Un citron littéraire amer

Pour ce #VendrediLecture, nous allons parler de cale-porte ! Dans la vie, il n’y a pas que de beaux romans et d’agréables documentaires, il y a aussi des livres bien pourris, des citrons amers. On ne les repère pas facilement, parfois ils sont cachés sous un joli emballage, une appellation exotique ou plébiscité par des gens qui ont revendu leurs papilles gustatives au marché noir. Alors que faire de ces citrons amers ?

Pour répondre à cette question, aujourd’hui, nous allons parler de :

amants troglodyttesLes amants polyglottes,
de Lina Wolff
Editions : Gallimard

Présentation de l’éditeur :
« Ellinor, la trentaine bien entamée, sait charger un fusil et se battre au corps-à-corps. Autant dire que les hommes ne lui font pas peur. Pourtant, elle aimerait trouver l’amour. C’est sur un site de rencontres qu’elle fait la connaissance de Calisto, critique littéraire obèse et imprévisible. Il lui révèle avoir en sa possession un manuscrit – inédit, exceptionnel et rédigé par son auteur favori. Max, écrivain en panne, cherche lui aussi l’âme sœur, en même temps que l’inspiration. Selon ses critères, la femme idéale est polyglotte, comme lui, et dotée d’une forte poitrine, mais elle ne court pas les rues. Une réceptionniste rencontrée lors de ses errances littéraires le met sur la voie : il va écrire Les amants polyglottes, l’histoire familiale de Lucrezia, une aristocrate romaine ruinée. Le manuscrit, qui n’est autre que celui détenu par Calisto, va lier étroitement tous les personnages et leur faire subir les affres d’une fatalité semblant les observer en riant. Lina Wolff compose un roman singulier, loufoque et cruel, aux accents houellebecquiens assumés et transfigurés. « 

La découverte du citron chez le primeur

lama

L’emballage est sympa. On a un titre emprunt d’une certaine légèreté, un titre qui fait travailler notre imagination … on imagine une scène de ménage en italo-néerlandais et tout de suite c’est marrant. Et puis il y a cette nana à poil sur un canapé qui lit un roman qui a le même titre que le nôtre ! Fichtre !
Tout d’abord, on apprend que comme pour manger un yaourt, il vaut mieux être tout nu pour le faire (des années de pub pour Danone l’ont prouvé), surtout si vous êtes une femme !
Ensuite  on se dit : « hmmm il y a quelque chose de Inception dans ce livre ! ».
Alors on regarde la quatrième de couverture, on lit la toute première page on se dit qu’il est très prometteur, qu’on va l’aimer d’un amour sincère et profond ! Alors on le ramène chez nous pour le lire. On le lit et là …

C’est le drame ! Notre citron est amer !

Les personnages sont creux, prétentieux, stupides, clichés … tout n’est que cliché dans ce roman. Ce livre, je l’ai vécu comme un roman écrit par quelqu’un qui se faisait ouvertement et profondément chier devant un « confessions intimes » spécial Suède/Danemark.

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Alors on y trouve une paumée qui a appris à chasser et à se battre dans un fight club parce qu’il n’y a rien d’autre à faire dans son bled, qui pense et agit comme une amibe, puis se trouve une passion pour les films pornos, la série Breaking Bad et Houellbecq. On a un stéréotype de riche gros porc prétentieux et violeur. Un stéréotype d’ex femme riche pseudo intello-ultra prétentieuse. Et puis on a une autre histoire avec l’image classique que vous vous faites de l’écrivain et le stéréotype de la réceptionniste et puis une autre histoire tout aussi dépourvue d’intérêt …

Sur le net, on nous dit que ce livre est vachement bien parce qu’il est sarcastique, a de l’humour noir, contemporain, qu’il dresse la sexualité esseulée du monde moderne, qu’il ne caresse pas le lecteur dans le sens du poil, qu’il copie l’incurie de Houellbecq, « que certains trouveront sans doute déplaisant tant les rapports hommes/femmes y sont décrits avec une cruauté délibérée », que c’est un roman singulier …

Oui, dans une certaine mesure, si on intellectualise à outrance et si on a une passion pour la vaseline/un certain écrivain dérangé, oui, ce roman à l’instar de confessions intimes a sa dose d’humour noir, de sarcasmes et de clichés sur la sexualité contemporaine. Mais ça n’empêche pas que c’est glauque, sinistre et que je ne comprends pas comment et pourquoi on peut produire et éditer des trucs pareils… C’est quoi le truc ? Mieux vaut les éditer sinon ça va gonfler notre chiffre de tueurs en série et de psychopathes dans la nature ? Est ce qu’on pourrait avoir une meilleure indication qu’une histoire « d’accent houellebecquien » ? Du genre non seulement l’auteur adore les points-virgules et dire que ce type est le meilleur romancier du monde mais en plus elle pense comme lui, la vie la déprime, son verre est à moitié vide, blah, blah, masturbation intellectuelle, blah !

Alors comment transformer un citron amer en limonade ?

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La première solution : vous en servir comme cale-porte. Notez, il n’est pas efficace si votre porte est lourde.

Autres solutions :

s’en servir pour caler un meuble bancal,
réaliser un DIY, vous savez, ceux qui transforment les livres en objets de déco ? Regardez sur Youtube, vous aurez l’embarras du choix : réaliser une guirlande originale, une boite à secret ou à bijoux, une tête de lit, une œuvre en papier mâché ….

Si c’est un e-book, faites comme Don Vito Corleone, supprimer le !

Mauvaise idée : L’offrir à sa belle-mère. Surtout si elle kiffe Céline ou Zémour. Là, vous n’aurez plus que vos yeux pour pleurer !

Voilà, c’est tout pour moi !

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Si vous aussi vous avez envie de nous parler de votre dernier cale-porte/citron amer, n’hésitez pas !
Si vous avez d’autres idées pour le transformer en limonade, lancez vous !
Sinon je vous dis à Vendredi prochain avec un nouveau livre !

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24 réflexions sur “Un citron littéraire amer

    • Franchement fais le ! Ça fait un bien fou ! Et puis, c’est d’intérêt publique. Ça évite aux autres de perdre leur temps avec ou alors ça les persuade de les acheter pour les installer dans leur petit coin toilettes.
      Et tout le mérite revient à ma tablette. Elle me l’a lu avec sa délicieuse voix métallique pendant que je faisais mes tâches ménagères, sinon, je n’aurais pas tenu le premier tiers ! 😉

      Aimé par 1 personne

  1. Ahahah. J’adore la chronique.
    Moi, brûler un livre, je ne peux pas!! Par contre, le revendre direct sur Amazon ou Price ne me pose pas de problème. Et si vraiment il ne part pas, direction l’une des boites à livres de ma ville, ou d’un ville voisine, histoire d’éloigner l’objet du délit le plus possible de moi 🤣

    Aimé par 3 personnes

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