A distant View of Everything

Pour ce #VendrediLecture, on s’offre une virée à Edinburgh/Edimbourg!

DSC04481Le club des philosophes amateurs : Un peu de recul chère Isabel !
A Distant View of Everything, An Isabel Dalhousie Novel
D’alexander McCall Smith
Traduit par Denyse Beaulieu
Editions anglophone : Abacus
Editions française : JC Lattès

Présentation by La Fnac   (les 4èmes de couv’ étaient vraiment mauvaises) :

« Isabel et son mari Jamie sont comblés par la naissance de leur deuxième enfant. Mais Charlie, qui n’a pas encore quatre ans, ne raffole pas de son  petit frère. Pire, il fait comme si Magnus n’existait pas. Isabel doit trouver le moyen d’inculquer à son fils aîné la patience et la compréhension qui l’ont guidée dans sa propre vie.
Ce sont précisément ces qualités qui ont poussé Bea Shandon, une vieille copine de lycée d’Isabel, à lui demander de l’aider à résoudre une situation délicate. Lors de son dernier dîner Bea, qui adore jouer les marieuses, a présenté une amie fortunée à un chirurgien plastique. Lorsqu’on révèle à Bea certaines informations troublantes sur ce dernier, elle craint d’avoir commis une erreur en orchestrant cette rencontre. Isabel accepte de se renseigner. Mais lorsque son enquête prend un tour inattendu, elle commence à se demander sur qui, au juste, elle devrait enquêter.« 

DSC04482
La V.O. est vachement plus chouette  (plus légère et plus jolie)

Il s’agit de l’avant dernier épisode de la série du club des philosophes amateurs d’Alexander McCall Smith. Personnellement, je trouve que son titre français a quelque chose de puant qui fait penser à de la misogynie, à cette tendance datant du XIXème qui colle le mot hystérie sur la face des femmes.  C’est certainement une maladresse involontaire mais ça peut clairement rebuter la lecture de ce livre. Le titre V.O. a quelque chose de plus scientifique, quelque chose qui rappel un peu The Theory of Everything: The Origin of Fate and The Universe de Stephen Hawking. Plus en accord avec le thème de ce livre, où au final on parle un peu de tout, comme vous le verrez.

« La bouffe d’abord, la morale ensuite ! »
Bertold Brecht.

Si vous ouvrez ce livre, rangé dans le rayon Policiers de votre librairie/bibliothèque, vous tomberez sur un cosy cosy cosy cosy mystery. Le mystère au cœur de cette enquête menée par Isabel Dalhousie est aussi peu signifiant qu’une enquête menée dans la vraie vie par un enquêteur classique. Il est rarement question de meurtre dans la vraie vie mais plus d’adultères et de petites escroquerie. L’enquête ici tient en une vingtaine de pages dans la versions française (encore moins en V.O., il faut dire que la police de caractère est un chouilla plus petite). Une enquête qui vous laissera pentoit.

Mais que ce passe-t-il dans le reste du roman ?

Le reste du roman est un bain chaud, délicieux, chaleureux et bien souvent on s’y endort. Et puis vous tiquez quand la mousse vient vous piquer les naseaux.

Vous entrerez ainsi dans les pensées d’Isabel, une philosophe fortunée, qui dirige une revue scientifique universitaire, travaille gratuitement pour sa nièce dans une épicerie. C’est une femme sympathique avec une vie intérieure très prenante. Elle rêve, réfléchit à des tas de sujets passionnants comme les citations d’hommes célèbres, l’Enéide, la construction d’une cathédrale en carton en Nouvelle Zélande, la latitude, la jalousie, l’étique du sommeil, les magnets de frigo, le couple, les noms donnés aux enfants, les écologistes extrémistes, le harcèlement, le concept confidentialité et son caractère intangible, l’homosexualité, les idées préconçues, les ragots, les olives, la synesthésie ou encore faut-il ou non nourrir un animal sauvage qui squatte son jardin ? (et je vous en passe des meilleures).

DSC04473
Hmmm … Pertinent, pertinent !

Alexander McCall Smith est un conteur plein de charme, on ne peut le nier. En le lisant, on trouve des pensées très actuelles comme l’absurdité de l’injonction à la masculinité (Boys gonna be Boys) et le mal-être qu’elle génère au sein de toute l’humanité. Et à côté, on lit des trucs absurdes comme une nana qui vient d’accoucher de son deuxième enfant sans souci, donc une femme de moins de 40 ans, qui n’a jamais fait de selfie (c’est un truc qu’on ne connait pas dans sa génération), qui a le sentiment d’avoir pleinement vécu les années 60 et qui est surprise que des gens aillent de nos jours sur des sites de rencontres (et je ne parle même pas de Tinder). On tique, ça démange comme la mousse de notre bain quand on s’endort. Bref, c’est à ce moment là qu’on se réveille et qu’on se dit … hmm, c’est vrai qu’il est plus très jeune ce McCall Smith.

bagpipes-2780591_640

C’est un livre pas très intéressant mais bien écrit et plutôt touchant. Durant sa lecture, vous aurez pleins d’anecdotes et de faits à raconter à votre entourage. C’est un petit livre qui rend bavard. Vous n’avez pas besoin d’avoir lu la série par son commencement pour la suivre mais si vous prenez un de ces romans au hasard, vous risquez d’être déçu. Si vous cherchez un cosy mystery avec une enquête intéressante façon Agatha Raisin, le premier tome est plus adapté (il est question d’un meurtre, parait-il). Si vous êtes plus branché cosy, philosophie, bavardage et bain chaud (ce qui arrive souvent lorsque l’on vient de terminer un thriller perturbant), ce livre est fait pour vous.

Je vous le conseil en V.O., il est plus léger, plus marrant, plus touchant. Vous aurez moins le sentiment d’avoir coupé un cheveu de Kant en quatre.

En attendant, je vous laisse avec la citation la plus chou de ce livre :

« Charlie s’affairait avec l’une de ses petites voitures, qu’il avait trouvé sous la table. C’était une voiture de police Citroën Type H avec de minuscules portières qui s’ouvraient. Elle s’était écrasée contre un pied de table lors d’une poursuite automobile. A quelques centimètres de là, renversée sur le côté, gisait la Mercedes rouge cabossée que des desperados lilliputiens avaient empruntés pour fuir. Ce drame miniature s’était soldé par la victoire des forces de l’ordre, reflétée par les larges sourires peints sur les figurines en métal des policiers. Dans le monde des petites voitures, ils gagnaient toujours. »
Un peu de recul chère Isabel !, Alexander McCall Smith

Et je vous dit à Vendredi prochain pour une nouvelle aventure !

Si vous aussi vous avez un chat serial lecteur, rejoignez notre TEAM Blog à Chat !
Pour plus d’informations > Cliquez ICI<

Love is a Soufflé

Il y a certains livres qui sont aussi délicieux que des bonbons acidulés ou la femme d’un premier ministre australien. Oups, je me suis perdue dans la traduction !
Mais à dire vrai, ça tombe bien. Pour ce #VendrediLecture on part en Toscane en compagnie d’un écossais haut en couleur dans un roman en V.O. anglais :

My Italian Bulldozer

My Italian Bulldozer,
de Alexander McCall Smith
aux Editions : Abacus (2017)

4ème de couverture :

« When writer Paul Stewart heads to the idyllic Italian town of Montalcino to finish his already late book, it seems like the perfect escape from stressful city life. Upon landing, however, things quickly take a turn for the worse when he discovers his hired car is nowhere to be found. With no record of any reservation and no other cars available it looks like Paul is stuck at the airport. That is, until an enterprising stranger offers him an unexpected alternative. While there may be no cars available there is something else on offer: a bulldozer.

With little choice in the matter, Paul accepts and so begins a series of laugh out loud adventures through the Italian countryside, following in the wake of Paul and his Italian Bulldozer. A story of unexpected circumstance and lesson in making the best of what you have, My Italian Bulldozer is a warm holiday read guaranteed to put a smile on your face. »

Pour celles et ceux pour qui tout ceci est du chinois ou bien qui ont la flemme mais qui sont malgré tout curieux de savoir ce qui se cache derrière ce petit livre jaune, voici une traduction de la 4ème de couverture :

L’écrivain Paul Stewart se rend dans la ville italienne idyllique de Montalcino pour terminer son livre déjà en retard et fuir l’ambiance stressante de la ville (et accessoirement son ex). À l’atterrissage, cependant, les choses tournent vite au pire quand il découvre que sa voiture de location est introuvable. Sans aucune trace de réservation et aucune autre voiture disponible, on dirait que Paul est coincé à l’aéroport. C’est alors qu’une étrange proposition lui est faite. Bien qu’il n’y ait pas de voitures disponibles à la location, il y a autre chose: un bulldozer.

Paul accepte de louer ce véhicule et c’est ainsi que commence une série d’aventures à rire à travers la campagne italienne. Une histoire inattendue et une leçon pour tirer le meilleur parti de ce que vous avez, Mon bulldozer italien est une lecture de vacances chaleureuse qui vous donnera le sourire.

C’est un roman doux, intelligent, plein d’humour qui vous fera vivre une aventure incroyable. Vous ferez la rencontre de personnages attachants, décalés et parfois un peu roublards. ce qui est sûr, c’est que vous ne regarderez plus jamais les personnes s’appelant Occhidilupo comme avant !

Si vous aimez l’humour écossais (c’est un peu comme l’humour anglais mais si vous leur faites remarquer ils vous diront que c’est totalement différent), le théâtre de boulevard ou la Comedia del arte, ce livre est fait pour vous !

Entre comédie romantique et conte philosophique 

Paul, notre écrivain culinaire, blessé dans son cœur et dans son orgueil part comme tant d’écrivains par le passé en Italie à la recherche de ce qu’il est, de ce qu’il aime et de ce qu’il veut vraiment vraiment (un peu comme une spice girl qui voudrait plus qu’ un zig a zig ah). Alors, il apprendra à faire contre mauvaise fortune bon cœur, à prendre de la hauteur du haut de son bulldozer pour trouver la beauté partout où elle est.

“Sometimes the things that are most important to you are right under your nose and you just don’t notice them. Then the scales fall from your eyes when you are away from home, in a small hill town in Tuscany, for example, where unusual and extraordinary things happen. And then you realise how rich life is, and how precious”
My Italian Bulldozer, de Alexander McCall Smith

C’est une lecture merveilleuse, heureuse qui vous emmènera en vacances. Je suis complètement tombée sous le charme de Alexander McCall Smith, malgré son physique de 4ème de couverture d’éditions PUF (avant qu’elles ne soient toutes vertes). Il a l’art et la manière d’écrire des livres qui vous font vous sentir bien. Le niveau d’anglais est facilement accessible, même si vous avez fait une LV1 finnois.

Si je devais comparer l’ambiance de ce livre à un film, je dirais qu’il a quelque chose de Vacances à la grecque de Donald Petrie avec Nia Vardalos et Richard Dreyfussou ou du Mytho- Just go with It de Dennis Dugan avec Adam Sandler et Jennifer Aniston.

Bref, je ne peux que vous conseiller cet amusant petit livre jaune.

A vendredi prochain pour une nouvelle aventure !

teapot-2953320_640