Un thriller en eaux troubles

Pour ce #VendrediLecture, je vous emmène à Beckford, sur les bords de la rivière avec un thriller qui rentre tout droit dans la catégorie des « tuniraspastecoucher« .

9782355846632Au fond de l’eau, Paula Hawkins
Traduit par Pierre Szczeciner et Corinne Daniellot
Editions : Sonatine

4ème de couverture :

« La veille de sa mort, Nel a appelé sa sœur, Julia. Qui n’a pas voulu lui répondre. Alors que le corps de Nel vient d’être retrouvé dans la rivière qui traverse Beckford, leur ville natale, Julia est effrayée à l’idée de revenir sur les lieux de son enfance. De quoi a-t-elle le plus peur ? D’affronter le prétendu suicide de sa sœur ? De s’occuper de Lena, sa nièce de quinze ans, qu’elle ne connaît pas ? Ou de faire face à un passé qu’elle a toujours fui ? Plus que tout encore, c’est peut-être la rivière qui la terrifie, ces eaux à la fois enchanteresses et mortelles, où, depuis toujours, les tragédies se succèdent. »

Une atmosphère humide

Avec cette canicule, j’avais furieusement besoin d’un livre qui me fasse oublier le thermomètre. Et c’est un pari réussi !

Car ce que l’on ne peut pas retirer à Paula Hawkins, c’est qu’elle est une bonne conteuse. Elle a réussi dans ce roman à nous plonger dans un petit village anglais, sinistre, hanté par cette rivière et sa célèbre attraction touristique, le bassin aux noyées.  Depuis l’époque moderne et ses ordalies à aujourd’hui, les eaux attirent les âmes en perditions et les bourreaux. Et c’est grâce à cette atmosphère et son talent de conteuse, que Paula Hawkins transforme la banalité digne d’une série policière de type Bones, en un roman que vous ne pourrez pas lâcher avant de l’avoir fini !

Un roman choral

Le dynamisme du roman est assuré par des chapitres courts et surtout par l’intervention à chaque chapitre d’un personnage différent qui intervient avec un style qui lui est propre. C’est plutôt bien réussi, le résultat est vivant. Seulement, je vous conseille de rester bien concentré car un roman choral ça peut déboussoler ! Il y a tellement de personnages et de points de vue qu’il n’est pas toujours évident de se souvenir de qui est qui !

Des personnages réalistes

Certes les personnages sont largement moins creusés que dans La fille du train. Mais ça ne retire rien à la complexité et au réalisme des personnages. Vous aurez du mal à vous attacher à qui que ce soit. Pourtant vous reconnaîtrez beaucoup de personnages du roman dans votre entourage, même lointain, dans l’apparent dédain d’une ado ou dans ce vieux con qui méprise les femmes. Vous y découvrirez des personnages confrontés aux tabous familiaux, à l’obscurantisme de gens vivants dans un coin très reculé, à l’idiocratie, aux dictats de la maigreur et autres joyeusetés  …

Pour conclure je vous dirais que ce roman est foutrement addictif. Certes il ne casse pas 3 pattes à un canard (et remarquez comme ce serait cruel de s’attaquer à un animal qui à déjà souffert des aléas de la pollution), vous ne voudriez pas aller dans un tel village pour vos vacances et la majorité des personnes que vous croiserez sont franchement détestables, et pourtant il y a quelque chose de fascinant dans ce livre.

Reste une question en suspend : quand sort le film ?

Envie d’un héros Supernormal ?

Pour ce #VendrediLecture, je vais vous révéler ce qui arrive quand un superhéros à la retraite (depuis longtemps) doit reprendre du service !

SupernormalSupernormal, de Robert Mayer
Traduit par Francis Guévremont
Éditions :  Aux forges de Vulcain (2017)

C’est l’histoire de David Binkley, un superhéros quarantenaire qui a vu ses pouvoirs décliner avec l’âge. Ajoutez à cela un sentiment de lassitude dans son couple, une dépression chronique, un embonpoint certain, une calvitie naissante, des problèmes avec son banquier … David ne pouvait que raccrocher ses collants.
Seulement voilà, New York est sous la coupe de la mafia depuis que la ville a fait banqueroute. La plupart des superhéros, comme Superman ou Batman, ont disparus. Notre héros, devenu un type normal est titillé par tous ces événements. Et comme il est super, il décide de renfiler son costume pour combattre le crime et botter les fesses des supers vilains !

Une référence dans l’univers du comics

C’est la première fois que ce roman de 1977 est traduit en français. C’est curieux d’avoir attendu aussi longtemps pour un livre qui fait référence dans l’univers du Comics. Ce petit roman qui n’a l’air de rien a inspiré des auteurs comme Stan Lee (créateur de Spiderman), Alan Moore (créateur des Watchmen), Neil Gaiman (American Gods) ou Grant Morrison (responsable de la renaissance de Batman, au début des années 2000). De plus, si vous êtes amateurs de comics, vous trouverez pleins de références sympa dans ce roman (notamment concernant le premier Superman).

Une plongée dans les années 1970

A travers ce livre, vous plongerez dans l’Amérique sexiste et raciste en pleine Guerre Froide, une Amérique qui doute après la guerre du Vietnam et le Watergate, une Amérique ravagée. Ce qui est intéressant avec Robert Mayer, c’est qu’il est journaliste de profession. Par conséquent, son roman est bardé de références politico-socio-sportives. Et on remercie chaleureusement le traducteur pour toutes ses notes de bas de page. Sans lui, on passerait à côté de beaucoup d’info.

« Puis, soudain, il avait eu dix-huit ans, et l’oncle Sam avait voulu l’envoyer au Vietnam. Reuben avait refusé. Quelques mots lui suffisaient pour définir cette guerre : « Le Noir qui massacre le Jaune pour le compte du Blanc. » »

Supernormal, Robert Mayer

Un roman burlesque

Je trouve que la couverture de ce livre est particulièrement bien choisie. Elle reflète bien l’ironie et le cynisme qui se dégage de ce roman. Vous ne vous ennuierez pas en lisant ce livre. Il se passe quelque chose de dingue à chaque page. Vous serez tout à tour, choqué, amusé, étonné, curieux … comme devant un bon comics, qui ne connaitrait pas la censure (vous y lirez des scènes plus torrides que dans Cinquante Nuances de Prout).
David B., c’est un pastiche de Superman. David B. est originaire de la planète Cronk. La cronkite lui fait perdre ses pouvoirs et aussi il est reporter comme Clark Kent. Sauf que lui vieillit … plutôt mal.

« S’efforçant de rester dans l’obscurité, il se dirigea vers le devant de la maison, pour faire rentrer le chien. La porte était fermée, et il n’avait pas ses clefs.
C’était un des problèmes les plus irritants de cet uniforme : pas de poches. »

Supernormal, Robert Mayer

Pour conclure, je vous dirai que c’est un roman qui est intéressant sur le plan historique (vous serez incollables sur les années 1970), à connaitre si vous êtes fans de comics ou de blockbusters, et pour ceux qui se foutent des comics et du côté histo, c’est un bon thriller qui ne manque pas d’humour !

Les Trois Mousquetaires

Il y a un an à peu près qu’en faisant à la Bibliothèque royale des recherches pour mon Histoire de Louis XIV, je tombai par hasard sur les Mémoires de M. d’Artagnan[1], imprimés à Amsterdam, chez Pierre Rouge, comme la plus grande partie des ouvrages de cette époque, où les auteurs tenaient à dire la vérité sans aller faire un tour plus ou moins long à la Bastille.

Pour ce #Vendredilecture, je vais vous parler d’un grand classique de la littérature française et même mondiale. Vous en avez forcément vu au moins deux adaptations cinématographiques, et l’année dernière, un affreux spectacle musical s’en est même attribué le nom. Je parle évidemment de…

dumasLes trois mousquetaires, de Alexandre Dumas.
Éditions : Flammarion (2013)

Nous sommes en 1625, sous le règne de Louis XIII. Un jeune gascon se rend sur Paris, avec pour rêve de devenir quoi ? MOUSQUETAIRE DU ROI(1) ! Il a même une lettre de recommandation de la part de son père qui se trouve être un grand ami du capitaine des mousquetaires. Du tout cuit ! Manque de chance, l’impétuosité et l’imprudence de sa jeunesse font… Qu’il se fait passer à tabac et voler la lettre dès le début de son aventure. A défaut, il devient donc cadet des mousquetaires(2) et, dans la foulée, rencontre toutes ces personnes dont nous connaissons tous au moins le nom : Athos, Portos, Aramis, Mme Bonacieux, le cardinal de Richelieu et la terrible Milady de Winter ! La grande aventure commence !

Sincèrement, et j’insiste : si vous ne l’avez pas encore lu, foncez(3) ! Les Trois Mousquetaires est un récit épique, palpitant, drôle. C’est un grand récit d’amitié et de loyauté(4). Le livre en lui même est imposant (700 pages, selon l’application Google Play Livre) mais le rythme, l’action, l’humour, qui ne désenflent à aucun instant, font que seuls vos besoins physiologiques seront en mesure de vous couper dans votre lecture.

Qui plus est, pour les amateurs d’histoire, sachez que l’auteur ne s’est permis que très peu d’approximations. Même s’il ne s’agit au final que d’un roman, Alexandre Dumas a su admirablement dépeindre le monde et la société de l’époque et dresser un portrait crédible de chacun des personnages, aussi illustres soient-ils. Saviez-vous que le Cardinal n’est pas si méchant que ça ?

C’est d’ailleurs la troisième grande raison d’enfin lire ce livre. Je n’en ai évidemment pas vu toutes les adaptations cinématographiques, mais ce qui m’a frappé, c’est qu’aucune d’entre elles ne respecte l’histoire originale. Le seul tronc commun, c’est le duel au court duquel D’Artagnan se lie d’amitié aux trois mousquetaires. Si bien que le livre entier jusqu’au dénouement final restent une surprise !

Alors je ne jette pas la pierre ! Certains films sont quand même bons, et le bouquin n’est même pas à moitié spoilé(5). Et pour la curiosité, saviez-vous que très tôt dans l’histoire du cinéma en est apparue une parodie ? L’étroit mousquetaire, de Max Linder, en 1922 ! Je n’ai pas encore eu l’honneur de le voir mais les critiques ont l’air encore très positives !

Image à la Une : Le cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle, 1881, Henri-Paul Motte

(1)celui qui a dit « ta mère » se dénonce !
(2)Traditionnellement, les mousquetaires ne sont recrutés que parmis les cadets. La lettre n’aurait que facilité l’entrée de D’Artagnan dans les mousquetaires et encore, ce n’est qu’un conditionnel.
(3)Moi-même, je ne l’ai lu que très récemment.
(4)Sur ce même thème, et avec la même puissance : Le Seigneur des Anneaux, de JRR Tolkien, Harry Potter, de JK Rowling et, plus anciennement, L’ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche, de Miguel de Cervantès.
(5)En grand retardataire que je suis, la mort de Dumbledore, dans Harry Potter m’a été spoilé par les films. Je me demande encore quelle aurait été ma surprise en lisant le bouquin avant.

A vos cahiers !

La fin de l’année scolaire approche et les cahiers de vacances fleurissent dans les magasins et librairie… Rassurez vous, je ne vais pas piquer le marronnier de Jean-Pierre Pernaut ! Restez, ça va être sympa !

Je ne suis pas une adepte des cahiers de vacances pour adulte d’ordinaire. Je les trouve barbant et infantilisant. Mais ça, c’était avant de rencontrer …

2017-06-6--13-39-50Le cahier de vacances des madmoizelles
Éditions : Albin Michel (juin 2017)

Ce cahier de vacances a été réalisé par l’équipe du webzine Madmoizelle (si vous ne connaissez pas, cliquez ICI). Il contient une tonne de tests, de quizz, de jeux, de conseils sexo- beauté-forme, de blagues et de recettes de cuisine, d’info en tout genre etc…

Vous pourrez découvrir en quel sandwich vous allez vous réincarner, apprendre des positions de yoga pour débutant, dessiner des poils sur une nana en maillot de bain ou encore être au taquet sur les MST !

Un Must Have pour cet été !

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On y retrouve tout l’esprit positif, féministe, courageux, moderne de Madmoizelle. Bref, j’ai plus l’impression d’être face à un gros magazine féminin dont on aurait retiré toute la stupidité (cf. : vous savez les pages de fringues et de produits de beauté hors de prix, les injonctions à la maigreur couplées aux recettes grasses, suivies par 10 pages de régime intensif, la liste des maillots de bain importables si vous ne faites pas un 34, etc …) qu’à un simple cahier de vacances pour adulte !

Ce cahier de vacances peut aussi convenir à la gente masculine ! Et d’ailleurs, ça ne leur fera pas de mal !

Alors, si vous cherchez un cahier de vacances pour adulte ou un compagnon de route convivial, sympa, drôle, à emmener partout et à partager, adoptez-le !

Un poilar pour cet été ?

Aujourd’hui, je vous emmène aux États-Unis. Nous allons arpenter les rues de la foudroyante New-York, dans l’État du … Colorado !

Inutile de la chercher sur vos cartes ou dans votre mémoire de fan du Docteur Queen, elle n’a jamais été cartographiée ou repérée par les satellites. Pourtant elle n’a pas échappée à l’administration policière qui a décidée d’y envoyer sa meilleure recrue !

Tout un été sans facebookTout un été sans facebook, de Romain Puértolas
Éditions : Le Dilettante (2017)

C’est l’histoire d’Agatha Crispies, comme les céréales, une flic de New-York, New-York mutée à New-York, Colorado après s’être emmêlé les crayons dans une affaire de stylos bleus. Elle passe d’une ville où il y a tout, où les crimes peuvent se résoudre tout seul grâce à facebook  (les criminels qui se taguent entre eux en postant des photos de scène de crime), à un coin paumé, non cartographié, sans internet. Il ne se passe jamais rien à New-York Colorado. Si bien que le commissariat ressemble plus à un centre aéré pour adulte avec ses clubs de joueur de fléchettes, de tricots, de sudoku ou de lecture.
Un jour, Agatha entend parler d’un meurtre commis hors de sa juridiction. Elle se précipite sur l’affaire et fait croire au policier local qu’elle a une dérogation. Résoudre cette enquête lui permettra, avec un peu de chance, de retourner à New-York, New-York avec les honneurs.

Je sais, la couverture est moche et le titre franchement racoleur. Mais si vous décidez de passer ce mur de préjugés, je vous garanti que vous ne serez pas déçus !
Ce petit livre bleu est bien plus intelligent qu’il ne le laisse paraître. Et si vous connaissez Romain Puértolas, (L’extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa) vous savez très bien que c’est un habitué des couvertures moches et des titres racoleurs. Pourtant, on passe toujours un bon moment avec lui !

Une parodie de roman noir complétement déjantée !

Ma première impression, après lecture des 5 premières pages a été : « Waho on dirait le film d’Eric Lartigau Qui a tué Pamela Rose ?« ! En plus intelligent peut-être.
Notre héroïne est atypique, pour un polar. C’est une jeune femme noire, obèse, confiante, cultivée et pleine d’humour. Autant vous dire, qu’elle détonne sur tout les points dans ce coin reculé du Colorado. Elle tombe régulièrement dans des situations rocambolesques, analyse les scènes de crimes en interprétant curieusement le manuel officiel du bon flic et colle des miettes de donuts au chocolat partout où elle passe. Vous allez l’adorer !

Une critique de l’Amérique profonde

Malbouffe (avec un détective qui s’appelle McDo, des policiers accros aux donuts, vous allez en voir passer des kilocalories dans ce roman !), racisme (notre héroïne à la peau d’ébène et son supérieur y sont confrontés en permanence), obésité, manque de culture, libéralisme destructeur (payer des ouvriers 3$ la journée et trouver ça normal), climatoscepticisme (ce livre est bourré d’écureuils radioactifs) …
Le rêve américain … de Trump.

Une déclaration d’amour à la littérature.

Agatha est la présidente du prestigieux club de lecture de New-York, Colorado. Elle analyse tout ce qui se passe dans sa vie à la lumière des romans qu’elle a lu. Elle est capable de citer de tête des auteurs très différents : Agatha Christie, Harper Lee, Gaston Leroux, Alexandre Dumas, Stefan Zweig, Hemingway ou bien encore Edgar Allan Poe.

« Était-ce éthique, supportable, moral de ne pas finir un bouquin même si on le trouvait mauvais ? Elle répondait sans hésiter par la négative. La lecture, c’était comme les mecs, un moment de plaisir, jamais une obligation ou une torture. La lecture, c’était fait pour passer un bon moment, accessoirement pour apprendre des choses. Et puis, il y avait tellement de bons livres à découvrir que ç’aurait été un crime de gâcher son temps, le bien le plus précieux, pour finir un roman dont on comprenait à peine le titre. »

Tout un été sans facebook, de Romain Puértolas

N.B. : Cette citation me fait penser à un article du magazine ELLE, On sait combien de livres il vous reste à lire avant de mourir ! > Cliquez Ici pour le consulter.

To conclude, je vous dirais que ce livre est une vraie pochette surprise, drôle et mystérieux.  Il se dévore comme une glace à la framboise. Bref, c’est compagnon parfait pour cet été sur la plage ou au bord de la piscine. Jetez vous dessus

Envie d’une croisière ?

Pour lutter contre cette vague de chaleur, je vous propose d’embarquer avec moi à bord du luxueux Queen Charlotte pour une traversée mortelle de l’Atlantique !

Noir comme la merNoir comme la mer, de Mary Higgins Clark
Éditions : Albin Michel (2017)

C’est l’histoire de la première traversée de l’Atlantique du Queen Charlotte (en hommage à la fille de Kate et William). La croisière s’annonçait sublime, même si le navire a beaucoup de point commun avec le Titanic (l’armateur n’est pas superstitieux). Parmi les passagers se trouvent un vieux spécialiste de Shakespeare, une gemmologue, l’homme aux mille visages, un couple de gagnants de loterie détectives amateurs, un agent d’Interpol, un comptable véreux, une dame de compagnie avare et une sympathique octogénaire, Lady Em et sa collection de bijoux inestimables. Comme pour le Titanic de Cameron, il y a un bijou maudit à bord de ce navire : le collier de Cléopâtre. Quiconque le porterait en mer signerait son arrêt de mort.

On ne badine pas avec les malédictions égyptiennes !

Un polar vert émeraude

C’est un petit roman bien écrit qui se lit vite. Si vous êtes amateurs des romans de Mary Higgins Clark, vous serez ravi de retrouver ses sympathiques et célèbres enquêteurs/ gagnants du loto, Alvirah et Willy.

A la découverte des personnages principaux, j’ai pensé à Mort sur le Nil d’Agatha Christie. Mais la comparaison s’arrête là.

Ici, il faut attendre d’être au milieu du livre pour assister à la première tentative de meurtre. Sauf migraine, vous aussi, vous aurez deviné qui a fait le coup, bien avant que le meurtre ne soit commis.

Cela dit, même si l’enquête liée au collier d’émeraudes de Cléopâtre en elle-même n’est pas passionnante, j’ai aimé me faire bercer par les récits sur la gemmologie, voir les gros clins d’œils au Titanic et l’histoire d’amour entre Robert, le comptable véreux et sa femme (unis par le vert des billets de banque). Je pense que ce livre devrait être vendu avec des T-shirts « J’ai survécu au Queen Charlotte » !

Comme dans un téléfilm d’M6 …

Curieusement, même s’il n’y a pas de suspense, on ne s’ennuie pas. C’est un peu comme quand on tombe sur un bon téléfilm en après midi (c’est rare mais ça existe). C’est pas la panacée mais vous passez un bon moment !

En fait, je sais exactement à quel téléfilm d’M6, ça me fait penser (outch !) : La croisière mystère (2013) basé sur un roman de Mary et de sa fille, Carol, La croisière de Noël !

Le synopsis : Regan, détective privée amateur, et Alvirah, qui vient de gagner à la loterie, se retrouvent sur un magnifique paquebot pour profiter de trois jours de croisière autour de l’île de San Juan. Nora, la mère de Regan, doit y promouvoir son dernier livre. Un assassin est aussi monté à bord pour commettre un crime…

Pour conclure, je dirais que vous pouvez prendre un billet pour le Queen Charlotte si vous cherchez un polar sans prétention, rapide à lire et rafraîchissant par forte chaleur !

13 Reasons Why

Pour ce #VendrediLecture, nous allons parler du roman derrière la série à succès de Netflix, 13 Reasons Why.

Treize_raisons13 raisons, de Jay Asher
Editions : Albin Michel

C’est l’histoire d’une jeune fille, Hanna Backer, qui avant de se donner la mort, envoie une boîte à chaussure contenant 7 cassettes à un garçon, Justin. Celui-est chargé de renvoyer ce carton à la personne suivante dans la liste. Et ainsi de suite, comme toutes ces chaînes de mails internet des années 2000. Sauf que les personnes de cette liste sont les raisons du suicide d’Hanna.

Nous écoutons les cassettes audio (elle aurait pu faire un VHS à ce niveau là) expliquant les 13 raisons du suicide d’Hanna en compagnie de Clay Jensen, un jeune lycéen qui aimait Hanna.

L’effet d’une bombe

C’est un roman atypique que l’on peut classer dans la fameuse catégorie « tuniraspastecoucher » ! Le thème abordé est douloureux et difficile à aborder. Pourtant Jay Asher a su le traiter de façon originale, du point de vu adolescent, avec toute la théâtralité dont on est capable  à cet âge et sans tomber dans le pathos.

C’est l’histoire d’une fille avec une personnalité forte et un bon sens de l’humour qui subit le poids de la rumeur, du harcèlement, de la trahison. Une fille romantique, espiègle, pleine d’imagination qui croquait la vie à pleines dents jusqu’à ce qu’elle tombe amoureuse du mauvais garçon. Bref elle est totalement attachante, même dans ses vengeances qui sont la preuve qu’elle cherche à survivre.

En lisant ce livre, je me suis totalement replongée dans ma propre adolescence à revivre toutes ses petites humiliations, ces moments où tout ce que je voulais, c’est qu’on m’oublie. Je vous rassure, il y avait des moments sympas aussi. Mais je n’ai pas oublié que le lycée, ça craint !

Le récit est dynamique et vous n’irez pas vous coucher avant de connaitre les 13 raisons d’Hanna. Ce n’est pas une apologie du suicide adolescent, au contraire. Tout ce que vous espérez en lisant ce livre, c’est un retournement de situation. Que cette tentative ait finalement échouée.

Pour conclure, je dirais que j’ai eu un vrai coup de cœur pour 13 raisons, mais que j’ai besoin d’un bon roman tout joyeux derrière ça. Bref, à lire avant de regarder la série, sans préjugé et quand tout baigne dans votre vie !

Bonne lecture !

You’ve got Cartes Postales from Greece !

Pour ce #VendrediLecture, je vous emmène dans un pays que j’adore. Il y fait beau et chaud, la nourriture y est délicieuse, les gens charmants. C’est le pays de la philosophie, de la démocratie, de l’Odyssée, des jeux olympiques, du sirtaki et de la moussaka, le bon plan vacances de Sissi l’impératrice et la terre natale de Nana Mouskouri !

“En Grèce, on a envie de se baigner dans le ciel.”
Henri Miller

cartes-postales-de-greceCartes postales de Grèce, de Victoria Hislop
Photographie de Alexandros Kakolyris
Traduit par Alice Delarbre
Éditions : Les escales éditions (mai 2017)

C’est l’histoire d’une femme, Ellie, qui trouve régulièrement des cartes postales de Grèce, qui ne lui sont pas destinées, dans son courrier. C’est un vrai bol d’air frais dans sa vie morose. Un jour, hélas, elle n’en reçoit plus.

C’est alors qu’elle décide de faire ses bagages et de partir pour la Grèce.
Le matin de son départ, elle reçoit un colis, contenant le carnet de voyage de l’homme aux cartes postales. Dans ce carnet, l’homme mystère y fait un récit détaillé d’anecdotes, de ses observations, d’histoires courtes racontées par les personnes qu’il a rencontré.

Un carnet de voyage bien documenté

Ce livre a commencé comme un roman charmant. Qui n’a pas rêvé de recevoir un jour une lettre ou mieux une carte postale qui ne lui était pas destinée ?

Bon je dois vous avouer que ça m’est déjà arrivé. Un jour, j’ai retrouvée dans notre boite aux lettres une carte postale destinée à un voisin. Elle sentait fort le jasmin et contenait le récit passionnant d’une nuit d’amour entre deux amants de passage d’un âge avancé. J’ai remis discrètement, après l’avoir lu et partagée, dans la boite aux lettres de son véritable destinataire. Et malheureusement, je ne saurais jamais si c’est lui ou sa femme qui a récupéré ladite carte postale. o:-)

Revenons à ce petit livre bleu… qu’en dire ?
Je l’ai trouvé paresseux alors j’en ferais une analyse comparable.

Les bons points :

  • Le speech du début est sympa.
  • Il y a pleins de jolies photos.
  • Il y a de vrais infos sur l’histoire, la géographie, la culture du pays.
  • Les nouvelles sont sympas sans plus et introduisent les problématiques actuelles du pays.
  • Y’a deux/ trois expressions grecques que l’on peut ressortir dans les diners mondains.

Les mauvais points :

  • C’est un roman qui est composé de nouvelles ou alors ce sont des nouvelles qui se lient ensemble artificiellement par le biais d’un roman ?
    L’auteur n’a pas su choisir et c’est franchement dérangeant.
  • Le speech du début n’était qu’un prétexte fallacieux. Je m’attendais à un récit plus vivant et amusant, à un vrai roman, un peu comme Julie & Julia : sexe, blog et bourguignon, de Julie Poowell.
  • Les nouvelles sont un peu fouillis, mal amenées et on ne sait pas toujours où elle veut en venir.

Pour conclure, je dirais que le format est lourd et le contenu fouillis. Son intérêt majeur est de proposer un regard un peu moins touristique de la Grèce. Si vous cherchez un livre qui se lit vite, qui a de jolies photos et que vous cherchez des infos sur la Grèce mais que vous n’avez ni envie d’acheter un guide bleu ni de lire une page wikipédia, ce livre est fait pour vous !

Kalo Taksidi ! Bon voyage !

P.S. : si vous cherchez quelque chose de vivant et d’amusant sur la Grèce, je connais un petit film sympa. C’est Vacances à la grecque de Donald Petrie :

Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

Un problème de voisinage ? Vous avez toujours rêvé d’un appartement pas cher dans un immeuble débarrassé de tous ses emmerdeurs ? Philip K. DICK l’a imaginé pour vous en écrivant Do androids dream of electric sheeps ? (En français Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?). Vous connaissez peut-être déjà le film dont il est l’adaptation : Blade Runner.

couverture blade runner 2008Titre original : Do androids dream of electric sheeps ?
Titre français : Blade runner
Auteur : Philip K. Dick
Edition : J’ai Lu 2008
Traducteur : Serge Quadrupanni

L’histoire de passe dans un futur très proche, en 1992 (1). L’holocauste nucléaire tant redouté a eu lieu et la vie a été quasiment rayée de la Terre. La majeure partie des espèces s’est éteinte et l’homme lui-même n’est pas au mieux de sa forme. Les continuelles retombées radioactives ne laissent pour ainsi dire plus que deux choix aux êtres humains : rester sur place et subir les affres de la radioactivité ou partir sur mars (2). Autant dire qu’avec le peu de monde qui reste, le prix de l’immobilier est au plus bas, ce qui fait que chaque foyer se retrouve seul occupant d’immeubles entiers. Pour combler la solitude et aussi pour se donner l’illusion de recoller les morceaux de cette terre dévastée, l’homme a pris l’habitude d’adopter des animaux. Ceux qui ont les moyens peuvent se permettre le luxe d’en avoir des vrais, tandis que les plus modestes choisissent d’en adopter des électriques.

A travers cette vision particulièrement sinistre de l’avenir, Philip K. Dick nous propose sa vision de l’être humain ainsi que sa relation envers les autres formes de vie, humaines ou non. Se pose alors une série de questions. Qu’est-ce que l’être l’humain ? Qu’est-ce qu’une machine ? Qu’est-ce qui les différencie ?

Si ces trois questions sont relativement vite et clairement traitées, le lecteur est amené à se poser de lui-même beaucoup d’autres questions qui, elles restent un peu sans réponse. Un peu car, en fin de compte, chaque question que vous pourrez vous poser sont purement philosophiques et, en ce sens, c’est à vous-même qu’il adviendra de trouver des réponses qui seront les vôtres ! C’est d’ailleurs, je trouve, ce qui fait un bon roman d’anticipation (3).

Très rythmé et assez facile à lire, c’est une œuvre poignante, puissante. Philip K. Dick nous tient en haleine tout au long du récit, sans trêve. La tension est telle qu’on finit par partager le sentiment d’égarement des protagonistes. On finit le livre sur les genoux, l’estomac retourné par un dénouement qui pourtant ne devrait être qu’une futilité, un acte manqué.

Si vous avez vu le film Blade Runner (4) et que vous lisez le livre, vous remarquerez d’énormes différences entre les deux. Cela vient simplement du fait que le réal’ n’a PAS lu le livre ! Eh ouais ! J’balance !
Mais avant de jeter la pierre, figurez-vous que Philip K. Dick a adoré le film ! Selon lui, les deux sont complémentaires ! Je pense donc pouvoir affirmer que les deux sont indissociables. Comme quoi, toutes les adaptations de roman au cinéma ne sont pas nulles, n’est-ce pas ?

Et petit bonus, en l’honneur de la nouvelle version cinématographique à paraître, en voici le trailer !

(1)Pardon ? C’était il y a 25 ans ? Oui bon ! À l’époque où l’histoire a été écrite c’était le futur.
(2)Ce qui sera possible 1992, j’en suis sûr !
(3)Il peut sur ce point être rapproché d’une autre œuvre, Demain les Chiens (City en anglais), de Clifford D. Simak, qui se définit, lui, comme un roman philosophique.
(4)Blader Runner, 1982, Ridley Scott. Merveilleuse interprétation de la part de Harrison Ford et Rutger Hauer

Prendre de la hauteur, nager dans les étoiles

Pour ce #VendrediLecture, j’ai envie de vous emmener nager dans les étoiles. Après tout, n’est-ce pas ce à quoi nous aspirons tous et toutes naturellement après un débat politique lourd et le lendemain de May The Fourth Be With You ?

« Elle observe le matériel apporté par les ethnographes. Sa langue n’a aucun moyen naturel de désigner une caméra, un micro, un enregistreur numérique : elle a été exilée de ce monde et elle n’est donc plus de ce monde. Elle pourrait trouver des formules pour tous les objets, mais à quoi bon ? Elle aurait beau déployer des trésors d’invention, sa langue n’a pas le pouvoir de s’approprier une idée. Dans les années à venir, ils diront que sa locution « nagueuse dans les étoiles » signifie « astronaute ». Mais ils ne diront jamais qu' »astronaute » signifie « nageuse dans les étoiles ». »

Nager dans les étoiles, Kanishk Tharoor

Nager dans les étoilesSwimmer among the Stars, de Kanishk Tharoor
Nager dans les étoiles, traduit par Francis Kerline
Editions du Seuil, avril 2017

C’est un recueil de treize nouvelles écrites à l’origine pour différents magazines et périodiques. Ce sont des histoires qui se déroulent à différentes époques, dans différents lieux. Je ne pourrais guère mieux vous la présenter que comme ceci :

Quatrième de couverture

Deux ethnologues partis recueillir les mots et gestes de la dernière femme parlant une langue vouée à s’éteindre avec elle. Des diplomates de l’ONU réfugiés dans une station orbitale qui assistent, impuissants, à la disparition de notre planète sous les flots. La rencontre d’Alexandre le Grand et d’une baleine morte au fond des mers. Un éléphant mélancolique, vaincu par l’amour et par les caprices d’une princesse …

En treize histoires enchanteresses, traversant les siècles et les continents, Kanishk Tharoor invente mille et une nouvelles nuits, à la croisée du conte persan, de la fable moraliste et du surréalisme. Héritier cosmopolite de Borges et de Rushdie, Tharoor s’inscrit dans la grande tradition des poètes de l’imagination. D’une plume ciselée, trempée à l’encre de l’émerveillement et d’une ironie douce-amère, il nous fait découvrir le monde et les hommes comme nous ne les avions jamais vus, entre récit de nos triomphes et peinture de nos vanités.

Des contes modernes, intelligents et poétiques

C’est l’œuvre d’un brillant journaliste cosmopolite Kanishk Tharoor, héritier d’une famille connue pour son maniement des mots (que vous connaissez peut-être si vous avez lu Le roman Indien ou encore Show Buisness). Il ne s’agit pas de raconter de simple histoires mais de faire resurgir un sentiment ancien.

Peu importe le lieu, peu importe le temps, il rend ses histoires universelles. Les thématiques sont variées et pourtant elles nous renvoient toujours à la fragilité de l’Homme. Nous assistons à une discussion sur skype dans « Le portait au feu de charbon« , nous prenons notes des derniers mots d’une langue oubliée dans la nouvelle éponyme, nous partons à la conquête de l’Antarctique avec « Brise Glace« , etc …
Les époques ne sont pas toujours précisées et ce qui rend ces contes encore plus universels, c’est que les protagonistes portent rarement de nom. Mais après tout, comme dirait un certain William S. « Qu’y a t-il dans un nom ? Ce que nous appelons rose, par n’importe quel autre nom sentirait aussi bon ».

Il n’y a pas vraiment de moral à ces contes. Ils sont juste un reflet de nos sociétés. En creusant un peu plus, en affinant certaines histoires, l’auteur aurait pu nous livrer de véritable contes philosophiques. Je pense notamment à la nouvelle « Les miroirs d’Iskandar« , inspirée du roman d’Alexandre le Grand. Iskendar est en compétition avec des chinois pour réaliser une magnifique œuvre d’art. A l’abri dans une grotte, Iskendar a l’idée de réaliser une peinture sur le thème des rois et des richesses. Les chinois l’ont copié ! Où plutôt, ils ont tellement bien polie le coin de leur grotte, que la peinture d’Iskandar s’y reflétait. Je ne sais pas si c’est le fait que ça se passe dans une grotte mais ça pourrait être une histoire platonicienne ou une histoire courte de l’écrivain argentin Jorge Luis Borges !

C’est un petit bijou de poésie, un ouvrage atypique, moderne et intense. Il en dégage une chaleur inouïe, touchante qui vous donnera le sourire pour la journée entière. Que vous le vouliez ou non, vous serez touchés par l’élégance de ces mots. C’est un vrai coup de cœur que je vous conseille de lire et de relire !

En guise de conclusion ou de bonus, parce que ce livre m’y fait penser, je vais vous présenter un poème d’Adrienne Rich écrit en l’honneur de l’astronome Caroline Hershel (et ça ne m’étonnerait pas qu’il rende aussi hommage à une autre astronome Jocelyn Bell, qui a découvert le premier Pulsar). Le voici :


 

Levez le menton, portez haut votre imagination et vous serez prêt(e)s à nager dans les étoiles !

A vendredi prochain pour une nouvelle lecture !