How do you get to Wonderland ?

Aujourd’hui, nous allons suivre le chemin de paillettes violettes du lapin blanc ! Je vous emmène de l’autre côté du miroir avec un livre pour adulte à l’estomac bien accroché :

Dernière sortie pour WonderlandDernière sortie pour Wonderland,
L’inavouable histoire de la véritable Alice et de Lewis Carroll, son bourreau
de Ghislain Gilberti
Éditions : Ring – 2017
(dans sept jours Oo)

La quatrième de couverture est franchement racoleuse (un peu trop à mon gout d’ailleurs), mais je vous la donne quand même :

« Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au cœur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du Cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland.
Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.
En brisant le mythe Disney, Ghislain Gilberti s’attaque à un emblème intouchable de l’Angleterre depuis le XIXe siècle : Lewis Carroll, introverti maladif, toxicomane, atteint du syndrome de puer aeternus (1), amateur de photographies pornographiques infantiles, pédophile… C’est sans concession que Dernière Sortie pour Wonderland referme pour toujours la porte du Pays des Merveilles et met un point final à la pudibonderie hypocrite que même Tim Burton n’a pas pu briser avec ses dernières adaptations cinématographiques. »

Que l’on peut résumer ainsi : « Lisez, c’est plus dark que les productions Disney ! »
Seriously ?

Quand à l' »emblème intouchable » … je rappellerais aux éditeurs la règle 34 de l’internet : « Si ça existe, il y en a une version porno », la vision d’Alice de l’artiste Grégoire Guillemin, aka Léon et aussi qu’un des jeux vidéos les plus flippants du monde connu est sur le thème d’Alice in Wonderland. Oh et j’allais oublier, côté littérature, il y a aussi Alice, The chronicle of Alice, qui se passe dans un hôpital psychiatrique, un livre bourré d’hémoglobine, sympa pour Halloween.
De plus, pour ce qui est des relations étranges entre Lewis Carroll avec ses « amies-enfants », véritable objet de fantasme pour l’auteur, il existe des films, documentaires (papiers ou vidéos) et pièces de théâtre qui en parlent (le tout trouvable facilement sur Youtube).

Pour exemple cet extrait 1/4, d’un documentaire de 2015 de la BBC(2) :

Ils auraient pu se limiter au titre et à la présentation de l’auteur, les deux sont épiques et se suffisent en elle pour vendre ce livre :
« Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre. Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent, Dynamique du Chaos et le Baptême des Ténèbres, il est aujourd’hui guéri et vit à Belfort avec ses deux enfants. »
(Merci les éditeurs flippés d’essayer de rassurer le lecteur en rappelant par 2 fois en 4 lignes qu’il est guéri de ses addictions aux drogues).

Avec tout ça, on pourrait faire une quatrième de couv’ plus réaliste et moins lourde :
C’est une énième adaptation d’Alice, réalisée par un ex-drogué qui a fait des recherches sur le côté obscure Lewis Carroll. Attention âmes sensibles, ouvrage polémique, on va y parler de drogues et d’un gros pédopornographe, toxico, atteint du Syndrome d’Alice au Pays des Merveilles (SAPM).
Court, simple, efficace !

Bon, maintenant que vous et moi avons une vision plus honnête de ce pavé de 500 pages, est-ce que ça vaut le coup de le lire ?

Oui, parce que c’est une adaptation fascinante et bien écrite. Vous ne vous rendrez pas compte que vous lisez un pavé (sauf au poids). Vous rentrerez dans un monde plein de couleurs (même si parfois, il y a un peu trop d’hémoglobine, un peu comme dans une série B ou un Tarantino), un univers connu qui continue à alimenter votre curiosité. Néanmoins, plus vous avancerez dans le livre et moins vous aurez envie de lire les passages dits parasites. Ces passages sont des traversées dans le temps pour une Alice adulte du futur qui voit des scènes de vie glauques/puantes de Lewis Carroll imaginée par l’auteur. Plus vous avancerez et plus ces passages deviennent puants, borderline de la fiction érotique pour pédophile.

alf voodoo doll

Peut-être que vous aussi, vous aurez envie de planter une aiguille dans une poupée vaudou à chaque fois que l’auteur vous donnera envie de vomir …

Bref, heureusement vous pouvez lire ce livre en évitant les passages parasites. L’histoire aura alors des allures d’une bonne série B.

Oui, parce que l’auteur s’y connaît un rayon! C’est quand même plus agréable d’avoir affaire à un spécialiste des drogues pour nous vendre un monde comme celui-ci. Certains apprécieront les descriptions réalistes des effets produits par les différentes substances évoquées et le récit d’hallucinations typiques. C’est pertinent et ça permet de comprendre le mécanisme de certaines personnes.

alice smoke

murakami-ryu-ecstasyOui, si vous avez été fasciné par Ecstasy de Ryû Murakami. Un autre livre violent qui parle de trafic de drogue, de culture japonaise, de bondage et des toilettes des camps de concentration nazi (voire les lois d’internet). C’est un livre cru qui vous marquera de façon indélébile.

Oui, si vous êtes capables de dépasser certaines barrières mentales. Je comprends que certains soient choqués par le thème et la manière. C’est une expérience littéraire, c’est un peu comme garder les yeux ouverts lorsque Lynch filme en gros plan un arrachage d’ongle, s’enfiler toute la série des films Halloween ou manger des sushis ou de la langue de bœuf pour la première fois. Si vous survivez à ça, vous n’aurez plus peur et vous oserez affronté le regard d’Osiris au parc Astérix(3) ! Be Brave !

Oui, si votre fascination pour Alice in Wonderland est sans limite. Le récit est très proche de l’original. Certes dans une dimension plus sombre, plus saignante, plus poudreuse, plus cannibale, plus trash, pour adulte. Et on évitera les passages parasites.

Oui, si vous abhorrez cet univers au plus au point et que vous cherchez un mobile plus fort que « j’aime pas les fictions/fantaisies », « j’aime pas le non sens », « c’est trop mainstream », « ça sent le vice » ou encore « j’y comprends rien ». Et là, vous aurez une passion pour les passages parasites.(4) Par contre je vous rappellerais de ne pas prendre les accusations de l’auteur pour argent content, c’est une œuvre de fiction et non pas une recherche documentée. C’est un parti pris artistique basé sur le mythe autour de la personnalité de L.C..

Non, pour les passages parasites. Parce qu’on avait compris dès le début où il voulait en venir sans qu’on nous décrive des scènes de viols avec autant de détails, parce que si on a des « preuves » de pédopornographie (sachant qu’on peut aussi les remettre en cause en considérant le long temps de pose pour les photos à l’époque, véritable enfer pour des êtres aussi mobiles, qui justifie les poses « assoupies », « adossées à un objet » et le délire artistique de l’époque, puisque la nudité enfantine n’avait pas le même sens) avec le livret photos à la fin, on n’a pas les preuves qu’il y ait eu pire (attouchements/viols…), parce qu’on ne voit pas en quoi ça sert la narration … et franchement, quoi ? Ce n’est pas parce qu’on parle/écrit crûment qu’on est obligé de manquer de finesse ! Et le prochain ouvrage ce sera sur qui ? Mickaël Jackson ?
Et sera t-il désigné par les éditeurs comme plus trash que ce dessin animé pour enfant ?

45114520zConcernant le petit dossier photo de Lewis Carroll à la fin du livre… je m’en serais passé largement. Quitte à nous le coller sous les yeux, j’aurais préféré un vrai travail d’archives en y ajoutant les lettres de Lewis Carroll à ses « amies-enfants », un peu comme dans la version illustrée d’Alice de Benjamin Lacombe ou des extraits de son journal intime (ceux auxquels l’auteur fait des clins d’œil sans donner les références par exemple).

>>Pour vous aidez à démêler le faux du vrai sur Lewis Carroll, je vous invite à lire l’article de Marianne : Lewis Carroll au pays des fantasmes (Cliquez ICI).

Pour conclure, je dirais que c’est un ouvrage polémique, attrayant comme un cupcake d’Halloween sur Pinterest et gênant comme un programme de début de soirée sur C8. Même Spock ne pourrait rester de marbre. Je vous aurez prévenu, maintenant libre à vous de plonger ou non dans le terrier poudré du lapin blanc !


(1) Autrement dit « enfant pour toujours ». C’est le syndrome de Peter Pan ou de Mickaël Jackson.
(2) C’est en anglais et chaque partie dure 15 minutes. Si vous souhaitez gagner du temps, je vous résumerais le contenu comme ceci : Une journaliste revient sur le passé de l’auteur et ses amies-enfants et sa création de l’œuvre avec les 3 sœurs Liddell. Elle pose des hypothèses sur ce qui a pu casser les liens entre Lewis Carroll et la famille Liddell : avait-il une relation avec la nounou des filles ? Avait-il des vues sur Lorina, la sœur ainée, ou Alice ? Est ce que la mère cherchait à l’éloigner en vue de marier ses filles avec des hommes de meilleures naissances/issus de la noblesse ? Est-ce qu’il se tapait la mère des gamines?
Que contenaient les pages du journal de L.C. arrachées par ses nièces ? Elle revient ensuite sur cette mode de photographier des gamines à poil durant l’époque victorienne avec l’autorisation des parents comme photo d’art, parfois repeinte, commercialisée. Et bien sûr, sur la collection de L.C. qui est en partie glauque et puisqu’il l’a en grande partie cramée laisse à penser qu’elle aurait été encore plus glauque. Nous n’avons que des présomptions concernant ses relations avec elles.
(3) Ne guérit pas de la peur de mourir empoisonné par la bouffe d’une « belle » tante.
(4) Et puisqu’on parle aussi de Peter Pan, si effectivement vous vous trouvez une passion pour ces passages, je ressort ma référence au film Hook :
« You’re just a mean old man without a mommy » parce que ça explique magnifiquement pourquoi certaines personnes peuvent devenir aussi aigries avec le temps.

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The woman in Cabin 10

Pour ce #VendrediLecture, je vous emmène en croisière à bord de l’Aurora Borealis profiter de l’air frais, reproduire « Le cri » de Munch près des Fjord, partager du grovbrød (sauf si vous êtes allergiques au gluten) et bien sûr vous laisser bercer au son des vagues sous les lueurs des aurores boréales !
Enfiler votre manteau le plus chaud et montez avec moi pour cette nouvelle lecture en  V.O.!

28187230The Woman in Cabin 1O
de Ruth Ware
Editions : Hardcover (2016)

4ème de couverture :
« In this tightly wound story, Lo Blacklock, a journalist who writes for a travel magazine, has just been given the assignment of a lifetime: a week on a luxury cruise with only a handful of cabins. At first, Lo’s stay is nothing but pleasant: the cabins are plush, the dinner parties are sparkling, and the guests are elegant. But as the week wears on, frigid winds whip the deck, gray skies fall, and Lo witnesses what she can only describe as a nightmare: a woman being thrown overboard. The problem? All passengers remain accounted for—and so, the ship sails on as if nothing has happened, despite Lo’s desperate attempts to convey that something (or someone) has gone terribly, terribly wrong…

With surprising twists and a setting that proves as uncomfortably claustrophobic as it is eerily beautiful, Ruth Ware offers up another intense read. »

C’est une histoire qui se lit vite et accessible facilement en anglais. Elle a été traduite en espagnole mais pas encore en français. En tout cas, je n’en ai pas vu trace, pourtant elle le mériterait.

Pour ceux et celles qui ne comprennent pas un mot d’anglais et qui sont curieux d’en savoir plus, je vous résumerais la quatrième de couverture sans la traduire.

C’est l’histoire de Laura (Lo) Blacklock, une journaliste de magazine de voyage qui subit un stress monstre. Entre le cambriolage de sa maison, les désirs d’avenir de son petit ami, les considérations de la société et son avenir incertain au sein de son journal, il ne pouvait en être autrement. Bref, espérant se changer les idées, elle accepte de remplacer une collègue et de couvrir un nouveau concept de croisière pour gens fortunés. A bord d’un yacht luxueux et imposant, 10 cabines peuvent recevoir un nombre restreint d’hôtes. La bouffe est bonne, l’alcool coule à flot …

Seulement, voilà! Durant la première nuit de ce voyage, Lo assiste à une drôle de scène sur le balcon voisin : un meurtre ! Or, elle a picolé toute la soirée et de ce fait, personne ne la croit !

L’histoire se poursuit de rebondissement en rebondissement, ne vous laissant jamais vous ennuyer. A-t-elle réellement vu ce qu’elle pense avoir vu ? Est-ce qu’ils sont tous coupables ? Est-ce que ça a un lien avec son cambriolage ? Est ce la faute d’un ancien amant ?

Certes la narratrice, Lo, n’est pas la personne la plus sympathique de l’univers. Elle est stressée, se plaint beaucoup et manque un peu de finesse. Je parie que vous aussi, vous devinerez toute l’affaire une dizaine de pages avant la narratrice ! C’est un thriller assez basique dans un sens. Il est fait du même bois que La fille du train de Paula Hawkins et à bord du yacht, vous aurez parfois l’impression de revivre le Crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie.

Malgré tout, c’est un livre qui se laisse lire et qui ne vous décevra pas pour un court voyage en train. Si vous cherchez un thriller pas trop prise de tête, divertissant, en anglais, foncez !

[TAG] Contes de fées

Ceux qui nous suivent régulièrement le savent … J’ai une petite passion pour les TAG, ces petits questionnaires qui passent de blog en blog comme une MST (pour ceux et celles qui ont dis « Pouaaah » dans le fond, je vous rappellerais que la vie est une MST).

J’en ai trouvé un plein de poésie sur le blog dans l’entre de la chouette (créé par Audry Esprint de la chaîne Le carnet enchanté) et j’ai décidé d’y répondre à mon tour.

Once upon a time

Question 1 : Ta marraine qui est une bonne fée apparait devant toi, que lui demandes-tu?

Le compte bancaire d’Harry Potter, les chaussures de Dorothée et le parapluie de Mary Poppins !

Question 2 : Quel est ton conte favori mettant en scène un animal?

Il était une fois un chat fort malin qui avait enfilé une sublime paire de bottes italiennes avant de dévorer un vilain sorcier et de lui piquer sa baraque.

Question 3 : Tu es à la place d’Anne et Barbe Bleue t’interdit de voir ce qui se passe à la cave. Résistes-tu à la tentation?

Petite j’aurais dis non, parce que ça aurait signifié briser toute la confiance qu’il aurait mis à l’intérieur de moi. Aujourd’hui, je dirais que j’ai vu suffisamment de série policière et trouvé suffisamment d’astuces de nettoyage pour rendre invisible les taches de sang sur la clé à la lumière noire !
Ceci dit, il me vient une question … Comment a-t-il pu planquer autant de cadavres sanguinolents, donc de chair en putréfaction sans avoir un château bourré de nuisibles qui puent la mort ?
Et si le vrai secret de Barbe Bleu c’était qu’il porte un postiche … et si en réalité, il était monsieur propre … un château qui sent le propre de partout sauf dans un endroit (le derrière du frigo).

Question 4 : Tu préfèrerais être bloquée pour toujours au pays des Merveilles où la Reine de Cœur aurait une dent contre toi ou visiter le pays Imaginaire avec Peter Pan pendant une heure?).

Le pays des Merveilles ! Si la reine m’embête ou si je veux chopper le sac de haricot rouge dans ma cuisine, je n’aurais qu’à manger un champi magique ou boire une bouteille de poison … Au pays imaginaire, personne n’échappe à Peter Pan !

Question 5 : Ton adaptation de conte favorite?

Alice au pays des merveilles, version mini série canado-britanique sous LSD de 2009.
Il faut qu’on fasse un article dessus, il faut que l’on fasse un article dessus … il faut …

Question 6 : A la place de la petite sirène, est ce que tu aurais choisi de tuer le prince pour rejoindre l’océan?

J’aimerais dire oui … après tout, il n’est pas si innocent, ce mangeur de crustacés !
Mais, nan, c’est pas dans ma nature, c’est ça qui est moche.

Question 7 : Quel méchant de conte de fée aurais-tu peur d’affronter?

Dans sa revisite Made In Disney, la magicien vaudou de la Princesse et la Grenouille (qui envoie un personnage fort ad patres) et bien-sûr le cafard proxénète de Poucelina version Don Bluth, Gary Goldman.

dsc03219.jpgQuestion 8 : Quel est le premier conte que tu ais lu?

Le chat botté

Question 9 : A la place de la Belle, aurais-tu pu offrir ton amour à la Bête?

Le gros problème de la Bête, c’est qu’il est beaucoup plus mignon (et utile pour ouvrir les boites de conserves, porter des trucs lourds, dégommer un harceleur de rue) en Bête qu’en homme.

Question 10 : Serais-tu du genre à suivre les lapins blancs quand tu en croises?

C’est à ça que ça sert un Pass Navigo, nan ?

Question 11 : Dans l’univers de quel conte aimerais-tu vivre?

Un monde où il y aurait le chauffage central, l’eau courante, la fée électricité, la fée des dents,  et du chocolat ….

Question 12 : Quel est le conte dont tu ne te lasseras jamais ?

« Il y a longtemps, vivait un empereur qui raffolait tellement de beaux costumes neufs qu’il donnait tout son argent pour être bien habillé. »
Le costume neuf de l’empereur d’Andersen ! C’est drôle, y a un monsieur tout nu et des fringues à la pointe de la mode actuelle ! Qui peut résister à ça ?

Question 13 : Quel est le conte que tu aimes le moins ?

Il y en a deux : La petite fille aux allumettes (dont je vous évoquais la raison dans un Liebster Award) et Le sapin d’Andersen (Pourquoi ne l’ont-ils pas simplement déraciné et replanté après Noël en forêt ?).

Voilà, c’est tout pour moi !  Je rends l’antenne, à vous les studios !
N’hésitez pas à reprendre ce TAG s’il vous a plu et de mentionner son auteur. 😉

The Sleeper and the Spindle

Il était une fois une reine aux long cheveux noirs qui rêvait d’aventure …
Aujourd’hui, nous allons parler d’un conte de fées revisité avec plein de poésie dans sa version originale.

DSC03226The Sleeper and the Spindle
de Neil Gaiman
illustré par Chris Riddell
Editions : Bloomsbury
2013

4ème de couverture :

« She was one of those forest witches, driven to the margins a thousand years ago, and a bad lot. She cursed the babe at birth, such that when the girl was eighteen she would prick her finger and sleep forever. »

Que je traduirais ainsi :

C’était une de ces sorcières des forêts, mise au ban de la société il y a de cela 1000 ans; une vraie garce. Elle maudit le bébé le jour de sa naissance, de sorte que lorsque la fille soufflerait les bougies de son dix-huitième anniversaire, elle se piquerait le doigt et tomberait dans un sommeil éternel.
 .
Et voici qu’en quelques lignes, vous vous replongez dans le conte de la Belle au Bois dormant … version Neil Gaiman !

Vous connaissez certainement déjà Neil Gaiman pour son comics Sandman, pour être l’homme derrière la série American Gods ou encore pour ce qui se rapproche le plus de cette adaptation, le film Stardust. C’est un univers assez proche de celui de Tim Burton, avec des personnages plus creusés et un brin plus d’humour.

Dans cette nouvelle version du conte, la princesse endormie est sauvée non pas par un prince charmant mais par une reine, qui s’ennuyait dans son château. Rencardée par trois nains au sujet d’un royaume endormi, notre reine a tout de suite sauté dans ses éperons pour voir de quoi il en retourne.

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C’est une version Girl Power, avec une vraie méchante sorcière et des retournements de situations incroyables. Le genre d’histoire sympa à raconter à ses enfants ou à piquer dans leur bibliothèque (parce que l’histoire est géniale et pas culcul).

J’ajoute que si vous voulez vous mettre à la lecture en anglais, vous pouvez commencer par ce genre de conte illustré. Simple à lire, si vous ne comprenez pas tout, les illustrations vous guideront ainsi que vos connaissances des deux contes à l’origine de ce merveilleux twisted tale (Et oui, il ne s’agit pas que de la Belle au Bois dormant) !

Les illustrations sont totalement AMAZING. Belles, pleines de justesse, elles transmettent parfaitement la poésie du texte qu’elles accompagnent.

Les principales critiques que j’ai pu lire sur le net se limitaient principalement au format. … Format conte pour enfants…. que les adultes s’arrachent.
Mais je rappelle que c’est un conte pour enfants, les mecs ! Pas un roman graphique de 1000 pages. D’ailleurs, je l’ai acheté dans le rayon pour enfant à la librairie Shakespeare & co si je ne m’abuse.

21833468Autre critique lue sur internet (alerte spoiler) : « OMG, mais ce n’est pas un livre LGBT ! » (Parce que Blanche Neige galoche la Belle au Bois dormant pour la réveiller … parce que c’est le seul moyen de réveiller une personne endormie par un sort de sommeil)
Si ce conte avait été un roman graphique de 1000 pages, peut-être que Blanche Neige aurait pu remettre en cause sa sexualité. Mais qui sais ? Peut-être qu’elle l’a déjà remis en cause, chacun peut interpréter ce qu’il veut.
Mais concernant Blanche Neige, le conte est plutôt centré sur cette fatalité « ils se marièrent et vécurent heureux pour toujours » que ma mère traduisait par « ils n’eurent plus jamais mal aux dents » (Je perdais mes dents de lait à l’époque). Qu’est ce que cela signifie ? Peut-on y échapper ? Peut-on avoir un bon dentiste sans la mutuelle d’un mari charmant ?

La vie est faite de choix. A vous de faire les votre et de décider ou non de lire cette petite merveille. 😉

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Rendez-vous mercredi pour un TAG spécial contes de fées !

Un thriller psychologique haletant

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une histoire un peu spéciale :

soupçonsSoupçons, de Kristeen Duval
Format Kindle
vendu par Amazon
-pour y accéder, cliquez ici

Présentation de l’éditeur :

Sybil et sa mère Maureen fuient le compagnon violent de cette dernière et s’installent dans une ville proche de la frontière du Canada. Leur nouvelle vie se met en place très rapidement, l’avenir semble prometteur. Maureen et Sybil ne tardent pas à tisser des liens amoureux. Le shérif Dan tombe sous le charme de Maureen, alors que Sybil n’en revient pas d’avoir éveillé l’intérêt du très beau Tom. Plus le temps passe et plus le comportement de Tom intrigue Sybil, mais l’amour qu’elle lui porte anéantit sans cesse ses soupçons jusqu’au jour où sa vie bascule…

Ce n’est pas cette présentation qui m’a donné envie de lire ce livre, mais la personnalité et la manière de travailler de son auteur perceptible au travers de son blog. Soupçons est son second roman publié sur Amazon (Je n’ai pas essayé Origines, la présentation ne me plaisait pas des masses). J’ai une méfiance naturelle envers tout ce qui est autopublication. Disons que j’ai connu beaucoup d’auteurs qui se sentaient l’âme d’une Amélie Nothomb, d’un Marc Lévy ou d’une Virginie Despentes et qui par manque d’imagination, de travail et d’écoute se retrouvent à vous présenter des écrits si affreux qu’ils feront dire à votre compagnon « Mieux vaut lire ça que d’être aveugle » … Pas sûr.

Mais voilà, mise en confiance, j’ai essayé Soupçons et j’ai été agréablement surprise dès les premières pages ! Ça commence comme une bonne série américaine, une rencontre entre Les experts et True detectives. Vous serez rapidement capturé par cette histoire (même si la 4ème de couverture ne semble pas très engageante). La tension est palpable et omniprésente. Le parfum de meurtre entoure cette femme qui fuit un dangereux ex et cette jeune fille qui tombe amoureuse au premier regard d’un sombre et mystérieux inconnu. Les personnages sont assez crédibles.

De drôles d’attentes …

Je ne sais pas pourquoi mais pendant ma lecture, je m’attendais à une histoire de tueur en série. De fait, j’espérais plus d’aller retour entre l’histoire de la jeune Sybil et celle de la vieille Sybil. D’ailleurs, en tant que jeune esprit traumatisé par le Titanic de James Cameron, j’avais cette obsession dans ma caboche : Quand va-t-on découvrir que cette vieille dame dissimule le cœur de l’Océan ? Va-t-on enfin sauver ce caillou ?

Et oui … On finit rapidement par se méfier de tout le monde. C’est le syndrome Taylor Swift.

Bref, c’est un petit ebook rapide à lire, captivant et surprenant. Vous ne vous ennuierez pas une seconde ! Essayez 😉

 

Les soeurs Kopp

Regard sombre, la main sur le colt,
Une musique inquiétante jouée à l’harmonica,
Des Tumbleweeds,
Un Sifflement de train au lointain,
Aujourd’hui, je vais vous entraîner dans un bon vieux Western Spaghetti … 🙂

Sauf que pour une fois, on ne va pas suivre les déboires de shérifs ou de bandits, pleins de sueurs, avec barbes de trois jours et toujours un gros calibre à la main (parfois être un homme, c’est aussi compliqué que poser pour une photo … tu sais jamais quoi faire de tes mains) !

L’histoire du jour vous fera suivre une héroïne franchement culottée et ses deux frangines. C’est une histoire que nous devons à Amy Stewart …

Pas cette Amy Stewart là …

Celle dont je vous parle, vit à Eureka en Californie … La ville idéale pour écrire une histoire de grand détective ! … ou finir savant fou ! Oo

51ChyYEbveL._SX195_La femme à l’insigne,
de Amy Stewart
Éditions : 10/18,
Collection Grands Détectives

Présentation de l’éditeur :

Dans l’Amérique des années 1910, Constance Kopp a bien du mal à défendre sa place d’adjointe du shérif… Mais lorsqu’un de ses prisonniers s’échappe, elle voit l’occasion de faire valoir ses talents d’enquêtrice.

Eté 1915, New Jersey. Constance Kopp est devenue l’une des premières femmes shérifs adjoints du pays. La terreur des voyous et des scélérats, avec arme et menottes… mais toujours sans insigne. L’époque, la loi et l’opinion publique résistent encore à sa nomination. Au point que le shérif se voit contraint de la déchoir provisoirement de ses fonctions. La voilà reléguée gardienne de prison, trépignant dans l’ennui routinier de la cage à poules en attendant que les critiques se tassent. Jusqu’à ce qu’un étrange Allemand, confié à sa garde, ne prenne la poudre d’escampette. Et que Constance ne se lance dans une chasse à l’homme, bien décidée à retrouver son prisonnier enfui et son honneur perdu.

C’est le second tome des aventures des soeurs Kopp. Si vous êtes passé à côté du premier tome, La fille au revolver et que vous souhaitez commencer par ce tome, ne vous faites pas de souci. Ça ne nuira en rien votre compréhension du récit. Tout ce que vous avez à savoir du premier tome est rappelé dans celui-ci. Et il est plus agréable à lire que le premier tome (moins de longueurs).

En lisant les premières pages, j’avais peur de tomber sur une fanfiction des Quatre filles du Dr March de Louisa May Alcott (l’ancêtre de Sex In The City (la série TV) pour celles qui ne connaissent pas … quatre femmes censées représenter les quatre facettes d’une femme : raisonnable, charitable, intrépide et orgueilleuse), avec une Fleurette coquette, amatrice de théâtre, une Norma raisonnable, éleveuse de pigeon voyageur et une Constance, intrépide, adjointe du shérif. Et en fait, pas du tout !

J’ai été assez surprise par ces trois soeurs Kopp, éprises de libertés, et surtout par les deux enquêtes menées par Constance, l’aînée. L’histoire, légère, gagne rapidement en profondeur et en réalisme. En ouvrant ce livre, vous allez trépigner à l’idée de retrouver ce maudit von Matthesius (un bon nom de méchant à la James Bond), vous aurez envie de tarter l’adjoint du shérif et vous ferez les gros yeux à une femme jalouse amatrice de broderie.

Bref, vous trouverez dans ce roman à la fois une lecture amusante, rock’n’roll, pleine de rebondissements, avec un méchant débilou et une réflexion sur l’éducation des filles, la condition des prisonniers et la place de la femme dans la société américaine des années 1910. Vous passerez un super bon moment !

L’histoire des soeurs Kopp est une histoire vraie, oubliée de trois femmes à part. La plupart des romans historiques vous laissent en plan sans vous aider à discerner le vrai du faux. Mais Amy Stewart ne vous abandonnera pas ! A la fin de son roman, vous trouverez des notes expliquant les faits réels, les personnes, les sources et autres éléments dont elle s’est inspiré pour réaliser ce livre.

Vous trouverez dans ce roman tous les ingrédients d’un bon film ou d’une bonne série (mystère, suspense, culot, héroïsme). Constance Kopp me fait beaucoup penser sur bien des points à l’Agent Carter de Marvel. C’est peut-être pour ça que la réalisatrice Elisabeth Banks (Hunger Game, Spider Man) en a acheté les droits !

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire des sœurs Kopp, vous pourrez retrouver des biographies et des photos d’époques sur le site officiel de l’auteur (Cliquez ici pour y accéder).

Et pour finir, je vous propose un joli Bonus pour ceux et celles qui maîtrisent bien l’anglais :

Vous connaissez Les recettes pompettes ? Ces vidéos où Monsieur Poulpe fait picoler des gens connus tout en réalisant des recettes avec eux ?

Avec Drunk History, le principe est le même ! Ici, des personnes ivres racontent les grandes heures de l’Histoire américaine. Un peu comme votre vieil oncle au nouvel an.
Voici leur vision de l’histoire des soeurs Kopp (ou du moins du premier tome) :

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Cette petite série américaine, créée par Derek Waters et Jeremy Konners est visible sur Comedy Central (et sur youtube). (Si la vidéo ne s’affiche pas : cliquez ICI)

Une histoire oubliée : Les indésirables

En ce #VendrediLecture, nous allons parler de femmes qui ont fui la dictature pour venir s’installer dans le pays des droits de l’Homme, douce France, avant d’être raflées et enfermées dans un camp aux conditions sordides. Restez, nous parlerons aussi de rêves, d’amour, d’amitié, de chansons et de cabaret !

51vje96rPuL._SX327_BO1,204,203,200_Les indésirables, de Diane DUCRET
Éditions : Flammarion (2017)

Présentation de l’éditeur :

« Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes «indésirables» internées par l’État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne «la goulue», Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.

À la façon d’une comédie dramatique, Diane Ducret met en scène le miracle de l’amour, la résistance de l’espoir dans une fable terrible et gaie, inspirée d’histoires vraies. »

Une histoire basée sur des faits réels :

Nous sommes au printemps 1940, L’État français, par peur de la « cinquième colonne » (partisans cachés de l’Allemagne nazi) organise une rafle de femmes d’origine allemande, sans enfant et non mariées au Vél d’Hiv. C’est ce qu’on appelle la rafle des femmes indésirables. Elles sont ensuite déportées et internées dans le Béarn, dans le camp de Gurs. Ce camp avait été créé à l’origine pour enfermer les prisonniers républicains de la Guerre Civile espagnole. C’est le genre d’histoire honteuse oubliée des livres d’Histoire.

Le récit est ponctué par des extraits de lettres de la politologue Hannah Arendt et des parodies des chansons des années 30-40.

Les indésirables revient donc sur l’horreur de ce camp, aux conditions sanitaires inexistantes, mais aussi sur ce que les femmes de ce camp ont créé de beau : leur cabaret. Elles ont su garder espoir, elles ont continué de se faire belles et parfois elles ont vécu des histoires d’amour courtois avec les prisonniers espagnols. Voilà pour les faits.

Une jolie histoire d’amitié :

Ce roman est centré sur l’histoire d’amitié entre Lise, la juive et Eva, l’aryenne, imaginée par Diane Ducret. Pour gagner un peu de sous, elles créent avec les autres femmes du camp, un cabaret où l’on chante des chansons triviales et d’autres sur leurs conditions de vie au camp, où l’on joue du Shakespeare, où l’on danse. Des instants doux et heureux volés à l’enfer du camp.

Deux personnages secondaires drôles que j’aurais aimé suivre plus dans ce livre : Suzanne, béarnaise bourrue et son amoureux espagnol, Pedro, qu’elle ne comprend pas.
Et Bianca, la comtesse à la fourrure, capable de faire perdre les armes à un bourreau.

Problème de style :

Diane Ducret, en tant qu’historienne, est sérieuse, efficace, pointilleuse, perspicace, flamboyante, féministe, pleine d’humour et totalement magique. Elle fait un travail formidable pour remettre les femmes au cœur de l’Histoire. Bref, pour ça, c’est une héroïne ! Malheureusement, pour ce qui est de l’écriture de romans, elle n’a pas encore trouvé son style. Et ça, ça peut faire mal !

La mise en contexte est franchement trop longue. Je sais que pour certains, c’est plus que nécessaire (Oui, je pense à vous les types du métro et vos point Godwin chelou) mais quand on maitrise déjà le contexte, c’est lourdingue.
Ensuite, je refuse de spoiler le roman… Mais j’ai trouvé l’épilogue, dans sa présentation épistolaire, super niais. Vraiment ! Digne des pires romans à l’eau de rose (ceux qu’on trouve en maison de retraite et dans le legs de mamie « parce que toi, tu aimes bien lire des livres »).

Bref, ce refus de choisir entre roman et essai historique a rendu cette lecture lourde. Et c’est bien dommage !

Malgré cela, je vous conseille de lire ce roman. Pourquoi ?
– Ne jamais oublier ce qui est arrivé à ces femmes.
– Parce que cette histoire trouve un écho dans l’actualité.
– Parce que « L’espoir est le plus grand véhicule du succès, tandis que le découragement le rend impossible »- Goswin Joseph Augustin.

A la Conquête d’Hollywood avec Faith Herbert !

C’est l’instant Coming out ! J’ai une révélation à vous faire …
Chers lecteurs, chères lectrices …
J’aime les Comics !

Pourtant, à chaque fois que j’ouvre un Comics, je me pose des tas de questions :
Pourquoi existe-t-il si peu de personnages féminins Badass ? Pourquoi toutes les nanas font du 38, ont des armures riquiquis et prennent toujours des poses suggestives prouvant souvent l’absence de toute ossature ? Pourquoi certaines doivent avoir un mentor avec une grosse péniche qui leur explique la vie ? Pourquoi Wonder Woman est-elle obligée de se déplacer en avion invisible ? Pourquoi Tornade mène-t-elle une vie si monacale ? Pourquoi ?

Et puis, récemment je suis tombée sur une petite perle :

9782375780794_cgFaith, T.1, A la conquête d’Hollywood
de  Jody Houser, Marguerite Sauvage et Andrew Dalhouse
Éditions : Bliss Comics/Valiant Comics

4ème de couverture :

Orpheline depuis son enfance, Faith Herbert a toujours voulu être une super-héroïne, comme celles de ses comics favoris. Lorsque Peter Stanchek, un psionique doté de capacités extraordinaires, la trouve et active ses pouvoirs télékinésiques, elle peut enfin réaliser son rêve. Au sein du groupe mené par Peter, les Renégats, elle a vécu des aventures incroyables, a connu le deuil mais aussi l’amour… Aujourd’hui, les Renégats ne sont plus, et elle doit apprendre à voler de ses propres ailes.
Timide blogueuse pop culture pour un site d’actualités le jour, elle sillonne la nuit le ciel de Los Angeles. Lorsque des jeunes, psioniques comme elle, disparaissent sans laisser de traces, Faith Zephyr Herbert doit passer à l’action pour les retrouver sains et saufs.

Mon avis :

C’est rare de voir un Comics casser les codes ! Et quand ça arrive, ça fait du bien !

Zéphyr aka Faith Herbert aka Summer Smith est une héroïne avec de vrais super-pouvoirs, intelligente, pleine d’assurance, optimiste sans être naïve, passionnée de S.-F., sociable, avec une vraie libido et franchement drôle ! Physiquement, elle est aussi blonde qu’Atomic Blonde et c’est une héroïne grande taille. Elle n’est pas tout le temps sexy, elle a une ossature normale et elle n’est pas obligée de devenir une figure ithyphallique pour avoir l’air sérieuse. Bref, elle ressemble un peu plus à la moitié de l’humanité. Et ça, c’est super !

20883355_10155979032436756_1802020847_oElle réponds parfaitement à toutes les incohérences présentes dans l’univers des Comics :
Peut-on se changer dans la rue ou dans une cabine téléphonique sans se faire remarquer ?
Peut-on avoir une double vie voire triple sans que ça porte préjudice à une autre vie ? Quand Superman trouve-t-il le temps de dormir ?
Porter des lunettes de vue suffit-il vraiment pour passer incognito ?

Je ne spoilerais pas, si vous voulez les réponses à ces questions, il faudra ouvrir ce Comics !

Si, ça peut en rassurer certains … Tous les stéréotypes du genre ne sont pas effacés, puisque comme tous les superhéros et les princesses Disney, elle est orpheline !
Nobody’s Perfect !

Bref, si vous cherchez une héroïne franchement sympa et Badass qui change un peu et si vous voulez une histoire avec un peu moins de stéréotypes, essayez-la ! 😉

La lecture n’est-elle qu’un acte solitaire ?

Il est souvent retenu que la lecture est un passe-temps solitaire. Et c’est plutôt vrai. On peut parler d’un livre qu’on a lu, c’est d’ailleurs l’un des objets de ce blog. Mais on parle du livre dans son ensemble. Entre lecteurs, lorsque deux personnes ont lu un même livre qui les a passionnés, on peut parfois voir des étoiles dans leurs yeux en évoquant les passages qui les ont le plus fait vibrer.

b&b

Pourtant on ne parle que des événements dans leur ensemble. Le petit mot d’esprit de l’auteur qui nous avait fait rire ou serré la gorge passe plus ou moins à la trappe. En fin de compte, personnellement, j’ai du mal à discuter d’un livre que je viens de lire. Si mon interlocuteur a lu le livre, on confirme qu’il était bon ou nul. S’il ne l’a pas lu, la discussion se limite en quelque sorte à « pourquoi tu (ne) devrais (pas) le lire »

Je n’ai découvert que tardivement la saga des Harry Potter. J’ai tellement aimé que pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti l’envie et le besoin de relire un livre.

Alors je les ai relus mais à haute voix, cette fois-ci. C’est ainsi que, sans les ouvrir, Maha (@teatimeatbloomsbury) lit les livres Harry Potter.

Alors certes, nous avons commencé il y a un an et nous n’en sommes qu’à l’Ordre du Phénix. Mais sans en avoir l’air, figurez-vous que mon expérience de lecture a été complètement transformée. Nous rions en même temps, nous offusquons des exactions de Rogue en même temps, nous partageons les pauses dans la lecture et la fébrilité d’un cliff hanger en fin de chapitre. Chaque chapitre prend environ 45 minutes de notre temps. Plus, lorsque l’action est vraiment tendue. Il y a des moments d’une telle intensité que l’un comme l’autre éprouvons le besoin de nous arrêter un instant pour reprendre son souffle ! Et à la fin du chapitre, nous parlons immanquablement de tout ce que nous venons de vivre.

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A l’heure où j’écris ce billet, nous venons de découvrir l’arbre généalogique de Sirius Black. Et pourtant ce n’est pas ce qui occupe nos conversations. Ayant connu la première version de Pottermore, j’ai pris un malin plaisir à rappeler à Maha qu’il y a longtemps, elle avait préparé elle-même du doxycide, sans même savoir ce que c’était. Mais plus encore que le doxycide, ce qui a occupé notre conversation, c’est le cas Kreattur. « Mais il est vraiment dégueulasse ! Pourquoi on en fait pas un trophée comme pour ses ancêtres ? C’est pas comme si c’était son ambition ! ».

A vrai dire, le plus dur est de ne pas spoiler. Connaissant déjà tous les détails de l’histoire, je dois me forcer de ne pas répondre à certaines de ses questions. Mais toutes ces conversations que nous n’aurions pas eues si nous nous étions contentés de lire chacun de notre côté le roman et de se questionner régulièrement sur « alors ? T’en es où ? » ! Quel bonheur de voir quelqu’un demander avec enthousiasme un autre chapitre ou de l’entendre crier « oui ! » lorsque c’est moi qui propose ! Et quel plaisir de voir un regard se plonger brusquement dans le vague lorsqu’une révélation vient d’être faite ! On a l’impression d’être LA personne qui révèle une information capitale.

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Lire à deux, à trois ou plus ouvre la discussion, invite au partage, crée une expérience commune. Après tout, n’est-ce pas la base de la littérature ? Les plus anciens récits ne sont finalement que la mise sur papier d’un conte initialement scandé. Les contes homériques, les récits épiques nordiques et, en France, le Roman de Renart (pour ne citer qu’un exemple) ne sont qu’une multitude de petits récits déclamés en place publique qu’on a choisi d’immortaliser. Plus récemment, on pense aux Veillées paysannes dans les petits villages où on racontait des histoires, lisait les informations à toute la communauté. C’est ce qui, longtemps, a créé une culture commune dans des populations entières.

Bref, nous ne vous ferons jamais assez l’éloge de la lecture et du bonheur de partager ces moments en couple, avec ses enfants ou avec des amis !

N’hésitez pas à nous raconter vos propres expériences de lecture, en solitaire ou à plusieurs ! 😉


Sources images : gifs

120 journées de Sodome

Saviez-vous que le mot sadisme provient du marquis de Sade ? Comment ça évidemment ? J’étais donc le seul ? Bon puisque c’est comme ça, débrouillez-vous sans moi pour cet article.

Je plaisante !

C’est au cours d’un gala que Teatime et moi-même avons rencontré une (très) belle femme, dont le compte Facebook nous a annoncé qu’elle participerait à une soirée nommée « les goûters de Sade ». Pour ne pas y aller en ignares, j’ai essayé. Oui, oui. Et du coup, nous n’y sommes pas allés.

6447Les 120 journées de Sodome,
du Marquis de Sade (1785)
Éditions : Feedbooks

L’histoire est triviale. Quatre amis, liés par leur sexualité transgressive, décident de mettre au point le plaisir ultime (dont eux seuls seraient les bénéficiaires) : embaucher et capturer des personnes pour organiser les plus folles bacchanales qui soient. Les « embauchés » sont des maquerelles et des prostitués, les capturés sont des… filles et des garçons. Vous avez bien lu(1).

Qu’est-ce qui est long et dur à s’enfiler ? Le premier chapitre de Les 120 journées de Sodome. En vue de poser le décor, le marquis de Sade nous sert une description très détaillée de chaque personne intervenant dans l’histoire. Il y en a à peu près une trentaine et une place importante est donnée aux sexes des protagonistes. Une fois le forfait accompli, le narrateur nous conseille de nous constituer des fiches de personnage. Histoire de bien suivre l’histoire.

On comprend dès lors(2) comment le néologisme « sadisme » a vu le jour. Rien que la façon d’écrire transpire l’envie de faire souffrir et d’en tirer du plaisir. Chaque description, autant de l’apparence des choses que des actions, est très détaillée et très abrupte. Pourquoi s’embêter avec des métaphores, après tout ? Moi qui m’attendais à ne voir que l’ancêtre du mommy porn…

Au final, je dois avouer que je n’en ai pas encore fini la lecture. J’en suis à peu près au premier tiers. Teatime m’a demandé expressément d’arrêter de le lire. Chaque lecture influe directement sur ma façon de parler et, apparemment, quand je lis Sade, je me mets à parler comme un charretier.

(1)Autant que je sache, tous les adeptes de SM ont pour seule règle « entre adultes consentants ». Les quelques adeptes que j’ai connus personnellement ont une vision très positive, responsable, et même respectueuse de la sexualité. Je ne peux donc pas les associer aux écrits de Sade. Il n’empêche que je ne suis pas allé à cette soirée.
(2)Réalisation froide, crue et brutale.