L’ombre d’Emily

A l’occasion de la sortie du film L’ombre d’Emily (A simple Favor) de Paul Feig avec Blake Lively, Anna Kendrick et Henry Golding, je vous propose de replonger dans le roman derrière le film, paru une première fois sous le nom La disparition et désormais comme :

DSC04668L’ombre d’Emilie
de Darcey Bell
traduit de l’anglais par Claire Desserrey
Editions Pocket

4ème de couverture :

« Elle est votre meilleure amie. Elle connaît tous vos secrets. Et c’est ce qui la rend si dangereuse.
Tout oppose en apparence Stephanie, une jeune veuve sans emploi qui partage son temps entre son fils Miles et la rédaction de son « blog de maman », et Emily, une femme d’affaires sophistiquée et mariée. Elles s’entendent pourtant à merveille et ont noué, dans leur petite ville du Connecticut, une amitié aussi forte que celle qui lie leurs deux garçons de cinq ans.
Lorsque Emily demande à Stephanie de récupérer son fils Nicky à la sortie de l’école, celle-ci accepte tout naturellement. Les jours passent et Emily ne revient pas.
Suicide ? Meurtre ? Peu à peu, le vernis des apparences se craquelle et les masques tombent : tout doit disparaître … « 

C’est un livre que vous allez adorer ou détester, le lire avec avidité ou avec un ennui profond. Du moins, c’est ce que je déduis des commentaires lu sur Goodreads.
Le point de vue que vous allez lire est celui de quelqu’un du premier groupe. J’ai lu ce roman avec avidité comme si ma vie en dépendait. Je l’ai trouvé amusant, bourré de références cinématographiques, barré et plutôt culotté.

Comme nous l’avons appris dans de multiples séries américaines, les banlieues chics de New York cachent de sombres et noirs secrets. Aucun des protagonistes de ce roman n’échappe à cette règle.

Vous ferez la rencontre à travers les pages de ce livre d’une jeune veuve, Stéphanie et de son fils. Elle consacre toute sa vie à être une maman qui tient un blog de maman, ou plutôt un journal intime en ligne dans lequel elle ressort toutes les injonctions des magazines féminins. C’est une jeune femme influençable, seule qui n’aspire qu’à une chose être la mère parfaite. Son fils s’est lié d’amitié avec Nicky, le fils de Sean, un homme d’affaire et d’Emily, femme d’affaire dans le monde de la mode avec un magnétisme démentiel, pure icône des films noirs (la description physique de ce personnage colle parfaitement à Blake Lively). Je sens que déjà des scenarii se forment dans votre tête et que vous cherchez déjà quels monstres se cachent dans leurs placards. Mais je ne vous dirais rien … vous en devinerez la plupart durant votre lecture avant même qu’ils ne soient écrit noir sur blanc. Mais rassurez vous, ils ne sont que le sel ou le caramel sur vos pop corns. Parce qu’au final, ce qui rend ce roman passionnant, ce n’est pas tant ces mensonges que cette succession improbable d’événements, dont une fois encore, je ne vous dirais rien !

Vous suivrez le mystère de la disparition d’Emily grâce essentiellement au blog de Stéphanie, une nouvelle amie curieusement prête à soulever des montagnes pour la retrouver, mais vous découvrirez également les pensées des 3 protagonistes principaux.  Vous évoluerez dans une ambiance qui vous rappellera les films noirs français et américains des années 40-60, avec cette même malice et cette dose d’humour noir qu’il y chez Cluzot ou chez Hitchcock. Ce roman est parsemé de réflexions satiriques sur des sujets que vous apprécierez certainement comme la blogosphère, le monde de la mode, les banlieues chics américaines ou le monde merveilleux des assurances … Vous ne trouverez pas de héros dans ce roman, seulement des êtres humains, qui sont par définition faillibles.

Mini Alerte Spoiler le temps d’un paragraphe.

De ce que j’ai pu lire sur Goodreads, ceux qui ont détesté le roman l’ont détesté parce qu’ils ont trouvé que les personnages ne sont pas assez aimables. Personnellement je trouve cette idée injuste envers Sean, qui n’est pas quelqu’un de mauvais. Il peut faire de mauvais choix, mais il a bon fond. Et puis les enfants sont adorables dans ce roman. Personne n’est foncièrement mauvais dans ce roman à par peut-être Stéphanie et encore. Oui, quoi ? On proteste ? Et Emily dans tout ça ?
Oui, bah désolée mais entre Emily et Stéphanie, il y en a une des deux, devinez qui, qui m’a franchement tapé sur les nerfs. Je sais, Stéphanie est une perle avec les enfants. Or c’est difficile de trouver une bonne nounou, quand on en trouve une, on la garde (même si une part de sa personnalité est un poil creepy ?).

Fin de l’Alerte Spoiler

C’est une lecture plaisante, divertissante, dévorante ! L’écriture est fraîche et dynamique. J’ai passé un très bon moment de lecture et je meurs d’envie de voir le film !

Je vous laisse avec la Bande-Annonce du film :

N’hésitez pas à nous partager votre avis si vous avez déjà eu l’occasion de voir le film ou de lire le livre !

En attendant, je vous dis à Vendredi Prochain pour de nouvelles aventures !

P.S. : Bisous aux Mamans blogueuses/Lifestyle sympas qui n’ont rien à voir avec Stéphanie !
P.P.S. : Je n’ai rien contre les graines de chia, la preuve, j’en ai jamais mangé !

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Les Feller

Vous avez adoré la famille Furniker dans Mon beau-père, mes parents et moi ?
Vous avez apprécié la série Girls de Lena Dunham ?
Vous avez grandi avec Une nounou d’Enfer ?
Vous appartenez à une famille de dingues et vous hésitez à écrire un roman sur eux ?
Vous cherchez un roman qui mélange un peu tous ces univers ?
Ne cherchez plus ! Notre #VendrediLecture va vous conduire tout droit vers la famille la plus fêlée(1) des Etats-Unis :

Les Feller
Nuclear Family : a tragicomic novels in letters
de Susanna Fogel
traduit de l’anglais par Madeleine Nasalik
Editions HarperCollins (2018)

4ème de couverture :

« Vous pensez que votre famille est cinglée ? Bonne nouvelle : vous n’êtes pas seul(e).

Une mère juive envahissante ;
Un père narcissique qui adore faire sentir sa supériorité intellectuelle à son prochain ;
Une sœur délurée au langage SMS ;
Une grand-mère hilarante et jamais à courts de ragots
Une belle-mère chinoise qui ne se prive pas pour donner des conseils pour attirer les hommes…
Les Fellers forment une famille attachante, braillarde, déjantée et absolument imparfaite. Par le biais de lettres joyeuses, intrusives et toujours drôles, ils ne vont cesser de s’immiscer dans la vie de Julie, jeune femme des temps modernes et aspirante écrivain, exact pendant de Lena Dunham dans Girls. »

Il est possible que comme moi, vous ayez un certain problème avec les romans épistolaires. Pour moi, ça remonte à mon adolescence et à ma découverte de Dracula de Bram Stocker. J’avais gardé pour le genre une certaine aversion, une certaine idée de l’ennui, une certaine contemplation de la vacuité de l’existence. J’étais ado et je m’attendais à quelque chose d’au moins aussi cool que les films. Trop jeune, trop d’attentes … peut-être qu’un jour je retenterai le coup. Ou peut-être jamais.

Et puis je suis tombée sur cette couverture géniale qui m’a tout de suite interpellé. J’ai feuilleté, je me suis dit : « j’y vais, j’y vais pas ? »
Bref … à notre deuxième rencontre, je l’ai pris. Sans grande conviction.

Et au final, je me retrouve à vous parler d’un gros coup de coeur !

Vous suivez l’évolution d’une famille nucléaire de la fin de l’enfance de Julie dans les années 1990, l’aînée de la famille jusqu’à ses 35-36 ans. Pourtant vous ne rencontrerez jamais Julie. Le roman est constitué de toutes les lettres, mails, textos, notes, qu’elle a pu recevoir durant cette période de sa vie de tous les membres de sa famille : soeur, oncle, parents, cousin, belle-mère, hamster, grand-mère, simulateur de ski, membres défunts de sa famille, stérilet, etc …

C’est un roman choral remplis de personnalités drôles, curieuses, flamboyantes, que nous avons parfois même croisé dans nos propres familles au sens large. Il est constitué de moments de vie vraiment bien présenté et aborde des sujets multiples avec bienveillance et humour : le divorce des parents, les premiers émois, la pression de la société pour procréer ou pour avoir accomplis une liste de choses avant tel âge, l’université, comment faire son coming out dans sa famille, la découverte des nouvelles technologies par nos aînés, et j’en passe …

« Mamie Rose ne supporte plus sa copine qui déballe sa vie sexuelle

Julie – ta mère est passée dîner hier soir. […]
Ta mère vient dîner très souvent. Elle ne veut pas que je me sente seule, c’est m’explication qu’elle me donne, mais personne n’est dupe. L’avantage de ses visites, c’est que je ne suis pas obligée de manger à la même table que Maureen. Maureen me rabat toujours les oreilles avec la même histoire. La fois où, en entrant dans la salle de bains elle est tombée sur Walter qui se changeait après le yoga. et ils ont joué à la bête à deux dos. La belle affaire. Elle enlèverait son dentier pour le premier venu, celle là.  »
Les Feller, Susanna Fogel

On découvre les choix de vie de Julie aux travers les lettres de ses proches, ses sentiments, sa personnalité et progressivement on se prend au jeu de ces lettres et on finit par répondre aux lettres dans notre tête à la place de Julie, à parier sur ses choix à venir.

J’ai trouvé ce roman brillant et original par le fond et la forme. Il est bourré d’humour. Ma lettre préférée, c’est celle du Hamster Rocket Feller mort trop tôt lors des Jeux Olympiques organisés par Julie. Je trouve que l’auteur a tellement bien restitué la personnalité de cet Hamster ! J’ai cru voir le mien, qui est toujours vivant, soit dit en passant !

Pour conclure, je vous dirais que c’est un roman épistolaire sincère, drôle et abouti que vous pouvez lire d’une traite ou de temps en temps pour faire une coupure. C’est une lecture rafraîchissante qui vous laisse le sentiment d’avoir binge-watché une série vraiment sympa sur Netflix !

A vendredi prochain pour une nouvelle aventure !

(1) C’était trop tentant … Vous en auriez fait tout autant à ma place, ne dites pas le contraire !

Mercredi, on joue (10)

Pour ce Mercredi, on joue, je vous propose de jouer avec non pas des pions ou des dés mais avec un roman !

Ne vous arrachez pas les cheveux et rassurez vous, je ne confonds pas notre Rendez-vous Mercredi, on joue avec le #VendrediLecture !

40747184Orgueil et Destinées,
de Kitty Curran et Larissa Zageris
Aux éditions : Albin Michel (2018)

4ème de couverture :

« Vous incarnez une jeune londonienne de 28 ans dans la haute société anglaise du dix-neuvième siècle. Vos parents sont morts vous laissant sans le sou, sous la coupe d’une vieille tante acariâtre. La saison des bals vient de débuter et le champ des possibles s’ouvre devant vous.

Choississez-vous d’explorer l’Égypte en compagnie de lady Evangeline Youngblood, d’arpenter la lande écossaise avec le Capitaine Angus MAcTaggart, de trembler dans le manoir gothique de lord Garraway Craven ou de passer du bon temps à Londres avec sir Benedict Granville ?

Amours perdus (et retrouvés), loups-garous, scènes torrides et duels à l’épée vous attendent, mais ^peut-être aussi, qui sait, le grand amour ?

L’avenir vous appartient, alors à vous de jouer !« 

Avec Orgueil et Destinées, on retrouve quelque chose que j’avais adoré à la pré-adolescence : Ces livres dont vous êtes le héros !
Pour ceux et celles qui ne connaissent pas le concept, ce sont des romans interactifs qui vous invitent à faire des choix qui auront des conséquences diverses. A vous de choisir si vous êtes un superhéros, un super vilain, un chaman, une princesse, un meunier, etc…
Bref, ces livres ont amené certain(e)s d’entre nous vers l’univers du jeu de rôle papier, passer d’un plaisir solitaire à une table de pleine de gens jouant à Donjons & Dragons !

Dans Orgueil et Destinées, vous vous retrouvez dans les jupons d’une dame de compagnie de 28 ans qui gravite dans la haute société anglaise du XIXème siècle dont la vie va changer après avoir rencontré … l’homme ou la femme de sa vie, une destinée d’aventurière, une nouvelle carrière, la syphilis … A vous de faire vos choix !

C’est une romance pleine de rebondissements, qui, de plus, n’est pas simplement hétéro-normée (ce qui est suffisamment rare pour être notée). Vous trouverez une approche fraîche, marrante et étonnante du livre dont vous êtes le héros !
Et comme le titre vous l’indique, il y a de gros clins d’oeil à la littérature romantique du XIXème siècle (Jane Austen, Emilie Brontë …). Vous trouverez des personnages qui vous feront penser aux héros d’Orgueil et Préjugés, de Raison et Sentiment, d’Emma, des Hauts du Hurlevents, Jane Eyre … Et j’en oublie. En même temps, tout dépend des choix que vous ferez.

Il ne s’agit pas de lire une romance mais de construire votre propre romance, entre choix cornéliens et fatalité. Car bien que les choix et les fins soient multiples, la fin de votre aventure a déjà été écrite !

Personnellement, je n’ai tenté que deux voies différentes parmi toutes celles qui sont proposées : découvrir le mystère derrière Sir Bennedict Granville, sosie de Mr Darcy et partir en Égypte avec Lady Evangeline !

Attention : Certaines parties de ce livre à tendances érotiques vous feront mourir de rire !

Si vous avez déjà lu un livre dont vous êtes le héros, n’hésitez pas à nous le dire en commentaire !
Et bien sûr, si vous avez déjà vécu une aventure avec Orgueil et Destinées, je serais curieuse de connaître votre destinée ! Etes vous allé(e) en Égypte, en Ecosse, à Londres ?

Je vous dit à Vendredi pour notre #VendrediLecture !

Colore le Monde

Des goûts et des couleurs, on ne discute pas. Ou peut être que si.
Notre #VendrediLecture est consacré aux couleurs avec :

Le petit Livre des Couleurs,
de Michel PASTOUREAU
et Dominique SIMONET
Editions : Points

4ème de couverture :

« Ce n’est pas un hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons verts de peur, bleus de colère ou blancs comme un linge. Les couleurs ne sont pas anodines. Elles véhiculent des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens cachés qui influencent notre environnement, nos comportements, notre langage, notre imaginaire. Les couleurs ont une histoire mouvementée qui raconte l’évolution des mentalités.
L’art, la peinture, la décoration, l’architecture, la publicité, nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures, tout est régi par ce code non écrit.
Apprenez à penser en couleurs et vous verrez la réalité autrement !« 

Si vous êtes comme nous, vous allez passer des heures à jouer avec le petit cadran de couleurs de la couverture et peut être rentrer dans une grande réflexion sur votre fascination pour faire tourner des objets ronds avec vos doigts. Mais n’est ce pas plutôt l’attrait des couleurs ?

Au bout de plusieurs heures ou de plusieurs jours, vous vous déciderez enfin à rejeter quelques minutes l’objet de vos désirs(1) pour découvrir le contenu de ce tout petit ouvrage(2).

Vous tomberez alors sur une conversation passionnante entre Dominique Simonet, romancier et essayiste, à l’âme de poète et ❤ Michel Pastoureau ❤ , historien médiéviste et peintre. Et vous découvrirez ceci :

« Les couleurs ne sont pas anodines, bien au contraire. Elles véhiculent des codes, des tabous, des préjugés auxquels nous obéissons sans le savoir, elles possèdent des sens variés qui influencent profondément notre environnement, notre langage, notre imaginaire.
Les couleurs ne sont pas immuables. Elles ont une histoire, mouvementée, qui remonte à la nuit des temps et qui a laissé des traces jusque dans notre vocabulaire : ce n’est pas par hasard si nous voyons rouge, rions jaune, devenons blanc comme un linge, verts de peur ou bleus de colère….
[…]
On verra ici comment la religion les a mises sous sa domination, comme elle l’a fait d’ailleurs pour l’amour et la vie privée. Comment la science s’en est-elle mêlée, débordant sur la philosophie – onde ou particule ? Comment la politique, aussi, s’en est emparée – les rouges et les bleus n’ont pas toujours été ceux que l’on connait. Et comment, aujourd’hui, nous sommes toujours lestés par cet étrange héritage. L’art, la peinture, la décoration, l’architecture, la publicité bien sûr, mais aussi nos produits de consommation, nos vêtements, nos voitures…. Tout ceci est régi par un code non écrit dont les couleurs ont le secret. »
Avant-propos de Dominique Simonet, Le petit livre des couleurs.

C’est un petit livre adorable, amusant, enjoué, poétique, pas prétentieux pour un sou, abordable dans tous les sens du terme et il vous en dira énormément sur vos goûts et vos choix en matière de couleurs.
De plus, il vous permettra d’argumenter si vous ne souhaitez pas vous marier en blanc ou être habillé en noir pour un deuil. Grâce à lui, vous comprendrez pourquoi la plupart des gens aujourd’hui adorent le bleu alors que les romains méprisaient cette couleur.
Enfin, dernier point positif, ce petit livre ne se limite pas aux conceptions des couleurs en Europe. Vous en saurez aussi d’avantage sur la vision des couleurs sur d’autres continents.cups-2792581_640

Que ce soit pour répondre à vos questions ou simplement pour passer le temps dans un univers coloré, je ne peux que vous conseiller ce petit livre des couleurs. Vous en apprendrez beaucoup sur l’univers qui vous entoure et sur vos propres goûts.

Et je vous dis à Vendredi prochain pour une nouvelle aventure !

En attendant, je vous laisse avec les Innocents(3) :

1-Ce n’est pas un adieu, juste un ciao à plus. Ce n’est pas toi, petit cadran, c’est moi …
Nan, ne me regardes pas comme ça, tu le sais très bien car c’était écrit dans les lignes de ta main … Comment ça tu n’as pas de main ? Et tu t’étonnes que je te quitte ?
2-Il est petit est mignon. Et puis cette semaine, c’était soit un petit livre documentaire sur les couleurs soit le manuel d’utilisation de ma nouvelle machine à coudre !
3-Et pour ne pas brusquer nos amis ardennais, je vous laisse aussi avec Les voyelles de Rimbaud :

 

A noirE blanc, I rougeU vertO bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,Golfes d’ombre ;

E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d’ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;

U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d’animaux, paix des rides
Que l’alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
– O l’Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! –

Là où naissent les Dieux

Il y a un genre qui est un poil sous représenté sur ce blog : la fantaisy !
Ce #VendrediLecture devrait combler cette absence !
Ensemble, nous allons plonger dans l’univers étrange d’un petit livre qui mérite d’être connu. Un petit livre découvert au hasard d’une recherche sur Amazon.
Aujourd’hui, nous allons :

là où naissent les dieuxLà où naissent les Dieux,
de Emilie Bérault
Vendu Ici par Amazon.

4ème de couverture :
« C’est un soir d’octobre comme les autres pour Sarah, une jeune femme sans histoires qui est loin de se douter que sa vie va basculer dans l’étrange. En tentant de secourir un inconnu, elle se retrouve bien malgré elle dépositaire d’un fardeau qui semble aiguiser toutes les convoitises.

Elle découvre soudain un monde dont elle ne soupçonnait pas l’existence, peuplé de dieux et de fées, de mages et de chevaliers. Pourchassée par l’implacable Veneur, elle se lance dans une quête qui la mènera des forêts de Bretagne aux mystérieux souterrains qui s’étendent sous Paris. Commence alors un périple semé d’embûches et de rencontres inattendues, où elle devra apprendre à reconnaître les amis des ennemis.

Car des choix qu’elle fera pourrait dépendre bien plus qu’elle ne l’imagine…« 

C’est un petit roman en auto-édition qui vaut le détour. Il est bien plus appétissant que ce que la 4ème de couverture ne laisse à penser.

L’histoire est dynamique et bien raconté. Il y a quelque chose dans l’atmosphère qui m’a fait penser à une mini-série très kitsch qui était souvent diffusée à Noël dans les années 2000 : Le 10ème royaume.
L’histoire d’une jeune femme de Manhattan et de son père qui un jour tombe accidentellement sur un chien/prince charmant poursuivi par des trolls. Afin de sauver cette jeune fille et son père de la menace des trolls, ils les emmènent avec lui à travers un miroir magique jusqu’au 10ème royaume.
Si vous voulez en savoir plus sur cette série, je vous invite à regarder cette petite vidéo du Goat Gang (désolée, je n’ai pas trouvé de teaser sympa) :

Seulement ici, l’univers kitsch et romantique du 10ème royaume est comme entré en collision avec les rêves cauchemardesques et merveilleux de Neil Gaiman.

Dans une fête foraine prêt de Bordeaux une jeune femme, Sarah  tombe accidentellement sur  un homme blessé, qui venait tout juste d’échapper à une course poursuite avec des loups garous. Par un baiser il lui transmet une clé/le fardeau. Et c’est ainsi que le destin de Sarah changea pour toujours dans un monde où tous les mythes et légendes occidentales se mélangent.

Avec Sarah, vous allez voyager dans l’Ouest de la France ainsi que sur Paris, vous lier d’amitié avec une ogresse, un magicien et un moine-soldat et danser à une fête donnée par Obéron lui-même.

Le récit est dynamique, intelligent et bien écrit. Il aurait fait un merveilleux scénario pour Netflix ! On ne s’ennuie pas une seconde.

Bref, c’est un roman qui mérite d’être connu !
Pour conclure, je dirais que si vous cherchez un roman fantastique à très petit budget en format numérique, allez-y !

A la semaine prochaine pour un nouveau #VendrediLecture !

 

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Soirée canap’

Je ne sais pas si c’est l’ambiance « cerisiers japonais en fleurs », qui me rend comme ça mais en ce moment je me sens midinette. C’est pour cette raison qu’en ce #VendrediLecture, je vous propose un petit livre du genre romantic suspence écrit par un drôle de duo.

Therapie-du-crimeThérapie du crime,
de Sophie JOMAIN et Maxime GILLIO
Éditions : Pygmalion

4ème de couverture :
‘ »Alice Rivière est une psychologue peu conventionnelle. L’incongruité, c’est son truc. Elle ne fait rien comme personne et c’est même la raison pour laquelle on vient la voir. D’ailleurs, si elle pouvait parler de ce qu’on lui confie lors de ces séances, elle aurait des centaines d’histoires à raconter. Mais la discrétion est une règle d’or. Une règle fortement ébranlée par la réapparition du commandant Xavier Capelle qui vient lui soutirer des informations sur un de ses patients. Encore faudrait-il qu’elle accepte de l’aider et qu’elle lui pardonne l’humiliation subie seize ans plus tôt. Et pour ça, il peut toujours courir… »

Vous sentez cette odeur de série de Tf1 ?

Non ? Je n’ai pas tiqué tout de suite personnellement… C’est le printemps, il fait beau et puis je suis sur une lecture commune avec Cro en ce moment, c’est L’homme Dé de Luke Rhinehart, une histoire de psy qui se fait chier comme un perso de Beigbeder. Bref, je me suis laissée avoir … et pourtant !

Rien que le nom de la psy correspond aux noms simples et basiques des personnages de série policière française. Et le modus operandi est bien évidement le même.
Vous retrouverez dans cette histoire : un duo d’enquêteurs que tout oppose, lui, est un flic franc-tireur qui sent l’eau de toilette Brut, elle, est une consultante sexologue aux méthodes peu orthodoxes qui porte des stilletto (oui, oui, le sosie de Megan Hunt dans Body of Proof), un tueur en série, de la corruption, un système administratif franç… peu coopératif (on ne va pas rajouter de l’eau au moulin du french bashing).

Bref, il n’y a rien d’original, aucun suspense (sauf si vous vivez sur une planète où il n’y a aucune série policière). C’est un roman qui est fait pour le petit écran et qui me donne envie de lancer les paris avec vous. Sera-il adapté en série ?

Ceci-dit …. Il y a quelque chose de chouette dans ce roman.
Certes il est dépourvu de suspense mais il a le mérite d’être bien écrit. Et si l’histoire policière pêche, la partie romance ne vous décevra pas. Et contrairement à Castle, Mentalist ou à Bones, vous n’attendrez pas le tome 5 pour savoir ce qui lie nos deux enquêteurs !

Il y a une belle alchimie entre nos deux auteurs. On imagine assez facilement le genre d’échange qu’il y a pu avoir entre eux pour créer ce petit roman. Non, je ne parle pas d’échange de fluides, bande de petits pervers ! #hormonesenfolie #c’estleprintemps
Ce roman ne manque pas d’humour. Entre les séances ludiques de notre psy et les conversations à bâton rompu qu’elle peut avoir avec son sexy Chicken, vous aurez très vite envie de faire fonctionner votre machine à pop corn !

Je vous conseille d’attendre sa sortie en poche pour un meilleur rapport qualité/prix. Même s’il ne casse pas trois patounes à une grand-mère lettone, il n’en est pas moins divertissant.

Sur ce je vous laisse avant de me faire étriper par mon chat #TeamBlogàChat

Et je vous dis à Vendredi prochain pour une nouvelle lecture
(qui n’aura plus rien d’une soirée canap’) !

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Oups ! J’ai épousé un espion russe !

Parlez ami et entrez découvrez un secret flippant sur votre mari.

Ça ne vous a jamais choqué, voire limite mis en colère, des gens qui osent dire « 10 ans marié(e) à la même personne, et on se rend compte qu’on a épousé un(e) inconnu(e) » ? Genre, t’as pas eu le temps en 10 ans de te renseigner un petit peu sur la personnalité de celui ou celle qui dort dans le même plumard que toi ?

Eh bien puisqu’on est d’accord, nous allons vous présenter la quintessence du « secret de couple qui un jour te pète au visage ». Le livre qui fera notre #VendrediLecture cette fois-ci parle de CIA, d’espions russes, d’agents dormants ! Rien que ça !(1)

Toute-la-verite.jpgToute la vérité,
de Karen CLEVELAND
traduit par Johan-Frédérik HEL-GUEDJ
Editions : Robert Laffont (2018)

4ème de couverture :

« Dix ans de mariage, quatre enfants. Elle pensait connaître son mari mieux que personne. Elle avait tort.
Malgré un travail passionnant qui l’empêche de passer du temps avec ses enfants et un prêt immobilier exorbitant, Vivian Miller est comblée par sa vie de famille : quelles que soient les difficultés, elle sait qu’elle peut toujours compter sur Matt, son mari, pour l’épauler.
En tant qu’analyste du contre-renseignement à la CIA, division Russie, Vivian a la lourde tâche de débusquer des agents dormants infiltrés sur le territoire américain. Un jour, elle tombe sur un dossier compromettant son époux. Toutes ses certitudes sont ébranlées, sa vie devient mensonge. Elle devra faire un choix impossible : défendre son pays… ou sa famille. »

Pour la curiosité, sachez que l’auteure de ce livre était elle-même une ancienne analyste de la CIA. Classe, n’est-ce pas ?

Alors pour commencer : tout le monde sait-il bien ce qu’est un agent dormant ? Sérieux ? J’étais donc le seul ? D’accord. Au risque de ne voir que des hochements de tête silencieux et des sourires polis, voici la définition sponsorisée par Wikipédia :

Dans le domaine du renseignement, un agent dormant, dit aussi « en sommeil », est un agent provisoirement et délibérément inactif. Cet état vise généralement à contrer les mesures de détection adverses (contre-espionnage).

Donc nous avons une analyste à la CIA qui a épousé à son insu un agent dormant russe. Seulement, en fouillant dans le contenu de l’ordinateur d’un agent russe présumé elle découvre dans un dossier nommé ami(2) en russe 5 photos dont une de son mari. Au lieu de balancer son mari avec qui elle a eu 4 enfants, elle décide de le confronter pour en avoir le cœur net. C’est ainsi qu’elle découvre son double jeu et qu’elle se met à analyser petit à petit tous les moments qui ont marqué sa vie à deux, toutes ces décisions qu’elle n’aurait jamais prises sans lui.

C’est un livre qui contient une bonne dose de suspense, qui vous rendra un poil parano. Cependant, sur ces 288 pages, il y en a une bonne centaine consacrée aux états d’âmes de Viviane, l’épouse, que je qualifierais de lourdes, guimauve, redondantes, lourdes, guimauves, redondantes …

C’est un peu dommage.

J’en garderai l’impression d’un soufflé au fromage raté, quelque chose dans lequel on a mis beaucoup d’espoir, qui devait être vraiment pas mal … mais en fait, nan. Mais bon, ça se mange quand même !

En tout cas si la thématique vous intéresse, je ne saurais que vous conseiller de jeter un œil sur deux séries :

The Americans : où l’on suit une famille d’agents dormants russes qui mènent une vie de famille plutôt plan-plan dans les États-Unis des années 1980. Ils sympathisent avec leur gentil voisin, agent du FBI et sa femme. C’est une série créé par un ancien agent de la CIA.
et
Homeland où on suit les aventures d’une analyste du FBI à la fois forte et dangereusement fragile, qui tombe amoureuse du mauvais garçon.

Et si vous cherchez à savoir désormais si votre voisin est un agent dormant, nous n’y sommes pour rien !
Allez, je vous laisse psychoter et
je vous dis à Vendredi prochain pour une nouvelle lecture !

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(1)J’ai longtemps réfléchi à une intro sur l’air de « sur l’espion d’Avignon », mais mes rimes sont plus pauvres que celles de Soprano. Et en plus, l’intrigue n’a pas lieu à Avignon.
(2)D’où la première phrase de ce billet ! J’vous ai tellement manipulés comme un agent dormant russe !

Source Image à la une

La servante écarlate

Bienvenue dans ce #VendrediLecture sous le signe du Castor,
Ou comment une vanne digne des années 80 me donne l’opportunité de vous parler d’un roman d’anticipation écrit en 1984 sur lequel plane l’ombre de notre Castor national, Simone de Beauvoir.

« N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »
Citation de Simone de Beauvoir, lue dans Cosmopolitan

C’est un des livres les plus commentés sur la blogosphère, un livre régulièrement adapté pour le cinéma ou pour la télévision et distribué dans tous les coins de Paris par une certaine Emma W..
Aujourd’hui, nous allons parler de … :

DSC_0593La servante écarlate,
The Handmaid’s Tale,
de Margaret Atwood,
Taduit par Sylviane Rué
Éditions Robert Laffont 2017

4ème de couverture :
« Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred,  » servante écarlate  » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. Paru pour la première fois en 1985, La Servante écarlate s’est vendu à des millions d’exemplaires à travers le monde. Devenu un classique de la littérature anglophone, ce roman, qui n’est pas sans évoquer le 1984 de George Orwell, décrit un quotidien glaçant qui n’a jamais semblé aussi proche, nous rappelant combien fragiles sont nos libertés. La série adaptée de ce chef-d’oeuvre de Margaret Atwood, avec Elisabeth Moss dans le rôle principal, a été unanimement saluée par la critique.

 » Les meilleurs récits dystopiques sont universels et intemporels. Écrit il y a plus de trente ans, La Servante écarlate éclaire d’une lumière terrifiante l’Amérique contemporaine.  » Télérama«  »

Lire ce roman est une épreuve, surtout si vous devez évoluer dans un milieu professionnel où le sexisme est parfaitement banalisé, recommandé et justifié. C’est pourquoi je ne l’ai pas lu d’une traite.

Il y a peu de chance pour que vous aimiez ce roman. Pourtant l’écriture est belle, fluide, simple et emprunte d’une certaine légèreté. Et il est nécessaire.
Télérama nous dit qu’il nous éclaire sur l’Amérique contemporaine. Après tout, il y est question de mur, de puritanisme, de sectes, de suppression des droits des femmes en particulier de celui de disposer de son propre corps, de politiques racistes et homophobes, de désastres écologiques entrainant des mutations génétiques, de déportation, etc …
Mais Télérama, nous ne sommes pas à l’abri et nous possédons les exactement mêmes failles.

« Je m’étais fixé une règle: je n’inclurais rien que l’humanité n’ait pas déjà fait ailleurs ou à une autre époque, ou pour lequel la technologie n’existerait pas déjà. Je ne voulais pas me voir accusée de sombres inventions tordues, ou d’exagérer l’aptitude humaine à se comporter de façon déplorable. »
Margaret Atwood dans la Postface de la Servante écarlate.

Le climat de ce roman est oppressant et glacial. Il n’y a pas beaucoup d’actions. On y raconte comment une république démocratique a glissé progressivement vers un système totalitaire, Gilead.

« Rien ne change instantanément. Dans une baignoire qui se réchaufferait progressivement, on mourrait bouilli avant qu’on s’en rendre compte. Il y avait des histoires dans les journaux, bien sûr, de cadavres dans des fossés ou des forêts, matraqués à mort ou mutilés, violentés comme ils disaient, mais ils s’agissaient d’autres femmes et les hommes qui faisaient ces choses-là étaient d’autres hommes. Aucun ne faisait partie des hommes que nous connaissions. Les articles de journaux étaient pour nous comme des rêves, de mauvais rêves, rêvés par d’autres. »
La servante écarlate, Margaret Atwood

Gilead est une dictature puritaine, mise en place suite à une crise économique, politique, écologique et religieuse.

« C’était après la catastrophe, quand ils ont abattu le Président, mitraillé le Congrès et que les militaires ont déclaré l’état d’urgence. Ils ont rejeté la faute sur les fanatiques islamistes, à l’époque. […] C’est à ce moment-là qu’ils ont suspendu la Constitution. Ils disaient que ce serait temporaire. Il n’y a même pas eu d’émeutes dans la rue. »
La servante écarlate, Margaret Atwood

Elle est dominée par les hommes et la religion. Ceux et celles qui ne collent pas au système sont déportés ou exterminés.

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Source

Les femmes sont rééduquées et réparties en fonction de leur capacité à procréer et de leur capacité à porter allégeance au régime dans les catégories suivantes :
Les femmes des colonies, en robe grise : travaillent dans les champs de cotons ou dans les décharges toxiques.
Les Jezebels, en habits de théâtres dégarnis : vendent leur charme dans des hôtels des banlieues des villes, loin de la vue des autres femmes.
Les Marthas, en vert : réalisent les tâches ménagères.
Les épouses, en bleu : sont maîtresses de leur foyer.
Les servantes, en rouge : assurent la reproduction de l’espèce et prennent le nom de leur maître.
Les jeunes filles, en blancs : attendent l’âge de procréer pour se marier.
Les tantes, en marron : éduquent et veillent au respect des règles du régime.
Les éconofemmes, aux robes multicolores : ont épousé des hommes pauvres et doivent donc réaliser toutes les fonctions des autres femmes.

Les hommes, en tenues militaires ou para-militaires, peuvent être :
commandants de la foi : ont du pouvoir et beaucoup de personnel à la maison.
des Yeux : qui font ce que font des yeux, observer et balancer
des Anges : des soldats
des Gardiens de la foi : font la police au sein de Gilead.
Il leur est aussi permis d’exercer une activité comme chauffeur ou médecin.

Nous percevons de ce monde uniquement au travers des yeux d’une servante écarlate qui appartient à un certain Fred. Sa motivation première est de survivre. Alors comme la majorité des français pendant la seconde Guerre Mondiale, elle ne se rebelle pas, elle ne collabore pas. Elle survit et espère retrouver ceux de sa vie d’avant. Alors oui, ça crée un paradoxe. Elle est à la fois chiante et attachante.

Cette dystopie est bourrée de pistes de réflexions sur la mise en place d’un régime totalitaire. Ce livre ne concerne pas uniquement les femmes WASP, mais l’ensemble de l’humanité. Notre société a dans ses fondements les éléments qui peuvent mettre en place un tel système. Mais elle a aussi les éléments qui peuvent l’amener vers une société meilleure, comme celle qui étudie ce conte à la fin du livre.

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Je ne peux que vous conseiller sa lecture mais à tête reposée, sans a priori et en ayant conscience de la charge émotionnelle qu’il contient. Vous ne l’aimerez pas forcement, mais il vous transcendera et quand vous le finirez vous vous sentirez libéré de son poids, mais vous n’aurez aucun regret.

Remington Style

Pour ce #VendrediLecture, nous vous invitons à traîner dans la tête du meilleur serveur des GoldenGlobes, qui adore squatter les photos de mariage et qui a ses heures perdues est aussi un brillant acteur, réalisateur, producteur et écrivain. Voici le tout premier livre de Tom Hanks :

questions de caractèreQuestion de Caractères,
de Tom Hanks
Taduit par Charles Recoursé
Éditions : Le Seuil (2017)

4ème de couverture :

« Que se passe-t-il quand un jeune homme nonchalant tombe fou amoureux d’une femme hyperactive ? Quand deux hommes ayant débarqué ensemble sur les plages de Normandie se retrouvent trente ans plus tard, l’un comblé, l’autre brisé par la vie ? Quand un jeune acteur qui fait ses grands débuts au cinéma se retrouve perdu dans Paris en pleine tournée promotionnelle ? Quand quatre amis décident de construire leur propre fusée et de voyager jusqu’à la lune ? Que se passe-t-il quand l’un des plus célèbres acteurs hollywoodiens, collectionneur depuis sa plus tendre enfance de vieilles machines à écrire, décide de faire crépiter les touches de sa Remington pour coucher sur le papier toutes les histoires qu’il a dans la tête ?
En littérature comme au cinéma, tout est question de caractère… Tom Hanks révèle ici le sien : fantasque et virevoltant, généreux, enthousiaste et fraternel, animé par une foi contagieuse en l’humanité. Un écrivain est né. Tom Hanks est acteur. Questions de caractère est son premier livre. Tom Hanks, de son vrai nom Thomas Jeffrey Hanks, est né le 9 juillet 1956 à Concord en Californie. Réalisateur, producteur et surtout acteur de renommée mondiale (Forrest Gump, Philadelphia, Il faut sauver le soldat Ryan, Apollo 13, Seul au monde, Attrape-moi si tu peux, parmi tant d’autres), il est également collectionneur de vieilles machines à écrire depuis quarante ans. Questions de caractère est son premier livre. »

Nous commençons cette nouvelle année avec un recueil de nouvelles assez particulier, un livre qui témoigne de la rencontre d’un acteur et de plusieurs machine à écrire.

Voici donc 17 petites histoires bien écrites, avec un style recherché, nostalgique. Il y a quelque chose dans le style qui me fait penser aux grands auteurs américains des années 50, quelque chose de l’écriture dégoulinante de sueurs de Truman Capote et de la sensibilité d’Asimov, entre réalisme et science fiction. Entre chacune de ces nouvelles se glissent une photo d’une machine à écrire.

Ces histoires sont inégales. Certaines sont magiques, comme des scénarios de bons films, d’autres vous feront dire « C’est la vie/Shit happens ». Ce sont comme des tranches de vie que l’on filme, qui n’ont pas toujours droit à une conclusion. Des personnages rencontrent une tuile : une femme robot hyperactive, une planche de surf, un scandale, un voisin flippant, New-York et ses parapluies à 5$, le désir d’aller sur la lune … et ils continuent leurs bouts de chemin sans forcément affronter leurs problèmes.

Si vous êtes fans de Tom Hanks, bonne nouvelle : vous retrouverez ce qui a fait son succès dans ces films ! Ces personnages ont la même nonchalance, la même maladresse en matière de drague et le même humour que dans la plupart des rôles incarnés par Tom Hanks.

 

Alors voilà, nous sommes face à des histoires bien écrites mais pas percutantes. A la fin de sa lecture, vous vous poserez peut-être les mêmes questions que moi :
– Est-ce qu’on parlerait de ce recueil de nouvelles si elles n’avaient pas été écrites par Tom Hanks ?
– Est ce que les rôles joués par des acteurs peuvent modeler leurs personnalités sur le long terme ?
– Pourquoi certains livres magiques, biens écrits, avec un effet wahou certains ne sont jamais traduits (sauf s’ils finissent transposer en film) et que d’autres le sont immédiatement ?

En tout cas, si vous êtes branchés par le sujet :
Il y a un documentaire, sorti en 2017 aux Etats Unis, California typerwiter, qui fait le portrait d’artistes, d’écrivains, d’acteurs, de collectionneurs amoureux des machines à écrire. Et devinez quoi ? Il y a Tom Hanks dedans !

A Vendredi prochain pour une nouvelle lecture !

Nos lectures en 2017

La fin d’année approche, c’est l’heure des bilans et des bêtisiers. C’est comme ça, on n’y peut rien !
Nous vous proposons donc pour ce dernier #VendrediLecture de l’année de revenir sur nos coups de coeur, nos déceptions et nos WTF lectures de l’année !

N’hésitez pas à cliquer sur l’image pour retrouver l’article lié au livre.

Coups de cœur 2017 :

Ils sont nombreux et pourtant on a fait le tri !

fb_img_1484927030717 dsc01523 1208211044438502210232642 Petits-secrets-grands-mensonges-de-Liane-Moriarty  Treize_raisons 004665337 Tout un été sans facebook couverture blade runner 2008 Supernormal 1bbdfac8133e73d828ed1ab4c819afa4 H2G2 with Cat -Les-delices-de-Tokyo- Talking as fast I can, Lauren Graham 9782375780794_cg dumas l'art de la guerre 2

Et je mettrais une mention spéciale à :
Tout un été sans Facebook de Romain Puértolas qui nous a fait passer, à @crockonlecrockon et à moi-même, un été fun, fou et flamboyant !

Coup de coeur en V.O. anglaise :

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Nous nous sommes régalés avec :

mimi eat like a Gilmore 17124516_10155356725236756_1251521633_n

Nos lectures WTF qui ne nous ont pas laissé un bon souvenir, mais alors pas du tout :

cartes-postales-de-grece 6447 cover115283-medium1 Dernière sortie pour Wonderland

 

Mais nous avons aussi lu cette année :

Origine 004783031 couv-king-shining DSC03330 9782355846632 Chez gigi soupçons CVT_La-derniere-des-Stanfield_2743 51ChyYEbveL._SX195_ Nager dans les étoiles DSC02811 (2) 51sly9xutml-_sx324_bo1204203200_ votez Cthulhu Noir comme la mer 51vje96rPuL._SX327_BO1,204,203,200_ 37 La fille d'avant Paris-est-une-fete
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Nous avons passé une longue et heureuse année en votre compagnie. Nous avons eu l’occasion de vivre ensemble de multiples aventures et pas qu’en littérature !
Alors nous vous souhaitons une très bonne et heureuse année !