Une histoire oubliée : Les indésirables

En ce #VendrediLecture, nous allons parler de femmes qui ont fui la dictature pour venir s’installer dans le pays des droits de l’Homme, douce France, avant d’être raflées et enfermées dans un camp aux conditions sordides. Restez, nous parlerons aussi de rêves, d’amour, d’amitié, de chansons et de cabaret !

51vje96rPuL._SX327_BO1,204,203,200_Les indésirables, de Diane DUCRET
Éditions : Flammarion (2017)

Présentation de l’éditeur :

« Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes «indésirables» internées par l’État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne «la goulue», Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.

À la façon d’une comédie dramatique, Diane Ducret met en scène le miracle de l’amour, la résistance de l’espoir dans une fable terrible et gaie, inspirée d’histoires vraies. »

Une histoire basée sur des faits réels :

Nous sommes au printemps 1940, L’État français, par peur de la « cinquième colonne » (partisans cachés de l’Allemagne nazi) organise une rafle de femmes d’origine allemande, sans enfant et non mariées au Vél d’Hiv. C’est ce qu’on appelle la rafle des femmes indésirables. Elles sont ensuite déportées et internées dans le Béarn, dans le camp de Gurs. Ce camp avait été créé à l’origine pour enfermer les prisonniers républicains de la Guerre Civile espagnole. C’est le genre d’histoire honteuse oubliée des livres d’Histoire.

Le récit est ponctué par des extraits de lettres de la politologue Hannah Arendt et des parodies des chansons des années 30-40.

Les indésirables revient donc sur l’horreur de ce camp, aux conditions sanitaires inexistantes, mais aussi sur ce que les femmes de ce camp ont créé de beau : leur cabaret. Elles ont su garder espoir, elles ont continué de se faire belles et parfois elles ont vécu des histoires d’amour courtois avec les prisonniers espagnols. Voilà pour les faits.

Une jolie histoire d’amitié :

Ce roman est centré sur l’histoire d’amitié entre Lise, la juive et Eva, l’aryenne, imaginée par Diane Ducret. Pour gagner un peu de sous, elles créent avec les autres femmes du camp, un cabaret où l’on chante des chansons triviales et d’autres sur leurs conditions de vie au camp, où l’on joue du Shakespeare, où l’on danse. Des instants doux et heureux volés à l’enfer du camp.

Deux personnages secondaires drôles que j’aurais aimé suivre plus dans ce livre : Suzanne, béarnaise bourrue et son amoureux espagnol, Pedro, qu’elle ne comprend pas.
Et Bianca, la comtesse à la fourrure, capable de faire perdre les armes à un bourreau.

Problème de style :

Diane Ducret, en tant qu’historienne, est sérieuse, efficace, pointilleuse, perspicace, flamboyante, féministe, pleine d’humour et totalement magique. Elle fait un travail formidable pour remettre les femmes au cœur de l’Histoire. Bref, pour ça, c’est une héroïne ! Malheureusement, pour ce qui est de l’écriture de romans, elle n’a pas encore trouvé son style. Et ça, ça peut faire mal !

La mise en contexte est franchement trop longue. Je sais que pour certains, c’est plus que nécessaire (Oui, je pense à vous les types du métro et vos point Godwin chelou) mais quand on maitrise déjà le contexte, c’est lourdingue.
Ensuite, je refuse de spoiler le roman… Mais j’ai trouvé l’épilogue, dans sa présentation épistolaire, super niais. Vraiment ! Digne des pires romans à l’eau de rose (ceux qu’on trouve en maison de retraite et dans le legs de mamie « parce que toi, tu aimes bien lire des livres »).

Bref, ce refus de choisir entre roman et essai historique a rendu cette lecture lourde. Et c’est bien dommage !

Malgré cela, je vous conseille de lire ce roman. Pourquoi ?
– Ne jamais oublier ce qui est arrivé à ces femmes.
– Parce que cette histoire trouve un écho dans l’actualité.
– Parce que « L’espoir est le plus grand véhicule du succès, tandis que le découragement le rend impossible »- Goswin Joseph Augustin.

A la Conquête d’Hollywood avec Faith Herbert !

C’est l’instant Coming out ! J’ai une révélation à vous faire …
Chers lecteurs, chères lectrices …
J’aime les Comics !

Pourtant, à chaque fois que j’ouvre un Comics, je me pose des tas de questions :
Pourquoi existe-t-il si peu de personnages féminins Badass ? Pourquoi toutes les nanas font du 38, ont des armures riquiquis et prennent toujours des poses suggestives prouvant souvent l’absence de toute ossature ? Pourquoi certaines doivent avoir un mentor avec une grosse péniche qui leur explique la vie ? Pourquoi Wonder Woman est-elle obligée de se déplacer en avion invisible ? Pourquoi Tornade mène-t-elle une vie si monacale ? Pourquoi ?

Et puis, récemment je suis tombée sur une petite perle :

9782375780794_cgFaith, T.1, A la conquête d’Hollywood
de  Jody Houser, Marguerite Sauvage et Andrew Dalhouse
Éditions : Bliss Comics/Valiant Comics

4ème de couverture :

Orpheline depuis son enfance, Faith Herbert a toujours voulu être une super-héroïne, comme celles de ses comics favoris. Lorsque Peter Stanchek, un psionique doté de capacités extraordinaires, la trouve et active ses pouvoirs télékinésiques, elle peut enfin réaliser son rêve. Au sein du groupe mené par Peter, les Renégats, elle a vécu des aventures incroyables, a connu le deuil mais aussi l’amour… Aujourd’hui, les Renégats ne sont plus, et elle doit apprendre à voler de ses propres ailes.
Timide blogueuse pop culture pour un site d’actualités le jour, elle sillonne la nuit le ciel de Los Angeles. Lorsque des jeunes, psioniques comme elle, disparaissent sans laisser de traces, Faith Zephyr Herbert doit passer à l’action pour les retrouver sains et saufs.

Mon avis :

C’est rare de voir un Comics casser les codes ! Et quand ça arrive, ça fait du bien !

Zéphyr aka Faith Herbert aka Summer Smith est une héroïne avec de vrais super-pouvoirs, intelligente, pleine d’assurance, optimiste sans être naïve, passionnée de S.-F., sociable, avec une vraie libido et franchement drôle ! Physiquement, elle est aussi blonde qu’Atomic Blonde et c’est une héroïne grande taille. Elle n’est pas tout le temps sexy, elle a une ossature normale et elle n’est pas obligée de devenir une figure ithyphallique pour avoir l’air sérieuse. Bref, elle ressemble un peu plus à la moitié de l’humanité. Et ça, c’est super !

20883355_10155979032436756_1802020847_oElle réponds parfaitement à toutes les incohérences présentes dans l’univers des Comics :
Peut-on se changer dans la rue ou dans une cabine téléphonique sans se faire remarquer ?
Peut-on avoir une double vie voire triple sans que ça porte préjudice à une autre vie ? Quand Superman trouve-t-il le temps de dormir ?
Porter des lunettes de vue suffit-il vraiment pour passer incognito ?

Je ne spoilerais pas, si vous voulez les réponses à ces questions, il faudra ouvrir ce Comics !

Si, ça peut en rassurer certains … Tous les stéréotypes du genre ne sont pas effacés, puisque comme tous les superhéros et les princesses Disney, elle est orpheline !
Nobody’s Perfect !

Bref, si vous cherchez une héroïne franchement sympa et Badass qui change un peu et si vous voulez une histoire avec un peu moins de stéréotypes, essayez-la ! 😉

La lecture n’est-elle qu’un acte solitaire ?

Il est souvent retenu que la lecture est un passe-temps solitaire. Et c’est plutôt vrai. On peut parler d’un livre qu’on a lu, c’est d’ailleurs l’un des objets de ce blog. Mais on parle du livre dans son ensemble. Entre lecteurs, lorsque deux personnes ont lu un même livre qui les a passionnés, on peut parfois voir des étoiles dans leurs yeux en évoquant les passages qui les ont le plus fait vibrer.

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Pourtant on ne parle que des événements dans leur ensemble. Le petit mot d’esprit de l’auteur qui nous avait fait rire ou serré la gorge passe plus ou moins à la trappe. En fin de compte, personnellement, j’ai du mal à discuter d’un livre que je viens de lire. Si mon interlocuteur a lu le livre, on confirme qu’il était bon ou nul. S’il ne l’a pas lu, la discussion se limite en quelque sorte à « pourquoi tu (ne) devrais (pas) le lire »

Je n’ai découvert que tardivement la saga des Harry Potter. J’ai tellement aimé que pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti l’envie et le besoin de relire un livre.

Alors je les ai relus mais à haute voix, cette fois-ci. C’est ainsi que, sans les ouvrir, Maha (@teatimeatbloomsbury) lit les livres Harry Potter.

Alors certes, nous avons commencé il y a un an et nous n’en sommes qu’à l’Ordre du Phénix. Mais sans en avoir l’air, figurez-vous que mon expérience de lecture a été complètement transformée. Nous rions en même temps, nous offusquons des exactions de Rogue en même temps, nous partageons les pauses dans la lecture et la fébrilité d’un cliff hanger en fin de chapitre. Chaque chapitre prend environ 45 minutes de notre temps. Plus, lorsque l’action est vraiment tendue. Il y a des moments d’une telle intensité que l’un comme l’autre éprouvons le besoin de nous arrêter un instant pour reprendre son souffle ! Et à la fin du chapitre, nous parlons immanquablement de tout ce que nous venons de vivre.

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A l’heure où j’écris ce billet, nous venons de découvrir l’arbre généalogique de Sirius Black. Et pourtant ce n’est pas ce qui occupe nos conversations. Ayant connu la première version de Pottermore, j’ai pris un malin plaisir à rappeler à Maha qu’il y a longtemps, elle avait préparé elle-même du doxycide, sans même savoir ce que c’était. Mais plus encore que le doxycide, ce qui a occupé notre conversation, c’est le cas Kreattur. « Mais il est vraiment dégueulasse ! Pourquoi on en fait pas un trophée comme pour ses ancêtres ? C’est pas comme si c’était son ambition ! ».

A vrai dire, le plus dur est de ne pas spoiler. Connaissant déjà tous les détails de l’histoire, je dois me forcer de ne pas répondre à certaines de ses questions. Mais toutes ces conversations que nous n’aurions pas eues si nous nous étions contentés de lire chacun de notre côté le roman et de se questionner régulièrement sur « alors ? T’en es où ? » ! Quel bonheur de voir quelqu’un demander avec enthousiasme un autre chapitre ou de l’entendre crier « oui ! » lorsque c’est moi qui propose ! Et quel plaisir de voir un regard se plonger brusquement dans le vague lorsqu’une révélation vient d’être faite ! On a l’impression d’être LA personne qui révèle une information capitale.

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Lire à deux, à trois ou plus ouvre la discussion, invite au partage, crée une expérience commune. Après tout, n’est-ce pas la base de la littérature ? Les plus anciens récits ne sont finalement que la mise sur papier d’un conte initialement scandé. Les contes homériques, les récits épiques nordiques et, en France, le Roman de Renart (pour ne citer qu’un exemple) ne sont qu’une multitude de petits récits déclamés en place publique qu’on a choisi d’immortaliser. Plus récemment, on pense aux Veillées paysannes dans les petits villages où on racontait des histoires, lisait les informations à toute la communauté. C’est ce qui, longtemps, a créé une culture commune dans des populations entières.

Bref, nous ne vous ferons jamais assez l’éloge de la lecture et du bonheur de partager ces moments en couple, avec ses enfants ou avec des amis !

N’hésitez pas à nous raconter vos propres expériences de lecture, en solitaire ou à plusieurs ! 😉


Sources images : gifs

120 journées de Sodome

Saviez-vous que le mot sadisme provient du marquis de Sade ? Comment ça évidemment ? J’étais donc le seul ? Bon puisque c’est comme ça, débrouillez-vous sans moi pour cet article.

Je plaisante !

C’est au cours d’un gala que Teatime et moi-même avons rencontré une (très) belle femme, dont le compte Facebook nous a annoncé qu’elle participerait à une soirée nommée « les goûters de Sade ». Pour ne pas y aller en ignares, j’ai essayé. Oui, oui. Et du coup, nous n’y sommes pas allés.

6447Les 120 journées de Sodome,
du Marquis de Sade (1785)
Éditions : Feedbooks

L’histoire est triviale. Quatre amis, liés par leur sexualité transgressive, décident de mettre au point le plaisir ultime (dont eux seuls seraient les bénéficiaires) : embaucher et capturer des personnes pour organiser les plus folles bacchanales qui soient. Les « embauchés » sont des maquerelles et des prostitués, les capturés sont des… filles et des garçons. Vous avez bien lu(1).

Qu’est-ce qui est long et dur à s’enfiler ? Le premier chapitre de Les 120 journées de Sodome. En vue de poser le décor, le marquis de Sade nous sert une description très détaillée de chaque personne intervenant dans l’histoire. Il y en a à peu près une trentaine et une place importante est donnée aux sexes des protagonistes. Une fois le forfait accompli, le narrateur nous conseille de nous constituer des fiches de personnage. Histoire de bien suivre l’histoire.

On comprend dès lors(2) comment le néologisme « sadisme » a vu le jour. Rien que la façon d’écrire transpire l’envie de faire souffrir et d’en tirer du plaisir. Chaque description, autant de l’apparence des choses que des actions, est très détaillée et très abrupte. Pourquoi s’embêter avec des métaphores, après tout ? Moi qui m’attendais à ne voir que l’ancêtre du mommy porn…

Au final, je dois avouer que je n’en ai pas encore fini la lecture. J’en suis à peu près au premier tiers. Teatime m’a demandé expressément d’arrêter de le lire. Chaque lecture influe directement sur ma façon de parler et, apparemment, quand je lis Sade, je me mets à parler comme un charretier.

(1)Autant que je sache, tous les adeptes de SM ont pour seule règle « entre adultes consentants ». Les quelques adeptes que j’ai connus personnellement ont une vision très positive, responsable, et même respectueuse de la sexualité. Je ne peux donc pas les associer aux écrits de Sade. Il n’empêche que je ne suis pas allé à cette soirée.
(2)Réalisation froide, crue et brutale.

Poupoupidou dans les Ardennes Belges

Aujourd’hui, je vous emmène manger des frites dans la ville imaginaire de Reugny dans les Ardennes Belges !

004783031L’hôtel du Grand Cerf,
de Franz Bartelt
Éditions : Seuil

4ème de couverture :
« À Reugny, petit village au cœur des Ardennes, plane depuis cinquante ans le secret de la mort de Rosa Gulingen. La star mondiale de cinéma avait été découverte noyée dans la baignoire de sa chambre à l’Hôtel du Grand Cerf, qui accueillait l’équipe de son prochain film ; du bout des lèvres la police avait conclu à une mort accidentelle. Quand Nicolas Tèque, journaliste parisien désœuvré, décide de remonter le temps pour faire la lumière sur cette affaire, c’est bien logiquement à l’Hôtel du Grand Cerf qu’il pose ses valises. Mais à Reugny, la Faucheuse a repris du service, et dans le registre grandiose : le douanier du coin, haï de tous, est retrouvé somptueusement décapité. Puis tout s’enchaîne très vite : une jeune fille disparaît ; un autre homme est assassiné. N’en jetons plus : l’inspecteur Vertigo Kulbertus, qui s’est fait de l’obésité une spécialité, est dépêché sur place pour remettre de l’ordre dans ce chaos. « Le noir, pour peindre les mœurs, c’est une bonne couleur », dit l’auteur. Écrite dans un style impeccable, cette enquête faussement classique verra tout un village passé au crible de la plume si particulière de Franz Bartelt, toujours entre burlesque et mélancolie. Dans Hôtel du Grand Cerf, on rit énormément, mais tout est élégant, et rien n’est banal. »

Le terreau : les Ardennes Belges

Certains noms de villes sont réels comme Bouillon, Liège ou Dinan, d’autres sont transformés, Charleville devient Larcheville et d’autres n’existent pas dans cette région, cf. Reugny. Déroutant, non ?
A Reugny, petit village de campagne, on ne parle pas aux étrangers et on règles ses comptes entre soi. Franz Bartelt nous offre une galerie de personnages au vitriol à la fois grotesques et réalistes. Le douanier du coin a des dossiers sur tout le monde dans le village. Ce village est, d’après lui, remplis à ses yeux de délinquants et de criminels. En toile de fonds, nous avons des attentats à la bombe sur les grandes villes, des cols bleus en grève qui bloquent les routes et un centre de Motivation pour cols blancs à la recherche de leur animal intérieur (de préférence solitaire et carnassier). La manière de construire cette critique sociale a quelque chose des œuvres d’un Guy de Maupassant ou d’un Claude Chabrol.

L’enquête policière

Pour résoudre l’enquête sur les morts du douanier et du fou du village, ainsi que sur la disparition de la jeune fille de l’Hôtel du Grand Cerf,  on dépêche un drôle de personnage, Vertigo Kulbertus, un inspecteur qui se nourrit exclusivement de frites et de cervelas. Derrière son empâtement, sa grossièreté et son aptitude étrange à agacer tous les habitants, se cache un esprit fin. Curieusement, je peux vous affirmer qu’à la fin de ce livre, vous allez aimer ce type !
L’histoire suit en compte à rebours, les 14 jours qui séparent Vertigo de sa retraite.

Le documentaire

Une seconde enquête se cache dans ce livre. Un journaliste du dimanche, Nicolas Tèque est chargé d’enquêter sur la mort tragique d’une actrice des années 60. Rosa a été retrouvée noyée dans la baignoire de sa chambre à l’Hôtel du Grand Cerf. Elle tournait dans la région « Le village oublié »… le sujet idéal pour un documentaire ou un « Faites entrer l’accusé ». Mais les deux enquêtes sont-elles liées ?
Il faudra lire ce roman pour le savoir !

 » Il n’y a que dans les romans qu’on connaît le fin mot de l’histoire, Nicolas. Dans la vie, on n’arrive jamais à tout savoir. Ce n’est d’ailleurs pas très utile. Mais, à propos de toutes ces histoires, s’il fallait savoir une chose, Nicolas, une seule, ce serait que nous ne sommes pas dans un roman. »
Vertigo Kulbertus dans Hôtel du Grand Cerf, de Franz Bartelt

Pour conclure, je vous dirais que ce petit livre est amusant et fascinant, glauque et mordant, gras et poétique. Si vous aimez les histoires policières avec une bonne dose d’absurde, vous adorerez cette histoire et cet auteur.

Milkshakes, Jukebox et James Dean

Pour ce #VendrediLecture, prenez place dans ma Cadillac Eldorado, je vous emmène dans le Québec des années 1950 !

Chez gigiChez Gigi, le petit restaurant du coin, T.1, de Rosette LABERGE
Éditions : Druide (2017)

« Dans ce Québec des années cinquante, c’est au petit restaurant du coin, Chez Gigi, que plusieurs vont boire un milkshake lorsqu’ils ont envie de se payer un petit plaisir. Si madame Gigi est la mère de Rita, elle est aussi un peu celle des nombreux jeunes qui trainent à son restaurant, notamment Béa et Laurence, les meilleures amies du monde. Différentes à bien des égards, les deux jeunes femmes ont la même passion pour le rock’n roll qu’elles dansent avec brio dans les concours. Si leurs familles les acceptent comme elles sont, c’est-à-dire modernes et indépendantes, c’est loin d’être le cas du curé de la paroisse… »

Le charme des Trente Glorieuses :

J’ai donné sa chance à ce livre pour deux raisons. Primo les milkshakes sur la couverture. Deuxio, mon souvenir de Berlin 56, la série féministe d’Arte. Là encore, il est question de femmes qui cherchent à réaliser leur rêve, de concours de danse et du patriarcat.

La première chose qui vous marquera, c’est la lourdeur du machisme et autres obsessions de cette époque couplé à la lourdeur du style.

« Alors que la plupart des femmes sont nées pour se marier et fonder une famille, Béa et Laurence, elles, sont nées pour s’amuser et danser jusqu’aux petites heures du matin, ou jusqu’à ce que leurs jambes n’en puissent plus de les supporter. C’est lorsqu’elles exécutent des pas de danse qu’elles ont pratiqués sans relâche qu’elles se sentent vivantes. »
Chez Gigi, le petit restaurant du coin, T.1, de Rosette LABERGE

Des personnages colorés

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entrevoir. Le livre n’est pas centré sur Gigi, mais sur la famille Desbiens. La Famille Desbiens est présentée comme ouverte d’esprit parce qu’ils laissent leurs filles accomplir leurs rêves. Ils me font légèrement pensé à la famille Benett dans Orgueil et Préjugé, Jane Austen. Ils ont une fille ainée non mariée, Béa, une seconde qui s’est marié avec le premier venu, France, une cadette qui est embrigadée dans la religion, Juliette, et un petit dernier qui aime les bonbons, Bernie. Ils sont amis avec Laurence, 25 ans, passionnée de bonbons et de danse et son frère William.
Ensuite, il y a Gigi, une veuve, femme forte, qui tient un restaurant pro rock’n’roll avec sa fille Rita. C’est le camp des vrais gentils, des confidents.

Dans le camp adverse, des religieux tout puissants s’en prennent à tous ceux qui aiment danser le rock’and’roll, la danse du diable.

Une littérature youngadult ?

La mise en situation, les couleurs des années 1950 sont plutôt bien retracées, avec un certain réalisme. Seulement la lourdeur du style et des personnages un peu trop têtes à claques peuvent nuire à votre lecture.

Je pense qu’au vu des thèmes abordés (liberté, rock’n’roll, religion), il peut plaire aux amateurs de littérature youngadult et aux amateurs d’histoire québecoise.

Pour conclure, je dirais que ce n’est pas une lecture transcendante, mais l’histoire peut plaire. Pour ma part, je passe mon chemin et je ne poursuivrais pas jusqu’au Tome 2 !

H2G2 – Le guide du routard galactique

Pas de panique ! Passez votre serviette sur votre épaule, et suivez-moi pour une présentation de

H2G2 with CatH2G2 Le Guide du Routard Galactique
L’intégrale de la trilogie en cinq volumes

Douglas Adams
Traduit par Jean Bonnefoy
Éditions : Lunes d’Encre, Denoël

En VO The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy, abrégé communément par H2G2.

Arthur Dent, un anglais rangé, mène une vie paisible jusqu’au jour où sa maison se fait raser par une société de construction en vue de faire passer par là une nouvelle route. Pendant ce temps Ford Prefect, un employé du Guide du Routard Galactique coincé sur Terre depuis plusieurs années entrevoit enfin la possibilité de la quitter et de reprendre son voyage.

Cette opportunité, c’est un vaisseau de flotte Vogon venue dans notre secteur de la galaxie qui a pour mission de détruire la planète Terre. En vue de faire passer par là une nouvelle route galactique.

La Terre est donc détruite dès le premier chapitre.

Ford Prefect, grand ami de Arthur Dent, prend en « auto-stop » le vaisseau Vogon en emportant sous son bras son grand ami et les deux commencent un long(1) périple à travers l’espace.

Initialement une série radiodiffusée sur la BBC et rapidement adaptée en livre, H2G2 est un classique anglais et un monument incontournable de la culture geek. C’est ce livre qu’il vous faut lire si vous voulez comprendre pourquoi un geek ricane bêtement à la simple vue ou écoute du nombre « 42« .

Le film est bien aussi, mais évidemment moins. Et en plus, il ne va pas plus loin que le premier tiers du premier tome(5).

Je n’ai pas osé le lire en VO que je redoute bourré d’argot et de jeux de mots incompréhensibles pour un frog tel que moi(6). Pourtant, si l’argot et les jeux de mots ont tendance à ne pas survivre d’une langue à une autre, l’humour, lui, a bien survécu. A l’humour anglais typique dont je raffole s’ajoute un cynisme bien dosé très rare en littérature.

Ce qui nous permet de voir en miroir notre société de façon assez sinistre, mais d’en rire aux éclats tout de même ! Beaucoup de thèmes sont abordés : société, politique, psychologie, mathématiques, philosophie, voyage dans le temps et tant, tant d’autres. En fait, il y en a tellement, et traités avec tant de brio que vous vous apercevrez en lisant que H2G2 fait partie intégrante de notre imaginaire collectif. Vous vivez sur Paris ou en banlieue ? Si vous êtes déjà allés au Dernier bar avant la fin du monde, sachez que le nom y fait directement référence.

Un peu comme pour les Harry Potter, j’ai lu toute la série d’une traite. Mon préféré ? Le tome 4. Arthur Dent rencontre l’amour. Oui, je suis un peu fleur bleue.

En Bonus :
Si vous souhaitez écouter le premier épisode radiodiffusé sur la BBC de H2G2 légalement et gratuitement : Cliquez ICI.


(1)Très long(2)
(2)Très très long(3)
(3)Vraiment très très long(4)
(4)J’adore les notes de bas de page
(5)Après avoir parlé de Les Trois Mousquetaires et de Blade Runner, on ne peut que se montrer impressionné de se dire que le réal’ a été aussi loin dans le livre.
(6)frog : surnom affectueux des français par les anglais. C’est de bonne guerre, on les appelle bien les rosbifs. A ce propos, vous saviez que l’expression « filer à l’anglaise » a son équivalent anglais ? To take the french way.

Paris est une fête !

C’est pas moi qui le dit ! C’est Ernest Hemingway !

« Si vous avez la chance d’avoir vécu jeune homme à Paris, où que vous alliez pour le reste de votre vie, cela ne vous quitte pas, car Paris est une fête. »
Paris est une fête, Ernest Hemingway

Paris-est-une-feteParis est une fête
Ernest Hemingway
Traduit par Marc Saporta
Éditions : Gallimard (septembre 2012)

Conformément à ma petite fixette du moment pour les classiques, nous voici en présence d’un grand classique de la littérature franco-américaine. Il s’agit ici d’un récit autobiographique de Ernest Hemingway sur la période de sa vie qu’il a passé à Paris (mais pas que). C’est en quelque sorte une témoignage du Paris des années 20, et c’est en grande partie ce livre qui a contribué à la vision très romantique de Paris qu’ont, encore aujourd’hui les américains.

Vous savez ce qui m’agace dans la littérature des auteurs de cette période ? Cette sale manie qu’ils avaient de vouloir effacer complètement le narrateur de l’histoire(1). Alors quand il s’agit d’une autobiographie, je trouve ça parfaitement agaçant. Parce que, voyez-vous, il ne faut pas que le lecteur voie les opinions de l’auteur. Ou du moins, « pas trop ». Pour bien comprendre le récit, il faut commencer par connaître le contexte historique, l’auteur, son passé, et surtout sa façon de parler. Le risque étant de passer complètement à côté du message de l’auteur(2). Ce type de roman est en fait un gigantesque code qui fait passer Enigma pour du travail d’amateur. En effet, chaque mot a sa nuance, et de véritables contresens peuvent être commis lorsqu’on oublie simplement la personnalité de l’auteur.

Dès lors, une fois qu’on a réalisé à qui on avait affaire, on s’aperçoit en fait que le récit est bourré d’humour, très raffiné et très cinglant. En fin de compte, ce n’est que vers la moitié du récit que j’en ai pris conscience.

On suit ainsi plus ou moins dans le désordre diverses aventures qu’a vécues Hemingway lors de sa vie parisienne, au gré de ses envies, de ses aventures et de ses rencontres. Paris est une fête est un récit assez poétique dont il se dégage une certaine sérénité. En fin de compte, la partie la plus plaisante et même très drôle, c’est la toute dernière. Lorsqu’il rencontre Fitzgerald. Avez-vous déjà connu quelqu’un d’énervant mais terriblement attachant ? Quelqu’un qui vous met dans des situations galères, presque à hurler mais à qui vous ne parvenez pas à en vouloir ? Teatime me demande si je parle d’elle en posant ces questions. Non, non. Juste de l’auteur de Gatsby le Magnifique.

Pour avoir lu Le Vieil Homme et la Mer, je peux tout de même vous rassurer et vous dire que les deux récits sont deux facettes différentes du même auteur. A vrai dire, si vous désirez découvrir Ernest Hemingway, je vous conseillerais plutôt de commencer par celui-là. Il est plutôt court et vraiment très poétique.

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Corey Stoll en Ernest Hemingway dans Minuit à Paris de Woody Allen (SourceImage)

(1)Une plutôt longue période, en fait, partagée curieusement par Gustave Flaubert, un siècle plus tôt, Alphonse Daudet, et certainement d’autres dont je n’ai pas encore pleinement connaissance. Un style littéraire qui me dépasse, même si j’arrive quand même à tirer du plaisir de ces lectures.
(2)Qu’il ne veut pas délivrer, puisqu’il veut s’effacer du récit. J’ai vraiment du mal avec cette logique.

Journal intime d’une princesse intergalactique

Pour ce #VendrediLecture, nous montons à bord du Millenium Falcon pour un voyage à travers le temps et l’espace !

Nous lisons en V.O. (un petit livre qui n’est pas d’un niveau très difficile à lire si vous cherchez quelque chose de sympa et pas prise de tête en anglais) :

DSC02811 (2)The princess Diarist, de Carrie Fisher

Editions : Blue Rider Press (November 22, 2016)

Alors qu’elle s’apprête à jouer de nouveau le rôle emblématique de la princesse Leia, Carrie Fischer remet la main sur les journaux intimes écrit durant le tournage du premier Star Wars en 1976. Elle se retrouve alors face à l’adolescente qu’elle était.
Dans ce témoignage, on retrouve le témoignage de Carrie Fischer sur ses débuts à Hollywood, sur les coulisses du tournage du premier Star Wars et des extraits de ses journaux intimes de l’époque.

Je suis tombée sur son ultime ouvrage par hasard. Je l’ai choisis en pensant à l’image que j’avais de Carrie Fischer âgée, une femme sûre d’elle et terriblement drôle.

Normalement, dans ce qui suit, il y a peut être quelques spoilers (tout dépends de vos connaissances en Carrie Fisher). En tout cas, il n’y en a pas pour le prochain Star Wars !

Une Teenager à Hollywood

A travers ses journaux intimes de l’époque, Carrie Fisher nous évoque brièvement et avec une grande sincérité son enfance dans le starsystem, les attentes étranges du premier réalisateur qu’elle ait connu, le casting pour Star Wars, ses premiers jours de tournage, les secrets derrière sa célèbre coupe de cheveux, les aléas de la promotion d’un film où comment avoir l’air aussi fine qu’Harrisson Ford dans un Talk Show et les attentes parfois étranges et souvent pesantes des fans …

Certaines personnes ont été rebutées par ce qu’elle a pu écrire sur ses fans. A ces personnes, je rappellerais que Carrie Fisher était un être humain et qu’il faut être un vrai C3PO pour mettre de côté ses sentiments et subir ce qu’elle a pu subir sans jamais se plaindre !

Dans cette introspection, on découvre une jeune fille terriblement naïve et vulnérable, aux réflexions drôles et débridées. C’est une jeune fille à des années lumières de l’image pleine d’assurance du rôle de sa vie, la princesse Leia !

Carrisson

Carrie Fischer a déjà écrit beaucoup sur sa vie. Mais curieusement, celle qui garde assez peu de choses privées n’avait encore jamais parlé de sa relation avec sa co-star lors du premier tournage de Star Wars, Harisson Ford. Elle nous dévoile alors, à travers les extraits de ses journaux intimes et en les commentant, tous les doutes qu’elle a pu entretenir sur elle même, sur sa relation avec un homme marié, sur son sentiment de culpabilité, sur ses attentes. Cette relation occupe une très grosse partie de l’ouvrage !

L’héritage de princesse Leia

Carrie Fisher est/ était une pro des digressions. Ce qui fait qu’un livre qui ne devait parler que de son vécu durant l’année de tournage de Star Wars fini par être une grande réflexion sur le starsystem, sur Hollywood, sur l’implication des enfants dans la vie de star des parents, sur l’image qu’il reste de soi quand tout le monde se souvient de vous pour un seul et unique rôle.

 

Enfin, je dirais que si vous avez des attentes sur ce livre concernant les coulisses du tournage des premier Star Wars, vous serez déçu. Si vous voulez juste écouter les histoires amusantes d’une vieille dame, découvrir les failles qui se cachent derrière une personnalité aussi forte et courageuse, vous passerez un bon moment !

13 Books for your Summer Reading List

Pour ce dernier Vendredi de Juin, nous allons vous aider à remplir votre valise de livres adaptés à vos destinations et à vos envies ! Prêts pour l’embarquement ?
(une surprise à la fin de l’article ;))

[Cliquez sur les Images pour retrouver nos chroniques]

Road Trip en Irlande ?

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C’est le guide idéal pour visiter l’Irlande de façon écoresponsable ! Il vous montrera une autre facette de l’Irlande, loin de l’image vendue par les tour-operators. Alors si vous avez le foie bien accroché et encore l’usage de vos deux reins, prenez le avec vous !

Envie de quelque chose de frais et léger pour la plage ?

1bbdfac8133e73d828ed1ab4c819afa4Tout un été sans facebookgc3a9rard-cinq-annc3a9es-dans-les-pattes-de-depardieu-mathieu-sapin-dargaud-couverture004665337

Nous vous proposons un cosy mystery en compagnie d’Agatha Raisin (que l’on ne présente plus depuis qu’elle a sa propre série sur France 3), un poilar à New York bourré de donuts, une B.D. avec un monstre sacré du cinéma à l’estomac sans fin et enfin un petit livre un poil cynique qui parle d’amour et de braquage de bijouterie !

Envie d’un thriller ?

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Voici deux livres de la catégorie « tuniraspastecoucher » ! Le premier vous entrainera dans les profondeurs humides d’un village anglais en compagnie de personnes peu sympathiques. Le second vous transportera dans une maison moderne, minimaliste et angoissante !

Envie d’embarquer pour une croisière somptueuse ?

Noir comme la mer

Le Queen Charlotte vous attends ! Mais prenez garde, un voleur de bijoux mondialement célèbre se cache parmi les passagers !

A la recherche d’histoire de familles ou de voisinages ?

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Le premier vous entrainera dans une banlieue pavillonnaire australienne, entre secrets de famille et secrets de voisinage. Le second vous conduira sur différents continents à la découverte du secret des Stanfield et de leur magot !

Et pourquoi pas lire un bon vieux classique ?

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Entre ces trois-là, il s’agit de choisir si vous voulez parcourir les allées vides d’un futur post-apocalyptique, combattre avec vos frères d’armes pour Louis XIII ou prendre le métro avec un super héros à la retraite dans les années 70 !

Les mauvaises langues diront que ça ressemble plus à un bilan lecture de ces 5 derniers mois. Sauf que nous avons retiré de cette liste tous les livres que l’on trouvait moins adapté pour les vacances ! Si vous ne me croyez pas, cliquez sur le menu de ce blog, dans la catégorie Livre !

A tous ceux qui partent, nous souhaitons de Bonnes Vacances !
A tous les autres, nous offrons une recette de Crocktail !
See you Soon !

cocktail-1043633_640Le Crocktail by @crockonlecrockon !

Dans un grand verre, versez du sirop de cerise à votre convenance.
Remplissez de moitié le verre de jus multifruit. Pour le crocktail, j’ai une préférence pour la marque Jafaden, de Leclerc.
Complétez avec de la limonade. Si comme moi, vous désirez réduire comme vous pouvez les sucres, avec de l’eau gazeuse, c’est excellent aussi !