le son, on retrouve le compositeur Angelo Badalamenti, des textes écrits par Lynch lui même et la voix de la chanteuse Julee Cruise. Le son de la contrebasse ne vous quitte jamais longtemps. Bref c’est simple et entêtant.

 

A la fin de la projection, il y avait un silence de mort et une jeune fille avec des larmes pleins les yeux.

Pour conclure, je dirais simplement que  c’est une expérience cinématographique complétement dingue, qui devient extraordinaire dans un cinéma comme le Brady.

Back to the 90’s : Witchcraft (1)

Pas de Mercredi, on joue, cette semaine, mais un Back to the 90’s un peu particulier !
J’ai lu récemment dans Empire, que Guillermo del Toro envisage un remake de The Witches ! L’occasion pour moi de revenir dans une rubrique Back to the 90’s spéciale sorcellerie !

DSC02996The Witches, de Nicolas Roeg (1990)

C’est l’histoire d’une grand-mère, Helga, qui raconte des histoires de sorcières à son petit fils, Luke. Les sorcières détestent les enfants et cherchent à les éradiquer de façon originale pour ne pas se faire prendre (enfermer les enfants dans des tableaux, les transformer en souris). Un jour, Luke et Helga partent pour un séjour balnéaire dans un grand hôtel. Malheureusement pour eux, c’est dans ce grand hôtel qu’a lieu la grande réunion annuelle des vilaines méchantes sorcières. Les sorcières transforment alors Luke et un autre petit garçon en souris.

Le roman de Roald Dahl

Ce film est une adaptation du roman de Roald Dahl, The Witches (Sacrées sorcières en français).  Si ce livre, ne vous dit rien, vous connaissez certainement Roald Dahl pour Charlie et la Chocolaterie ou encore Matilda. Le film est plutôt fidèle au livre, sauf pour la fin. Je ne sais pas pourquoi, mais je pense qu’avec un Guillermo del Toro aux manettes … on peut dire adieu au Happy Ending très 90’s de Nicolas Roeg !

Des effets spéciaux marquants

Les visages de ses sorcières et leurs yeux violets vous marqueront à vie. C’est surréaliste et drôle. Derrière ces effets spéciaux se cache The Jim Henson Compagny (le créateur des Muppets). Bref, rien que pour ça, ça vaut le coup d’oeil (surtout, si vous êtes fans de Face Off) !
On notera que les souris sont plus crédibles que Stuart Little !

Un casting fantastique

C’est la cerise sur le gâteau. Certes le jeune Luke joue mieux sous forme de souris que comme petit garçon, mais autour de lui, le casting est juste génial. Anjelica Huston, la grandissime cheffe des sorcières est juste magnifique. C’est Morticia Addams dans The Addams Family (1991) et Addams Family Values (1993) pour ce qui plissent les yeux devant leur écran en se demandant à qui cette tête leur fait bien penser. directeur de l’hotel Mr Bean, La cheffe des sorcières (Morticia Addams). Autre personnage qui vous donnera du baume au coeur : Rowan Atkinson (Mr Bean) en directeur d’hôtel coquin !

Si je n’ai pas réussi à vous donner envie de le voir ou le revoir,
j’espère au moins vous avoir envoyé un peu de magie !


Sources Images : Image à la Une

Le feuilleton de l’été et Instagram

En France, un été sans feuilleton, c’est comme du champagne sans bulle ou un flamant tout gris! Inconcevable et sans saveur !
On en a tous suivi un, que ce soit volontaire ou parce qu’on s’est retrouvé coincé entre la suspension du pot de fleurs en macramé et la cheminé de chez mamie dans le Larzac. Toujours les mêmes histoires, une héroïne forte avec un lourd héritage, une grande maison et un lourd secret.

Rassurez vous, je ne vais pas vous faire un topo sur Le Château des oliviers, Dolmen, Zodiaque ou La Vengeance aux yeux clairs !

étéIci, je voudrais juste vous présenter une saga de l’été d’Arte en BD, à suivre sur Instagamm. C’est écrit par Thomas Cadène et Joseph Saffiedine, d’après tif de Camille Duvelleroy, illustré par Erwan Surcouff et mis en musique par Santoré.
Vous pouvez y accéder en cliquant ICI.

C’est l’histoire d’Adel, 28 ans, et Olivia, 29 ans, en couple depuis un an. Il s’apprête à emménager ensemble. Avant de faire le grand saut, ils choisissent de se séparer 2 mois afin de ne rien regretter. En totale liberté, sans contact. Ils ont réalisé chacun de leur côté leur Bucket list, une liste des choses à faire (avant de mourir dans une relation de couple ?).

J’ai trouvé le concept marrant, frais et très actuel, bourré des névroses des jeunes couples et des futurs trentenaires. En plus, les dessins sont plutôt beaux ! N’hésitez pas à y jeter un coup d’œil !

 

Ce feuilleton a commencé le 29 juin. Chaque jour, vous découvrirez un nouveau strip dans les stories et les timeline d’Instagram !

Si vous avez vous aussi réalisé une Bucket List des choses à faire avant vos 30/ 40/ 50/ 60/ ∞ ans ou avant de faire le grand plongeon en couple, n’hésitez pas à nous en parler en commentaire !
Si vous avez envie de donner votre avis sur le film The Bucket List, de Rob Reiner avec Jack Nicholson et Morgan Freeman, faites vous plaisir !
Si vous avez juste envie de donner votre avis, faites le aussi ! 😉

Agatha Raisin mène l’enquête …

Je profite de la diffusion ce soir sur France 3, du tout premier épisode de la série Agatha Raisin pour vous faire un court billet sur…

 

1bbdfac8133e73d828ed1ab4c819afa4Agatha Raisin mène l’enquête, La quiche fatale, de M.C. Beaton
Traduit de l’anglais par Esther Ménévis
Éditions : Albin Michel

Présentation de l’éditeur :

« Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d’une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s’ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l’arbitre de la compétition s’effondre et Agatha doit révéler l’amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution : mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l’assassin. Agatha Raisin, c’est une Miss Marple d’aujourd’hui. Une quinqua qui n’a pas froid aux yeux, fume comme un pompier et boit sec. Sans scrupule, pugnace, à la fois exaspérante et attendrissante, elle vous fera mourir de rire ! »

Mon avis :

J’avais quelques préjugés avant de lire ce livre. J’étais à la fois attirée par cette couverture sympa qui respire l’humour anglais et totalement rebuté par le titre avec ce clin d’oeil trop marqué pour Agatha Christie à moins que ce ne soit pour Agatha Crispies. Et puis, je suis tombée sur une critique des deux derniers livres de la série sur le blog A livre ouvert qui m’a donné envie de lui laisser une chance. Merci pour cette découverte !

Bien loin des romans policiers classiques, de leur dose de suspense et de meurtres sanglants, ce petit roman rentre plus dans la catégorie « cozy mystery« , drôle et relaxant (parfait pour vos moments hygges).

Agatha Raisin est, à l’origine, une carriériste, un requin des affaires asocial, qui ne sait pas cuisiner. Bref,  au début, elle est aussi attachante que ma belle-mère. Mais elle évolue et prends conscience de ses erreurs, elle ! Elle fait des efforts, s’ouvre aux autres et devient terriblement attachante !

Ce qui est chouette aussi avec cette série de roman, c’est sa modernité et sa simplicité. Le style est franc, sans faux semblants, léger et piquant.

Sous couvert de cet humour britannique, M.C. Beaton (qui aurait pu être rapeuse) réalise une brillante étude des mœurs des campagnes anglaises. Avec Agatha Raisin, on se retrouve confronté à la drôle de mentalité d’un village anglais, où vous n’êtes pas du coin si vous ne pouvez prouver que vos ancêtres vivaient ici depuis l’aube du quaternaire ! On participe avec elle aux activités culturelles étranges de la ladies’ society et passe d’inoubliables soirées au Pub du coin, le Red Lion.

Merci aux éditions Albin Michel de publier enfin la série de roman Agatha Raisin ! Attention, si vous ne voulez rien rater à cette charmante histoire, prenez les dans l’ordre.

C’est une lecture rafraîchissante, drôle, sans prétention, feel good. Bref, c’est idéal pour l’été. Vous en prendrez bien une petite part ?

 

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Si vous voulez, on pourra faire un petit debrief’, après la diffusion de série ce soir avec vous !

13 Reasons Why

Pour ce #VendrediLecture, nous allons parler du roman derrière la série à succès de Netflix, 13 Reasons Why.

Treize_raisons13 raisons, de Jay Asher
Editions : Albin Michel

C’est l’histoire d’une jeune fille, Hanna Backer, qui avant de se donner la mort, envoie une boîte à chaussure contenant 7 cassettes à un garçon, Justin. Celui-est chargé de renvoyer ce carton à la personne suivante dans la liste. Et ainsi de suite, comme toutes ces chaînes de mails internet des années 2000. Sauf que les personnes de cette liste sont les raisons du suicide d’Hanna.

Nous écoutons les cassettes audio (elle aurait pu faire un VHS à ce niveau là) expliquant les 13 raisons du suicide d’Hanna en compagnie de Clay Jensen, un jeune lycéen qui aimait Hanna.

L’effet d’une bombe

C’est un roman atypique que l’on peut classer dans la fameuse catégorie « tuniraspastecoucher » ! Le thème abordé est douloureux et difficile à aborder. Pourtant Jay Asher a su le traiter de façon originale, du point de vu adolescent, avec toute la théâtralité dont on est capable  à cet âge et sans tomber dans le pathos.

C’est l’histoire d’une fille avec une personnalité forte et un bon sens de l’humour qui subit le poids de la rumeur, du harcèlement, de la trahison. Une fille romantique, espiègle, pleine d’imagination qui croquait la vie à pleines dents jusqu’à ce qu’elle tombe amoureuse du mauvais garçon. Bref elle est totalement attachante, même dans ses vengeances qui sont la preuve qu’elle cherche à survivre.

En lisant ce livre, je me suis totalement replongée dans ma propre adolescence à revivre toutes ses petites humiliations, ces moments où tout ce que je voulais, c’est qu’on m’oublie. Je vous rassure, il y avait des moments sympas aussi. Mais je n’ai pas oublié que le lycée, ça craint !

Le récit est dynamique et vous n’irez pas vous coucher avant de connaitre les 13 raisons d’Hanna. Ce n’est pas une apologie du suicide adolescent, au contraire. Tout ce que vous espérez en lisant ce livre, c’est un retournement de situation. Que cette tentative ait finalement échouée.

Pour conclure, je dirais que j’ai eu un vrai coup de cœur pour 13 raisons, mais que j’ai besoin d’un bon roman tout joyeux derrière ça. Bref, à lire avant de regarder la série, sans préjugé et quand tout baigne dans votre vie !

Bonne lecture !

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Un problème de voisinage ? Vous avez toujours rêvé d’un appartement pas cher dans un immeuble débarrassé de tous ses emmerdeurs ? Philip K. DICK l’a imaginé pour vous en écrivant Do androids dream of electric sheeps ? (En français Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?). Vous connaissez peut-être déjà le film dont il est l’adaptation : Blade Runner.

couverture blade runner 2008Titre original : Do androids dream of electric sheeps ?
Titre français : Blade runner
Auteur : Philip K. Dick
Edition : J’ai Lu 2008
Traducteur : Serge Quadrupanni

L’histoire de passe dans un futur très proche, en 1992 (1). L’holocauste nucléaire tant redouté a eu lieu et la vie a été quasiment rayée de la Terre. La majeure partie des espèces s’est éteinte et l’homme lui-même n’est pas au mieux de sa forme. Les continuelles retombées radioactives ne laissent pour ainsi dire plus que deux choix aux êtres humains : rester sur place et subir les affres de la radioactivité ou partir sur mars (2). Autant dire qu’avec le peu de monde qui reste, le prix de l’immobilier est au plus bas, ce qui fait que chaque foyer se retrouve seul occupant d’immeubles entiers. Pour combler la solitude et aussi pour se donner l’illusion de recoller les morceaux de cette terre dévastée, l’homme a pris l’habitude d’adopter des animaux. Ceux qui ont les moyens peuvent se permettre le luxe d’en avoir des vrais, tandis que les plus modestes choisissent d’en adopter des électriques.

A travers cette vision particulièrement sinistre de l’avenir, Philip K. Dick nous propose sa vision de l’être humain ainsi que sa relation envers les autres formes de vie, humaines ou non. Se pose alors une série de questions. Qu’est-ce que l’être l’humain ? Qu’est-ce qu’une machine ? Qu’est-ce qui les différencie ?

Si ces trois questions sont relativement vite et clairement traitées, le lecteur est amené à se poser de lui-même beaucoup d’autres questions qui, elles restent un peu sans réponse. Un peu car, en fin de compte, chaque question que vous pourrez vous poser sont purement philosophiques et, en ce sens, c’est à vous-même qu’il adviendra de trouver des réponses qui seront les vôtres ! C’est d’ailleurs, je trouve, ce qui fait un bon roman d’anticipation (3).

Très rythmé et assez facile à lire, c’est une œuvre poignante, puissante. Philip K. Dick nous tient en haleine tout au long du récit, sans trêve. La tension est telle qu’on finit par partager le sentiment d’égarement des protagonistes. On finit le livre sur les genoux, l’estomac retourné par un dénouement qui pourtant ne devrait être qu’une futilité, un acte manqué.

Si vous avez vu le film Blade Runner (4) et que vous lisez le livre, vous remarquerez d’énormes différences entre les deux. Cela vient simplement du fait que le réal’ n’a PAS lu le livre ! Eh ouais ! J’balance !
Mais avant de jeter la pierre, figurez-vous que Philip K. Dick a adoré le film ! Selon lui, les deux sont complémentaires ! Je pense donc pouvoir affirmer que les deux sont indissociables. Comme quoi, toutes les adaptations de roman au cinéma ne sont pas nulles, n’est-ce pas ?

Et petit bonus, en l’honneur de la nouvelle version cinématographique à paraître, en voici le trailer !

(1)Pardon ? C’était il y a 25 ans ? Oui bon ! À l’époque où l’histoire a été écrite c’était le futur.
(2)Ce qui sera possible 1992, j’en suis sûr !
(3)Il peut sur ce point être rapproché d’une autre œuvre, Demain les Chiens (City en anglais), de Clifford D. Simak, qui se définit, lui, comme un roman philosophique.
(4)Blader Runner, 1982, Ridley Scott. Merveilleuse interprétation de la part de Harrison Ford et Rutger Hauer