How do you get to Wonderland ?

Aujourd’hui, nous allons suivre le chemin de paillettes violettes du lapin blanc ! Je vous emmène de l’autre côté du miroir avec un livre pour adulte à l’estomac bien accroché :

Dernière sortie pour WonderlandDernière sortie pour Wonderland,
L’inavouable histoire de la véritable Alice et de Lewis Carroll, son bourreau
de Ghislain Gilberti
Éditions : Ring – 2017
(dans sept jours Oo)

La quatrième de couverture est franchement racoleuse (un peu trop à mon gout d’ailleurs), mais je vous la donne quand même :

« Durant une free party, Alice Price, étudiante et artiste de la scène électronique underground, goûte à une drogue inconnue. Les effets du produit la dépassent rapidement et, aux frontières de l’overdose, un étrange lapin blanc la propulse au cœur d’un monde parallèle et piégé : l’univers de Lewis Carroll. La chenille, le chapelier fou, le lièvre de mars, le chat du Cheshire, tous les personnages du conte victorien sont là et invitent cette Alice contemporaine dans les sombres mystères de la création du vrai Wonderland.
Les innocents ne sont pas toujours ceux que l’on croit, les alliés sont rares et les périls nombreux. Si elle veut rester vivante, la jeune Alice n’a plus le choix et doit reconstituer le puzzle diabolique de Lewis Carroll.
En brisant le mythe Disney, Ghislain Gilberti s’attaque à un emblème intouchable de l’Angleterre depuis le XIXe siècle : Lewis Carroll, introverti maladif, toxicomane, atteint du syndrome de puer aeternus (1), amateur de photographies pornographiques infantiles, pédophile… C’est sans concession que Dernière Sortie pour Wonderland referme pour toujours la porte du Pays des Merveilles et met un point final à la pudibonderie hypocrite que même Tim Burton n’a pas pu briser avec ses dernières adaptations cinématographiques. »

Que l’on peut résumer ainsi : « Lisez, c’est plus dark que les productions Disney ! »
Seriously ?

Quand à l' »emblème intouchable » … je rappellerais aux éditeurs la règle 34 de l’internet : « Si ça existe, il y en a une version porno », la vision d’Alice de l’artiste Grégoire Guillemin, aka Léon et aussi qu’un des jeux vidéos les plus flippants du monde connu est sur le thème d’Alice in Wonderland. Oh et j’allais oublier, côté littérature, il y a aussi Alice, The chronicle of Alice, qui se passe dans un hôpital psychiatrique, un livre bourré d’hémoglobine, sympa pour Halloween.
De plus, pour ce qui est des relations étranges entre Lewis Carroll avec ses « amies-enfants », véritable objet de fantasme pour l’auteur, il existe des films, documentaires (papiers ou vidéos) et pièces de théâtre qui en parlent (le tout trouvable facilement sur Youtube).

Pour exemple cet extrait 1/4, d’un documentaire de 2015 de la BBC(2) :

Ils auraient pu se limiter au titre et à la présentation de l’auteur, les deux sont épiques et se suffisent en elle pour vendre ce livre :
« Ghislain Gilberti a connu l’enfer de la polytoxicomanie lourde avant de devenir tireur de précision pour l’armée de terre. Auteur des best-sellers Le Festin du Serpent, Dynamique du Chaos et le Baptême des Ténèbres, il est aujourd’hui guéri et vit à Belfort avec ses deux enfants. »
(Merci les éditeurs flippés d’essayer de rassurer le lecteur en rappelant par 2 fois en 4 lignes qu’il est guéri de ses addictions aux drogues).

Avec tout ça, on pourrait faire une quatrième de couv’ plus réaliste et moins lourde :
C’est une énième adaptation d’Alice, réalisée par un ex-drogué qui a fait des recherches sur le côté obscure Lewis Carroll. Attention âmes sensibles, ouvrage polémique, on va y parler de drogues et d’un gros pédopornographe, toxico, atteint du Syndrome d’Alice au Pays des Merveilles (SAPM).
Court, simple, efficace !

Bon, maintenant que vous et moi avons une vision plus honnête de ce pavé de 500 pages, est-ce que ça vaut le coup de le lire ?

Oui, parce que c’est une adaptation fascinante et bien écrite. Vous ne vous rendrez pas compte que vous lisez un pavé (sauf au poids). Vous rentrerez dans un monde plein de couleurs (même si parfois, il y a un peu trop d’hémoglobine, un peu comme dans une série B ou un Tarantino), un univers connu qui continue à alimenter votre curiosité. Néanmoins, plus vous avancerez dans le livre et moins vous aurez envie de lire les passages dits parasites. Ces passages sont des traversées dans le temps pour une Alice adulte du futur qui voit des scènes de vie glauques/puantes de Lewis Carroll imaginée par l’auteur. Plus vous avancerez et plus ces passages deviennent puants, borderline de la fiction érotique pour pédophile.

alf voodoo doll

Peut-être que vous aussi, vous aurez envie de planter une aiguille dans une poupée vaudou à chaque fois que l’auteur vous donnera envie de vomir …

Bref, heureusement vous pouvez lire ce livre en évitant les passages parasites. L’histoire aura alors des allures d’une bonne série B.

Oui, parce que l’auteur s’y connaît un rayon! C’est quand même plus agréable d’avoir affaire à un spécialiste des drogues pour nous vendre un monde comme celui-ci. Certains apprécieront les descriptions réalistes des effets produits par les différentes substances évoquées et le récit d’hallucinations typiques. C’est pertinent et ça permet de comprendre le mécanisme de certaines personnes.

alice smoke

murakami-ryu-ecstasyOui, si vous avez été fasciné par Ecstasy de Ryû Murakami. Un autre livre violent qui parle de trafic de drogue, de culture japonaise, de bondage et des toilettes des camps de concentration nazi (voire les lois d’internet). C’est un livre cru qui vous marquera de façon indélébile.

Oui, si vous êtes capables de dépasser certaines barrières mentales. Je comprends que certains soient choqués par le thème et la manière. C’est une expérience littéraire, c’est un peu comme garder les yeux ouverts lorsque Lynch filme en gros plan un arrachage d’ongle, s’enfiler toute la série des films Halloween ou manger des sushis ou de la langue de bœuf pour la première fois. Si vous survivez à ça, vous n’aurez plus peur et vous oserez affronté le regard d’Osiris au parc Astérix(3) ! Be Brave !

Oui, si votre fascination pour Alice in Wonderland est sans limite. Le récit est très proche de l’original. Certes dans une dimension plus sombre, plus saignante, plus poudreuse, plus cannibale, plus trash, pour adulte. Et on évitera les passages parasites.

Oui, si vous abhorrez cet univers au plus au point et que vous cherchez un mobile plus fort que « j’aime pas les fictions/fantaisies », « j’aime pas le non sens », « c’est trop mainstream », « ça sent le vice » ou encore « j’y comprends rien ». Et là, vous aurez une passion pour les passages parasites.(4) Par contre je vous rappellerais de ne pas prendre les accusations de l’auteur pour argent content, c’est une œuvre de fiction et non pas une recherche documentée. C’est un parti pris artistique basé sur le mythe autour de la personnalité de L.C..

Non, pour les passages parasites. Parce qu’on avait compris dès le début où il voulait en venir sans qu’on nous décrive des scènes de viols avec autant de détails, parce que si on a des « preuves » de pédopornographie (sachant qu’on peut aussi les remettre en cause en considérant le long temps de pose pour les photos à l’époque, véritable enfer pour des êtres aussi mobiles, qui justifie les poses « assoupies », « adossées à un objet » et le délire artistique de l’époque, puisque la nudité enfantine n’avait pas le même sens) avec le livret photos à la fin, on n’a pas les preuves qu’il y ait eu pire (attouchements/viols…), parce qu’on ne voit pas en quoi ça sert la narration … et franchement, quoi ? Ce n’est pas parce qu’on parle/écrit crûment qu’on est obligé de manquer de finesse ! Et le prochain ouvrage ce sera sur qui ? Mickaël Jackson ?
Et sera t-il désigné par les éditeurs comme plus trash que ce dessin animé pour enfant ?

45114520zConcernant le petit dossier photo de Lewis Carroll à la fin du livre… je m’en serais passé largement. Quitte à nous le coller sous les yeux, j’aurais préféré un vrai travail d’archives en y ajoutant les lettres de Lewis Carroll à ses « amies-enfants », un peu comme dans la version illustrée d’Alice de Benjamin Lacombe ou des extraits de son journal intime (ceux auxquels l’auteur fait des clins d’œil sans donner les références par exemple).

>>Pour vous aidez à démêler le faux du vrai sur Lewis Carroll, je vous invite à lire l’article de Marianne : Lewis Carroll au pays des fantasmes (Cliquez ICI).

Pour conclure, je dirais que c’est un ouvrage polémique, attrayant comme un cupcake d’Halloween sur Pinterest et gênant comme un programme de début de soirée sur C8. Même Spock ne pourrait rester de marbre. Je vous aurez prévenu, maintenant libre à vous de plonger ou non dans le terrier poudré du lapin blanc !


(1) Autrement dit « enfant pour toujours ». C’est le syndrome de Peter Pan ou de Mickaël Jackson.
(2) C’est en anglais et chaque partie dure 15 minutes. Si vous souhaitez gagner du temps, je vous résumerais le contenu comme ceci : Une journaliste revient sur le passé de l’auteur et ses amies-enfants et sa création de l’œuvre avec les 3 sœurs Liddell. Elle pose des hypothèses sur ce qui a pu casser les liens entre Lewis Carroll et la famille Liddell : avait-il une relation avec la nounou des filles ? Avait-il des vues sur Lorina, la sœur ainée, ou Alice ? Est ce que la mère cherchait à l’éloigner en vue de marier ses filles avec des hommes de meilleures naissances/issus de la noblesse ? Est-ce qu’il se tapait la mère des gamines?
Que contenaient les pages du journal de L.C. arrachées par ses nièces ? Elle revient ensuite sur cette mode de photographier des gamines à poil durant l’époque victorienne avec l’autorisation des parents comme photo d’art, parfois repeinte, commercialisée. Et bien sûr, sur la collection de L.C. qui est en partie glauque et puisqu’il l’a en grande partie cramée laisse à penser qu’elle aurait été encore plus glauque. Nous n’avons que des présomptions concernant ses relations avec elles.
(3) Ne guérit pas de la peur de mourir empoisonné par la bouffe d’une « belle » tante.
(4) Et puisqu’on parle aussi de Peter Pan, si effectivement vous vous trouvez une passion pour ces passages, je ressort ma référence au film Hook :
« You’re just a mean old man without a mommy » parce que ça explique magnifiquement pourquoi certaines personnes peuvent devenir aussi aigries avec le temps.

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Back to the 90’s : Witchcraft (3)

Tadadadam *snap* *snap*, tadadadam *snap* *snap*
Tadadadam, tadadadam, tadadadam *snap* *snap*

Mes talents de musicien me disent que vous ne pouvez pas ne pas avoir reconnu le thème mythique de La Famille Addams. Et quelle coïncidence ! C’est justement le sujet de cet article ! La nature est bien faite !

La-Famille-AddamsLa famille Addams (1991)
de Barry Sonnefeld

Synopsis d’Allociné :

« Rififi chez les Addams, célèbre famille macabre qui vit dans un manoir hanté, lorsque débarque l’oncle Fétide, sosie d’un des membres de la famille disparu vingt-cinq ans plus tôt… Ne serait-il pas un usurpateur qui cherche à les doubler pour faire main basse sur leur trésor caché ? »

C’est toujours un plaisir de voir et de revoir ces deux films. Teatime et moi-même ne les loupons jamais lorsqu’ils passent à la télé, alors que nous les avons en DVD, c’est dire !

La famille Addams (pour les 3 zigottos qui ne connaissent pas) est une adaptation de la BD des années 30 de Charles Addams dans le New Yorker et surtout de la  la série télé des années 60, diffusé à la fin des années 80 en France. Il existe également une série animée des année 90. Un OVNI télé, une anti sitcom, dialogue de qualité, élève un lion dépressif et des plantes carnivores, une salle de torture dans la cave, une famille sadique et aimante, attachante dans tous les sens du terme.

Dans cette version de Barry Sonnefeld, on retrouve l’humour noir et les dialogues parfois salaces si caractéristiques de cette drôle de famille gothique. A travers leurs découvertes des abysses du monde extérieur, c’est toute une critique de la normalité qui apparaît.

Vous y retrouverez un casting magique avec Anjelica Huston  (The Witches) en Morticia ou encore Christopher Lloyd (Prof dans Retour vers le futur) dans le rôle de l’oncle Fétide. Vous aurez envie d’apprendre à danser la mamushka avec un couteau entre les dents. Bref, c’est un véritable bijou, bourré de scènes cultes, de répliques cultes, d’effets spéciaux honorables. Et comme mimerait la Chose : Attention à la tarte au cinq doigts si tu dis le contraire !

les-valeurs-de-la-famille-addams-jaquette8Les valeurs de la famille Addams (1993), de Barry Stonnefeld

Synopsys by Allociné :
« L’arrivée de Puberté, troisième rejeton de Morticia et Gomez, va semer la zizanie dans le clan Addams. Les soins dont on l’entoure excitent la jalousie de Mercredi et Pugsley qui vont tout tenter pour l’éliminer. Quant à sa nurse, Debbie, appétissante blonde, elle va faire tourner la tête de l’oncle Fétide… »

Cette suite est tout aussi drôle (peut-être même plus), ses répliques font mouche. Vous aussi vous éprouverez beaucoup de sympathie envers une tueuse en série incomprise, qui a eu une Malibu Barbie à 12 ans alors qu’elle a toujours été une ballerine ! Si, si !
La scène du dindon est magique. Enfin vous ne verrez plus le film La mélodie du Bonheur comme avant.

Je ne vous parlerais ni du 3ème volet, La famille Addams : les retrouvailles avec Tim Curry en Gomez Addams qui est un peu moins bon ni de la rumeur de reprise par Tim Burton en stop-motion qui célèbrera ses 10 ans en 2021 !

Si Internet a sa règle 34, les classiques hollywoodiens populaires se retrouvent métamorphosés en comédie musicale. La famille Addams n’y a pas échappé puisqu’elle existe en comédie musicale à Broadway :

visible actuellement à Paris au théâtre du Palace :
http://www.theatrelepalace.fr/spectacle-la-famille-addams/

Enfin, à l’approche d’Halloween, je rajouterais simplement que La famille Addams est un thème idéal pour vos costumes et qu’en tout cas ça change du thème Scooby Doo !
Bisous à toutes celles et ceux qui ont eu de l’urticaire après avoir porté le pull de Véra et celles et ceux qui sont revenus pleins de puces habillés en chien savant (attention, j’ai pas dis en latex, bande de petits pervers)!


Source : image à la une

The woman in Cabin 10

Pour ce #VendrediLecture, je vous emmène en croisière à bord de l’Aurora Borealis profiter de l’air frais, reproduire « Le cri » de Munch près des Fjord, partager du grovbrød (sauf si vous êtes allergiques au gluten) et bien sûr vous laisser bercer au son des vagues sous les lueurs des aurores boréales !
Enfiler votre manteau le plus chaud et montez avec moi pour cette nouvelle lecture en  V.O.!

28187230The Woman in Cabin 1O
de Ruth Ware
Editions : Hardcover (2016)

4ème de couverture :
« In this tightly wound story, Lo Blacklock, a journalist who writes for a travel magazine, has just been given the assignment of a lifetime: a week on a luxury cruise with only a handful of cabins. At first, Lo’s stay is nothing but pleasant: the cabins are plush, the dinner parties are sparkling, and the guests are elegant. But as the week wears on, frigid winds whip the deck, gray skies fall, and Lo witnesses what she can only describe as a nightmare: a woman being thrown overboard. The problem? All passengers remain accounted for—and so, the ship sails on as if nothing has happened, despite Lo’s desperate attempts to convey that something (or someone) has gone terribly, terribly wrong…

With surprising twists and a setting that proves as uncomfortably claustrophobic as it is eerily beautiful, Ruth Ware offers up another intense read. »

C’est une histoire qui se lit vite et accessible facilement en anglais. Elle a été traduite en espagnole mais pas encore en français. En tout cas, je n’en ai pas vu trace, pourtant elle le mériterait.

Pour ceux et celles qui ne comprennent pas un mot d’anglais et qui sont curieux d’en savoir plus, je vous résumerais la quatrième de couverture sans la traduire.

C’est l’histoire de Laura (Lo) Blacklock, une journaliste de magazine de voyage qui subit un stress monstre. Entre le cambriolage de sa maison, les désirs d’avenir de son petit ami, les considérations de la société et son avenir incertain au sein de son journal, il ne pouvait en être autrement. Bref, espérant se changer les idées, elle accepte de remplacer une collègue et de couvrir un nouveau concept de croisière pour gens fortunés. A bord d’un yacht luxueux et imposant, 10 cabines peuvent recevoir un nombre restreint d’hôtes. La bouffe est bonne, l’alcool coule à flot …

Seulement, voilà! Durant la première nuit de ce voyage, Lo assiste à une drôle de scène sur le balcon voisin : un meurtre ! Or, elle a picolé toute la soirée et de ce fait, personne ne la croit !

L’histoire se poursuit de rebondissement en rebondissement, ne vous laissant jamais vous ennuyer. A-t-elle réellement vu ce qu’elle pense avoir vu ? Est-ce qu’ils sont tous coupables ? Est-ce que ça a un lien avec son cambriolage ? Est ce la faute d’un ancien amant ?

Certes la narratrice, Lo, n’est pas la personne la plus sympathique de l’univers. Elle est stressée, se plaint beaucoup et manque un peu de finesse. Je parie que vous aussi, vous devinerez toute l’affaire une dizaine de pages avant la narratrice ! C’est un thriller assez basique dans un sens. Il est fait du même bois que La fille du train de Paula Hawkins et à bord du yacht, vous aurez parfois l’impression de revivre le Crime de l’Orient-Express d’Agatha Christie.

Malgré tout, c’est un livre qui se laisse lire et qui ne vous décevra pas pour un court voyage en train. Si vous cherchez un thriller pas trop prise de tête, divertissant, en anglais, foncez !

Alice au pays des Merveilles (2009)

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une histoire, qui parle à tous puisqu’elle questionne sur votre identité, votre propre conception du monde, sur votre rapport à l’inconnu, sur l’absurde, etc … au travers d’une de ces adaptations les plus épicées !
Car oui, c’est une des histoires les plus adaptées et ce, sur tous les formats possibles, que ce soit en livre (rendez-vous un vendredi), en jeux de société ou jeux-vidéo, en psychologie (SAPM), en restaurants/bars à thème, en tenues kawaïs ou encore en films et en séries.

Aujourd’hui, on se met la tête à l’envers avec …

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Alice au pays des Merveilles,
Mini-série canado-britanique
de Nick Willing (2009)

Synopsis :
« Alice vit heureuse et fréquente un charmant jeune homme avec lequel elle prépare maints projets d’avenir. Mais tout bascule lorsqu’elle découvre qu’il a été kidnappé par l’inquiétante organisation du Lapin blanc. Pour le retrouver, elle n’a d’autre choix que de traverser un mystérieux miroir(1). Sans comprendre comment, elle se retrouve projetée dans l’univers étrange du Pays des merveilles. Ce royaume inconnu est dominé par la cruelle Reine de Cœur. Et celle-ci ne voit pas l’arrivée d’Alice d’un très bon œil… »

Un récidiviste

En 1999, Nick Willing avait déjà réalisé une adaptation en téléfilm d’Alice au Pays des Merveilles (la joyeuse version avec Whoopy Golberg dans le rôle du chat du Cheschire). Pour certains, c’est une des pires version qui soit, malgré un casting épique (Y’a Hercule Poirot et Willy Wonka dedans !), des tableaux magnifiques et des effets spéciaux tordus, des marionnettes flippantes… Personnellement, je le trouve drôle même si je finis toujours par m’endormir devant.
Rassurez vous, l’adaptation de 2009 est bien meilleure ! Les effets spéciaux aussi !

Un casting démentiel

Qui dit Nick Willing dit casting de la mort qui tue ! Cette fois ci, on retrouve Caterina Scorsone (Grey’s Anatomy) en Alice maîtresse d’Arts martiaux, Kathy Bates (Misery, Titanic, Apparitions) en reine de cœur magnifiquement terrifiante, Tim Curry (Ça, Cluedo, The Rocky Horror Picture Show, etc…) en Dodo ou encore Matt Frewer (Pixels, La nuit au musée : Le secret des Pharaons, Monthy Pythons : Le sens de la vie) en Chevalier Blanc tout charmant qu’on a envie de prendre dans ses bras comme le vieux doudou qu’il est. Bref, le casting à lui seul est une raison de regarder cette mini série de deux épisodes !

Une vision originale

Cette adaptation est belle par les libertés prises. Ici, vous tomberez dans un monde gouvernée par une reine qui ne tolère que les sentiments positifs, qu’elle récupère auprès des huitres (nous) dans un Casino des émotions (où l’on gagne tout le temps) et vend ensuite à sa population de gros camés. Dans cette version, il y a un chevalier blanc pleins de courage, un escargot transgénique, des gens qui meurent pour toujours, un lapin tueur, un chapelier fou adorable et je ne vous dis pas tout !

Cette mini-série est une vraie pépite à consommer sans modération !

(1) En même temps, elle s’est empiergée(2) en poursuivant un méchant et est littéralement tombé dedans !
(2)Du français régional de Champagne, de Picardie, de Brie et des Ardennes. Dérivé du préfixe en- et d’une forme régionale du mot perche (Nom commun 2, du latin pertica), donc littéralement « entraver (le bétail) à l’aide d’une perche ». Si le mot était francilien, il serait « empercher »-Wiktionnaire
En québécois, on dit « s’enfarger ». Ex: « S’enfarger (les pieds) dans les fleurs du tapis » !

[TAG] Contes de fées

Ceux qui nous suivent régulièrement le savent … J’ai une petite passion pour les TAG, ces petits questionnaires qui passent de blog en blog comme une MST (pour ceux et celles qui ont dis « Pouaaah » dans le fond, je vous rappellerais que la vie est une MST).

J’en ai trouvé un plein de poésie sur le blog dans l’entre de la chouette (créé par Audry Esprint de la chaîne Le carnet enchanté) et j’ai décidé d’y répondre à mon tour.

Once upon a time

Question 1 : Ta marraine qui est une bonne fée apparait devant toi, que lui demandes-tu?

Le compte bancaire d’Harry Potter, les chaussures de Dorothée et le parapluie de Mary Poppins !

Question 2 : Quel est ton conte favori mettant en scène un animal?

Il était une fois un chat fort malin qui avait enfilé une sublime paire de bottes italiennes avant de dévorer un vilain sorcier et de lui piquer sa baraque.

Question 3 : Tu es à la place d’Anne et Barbe Bleue t’interdit de voir ce qui se passe à la cave. Résistes-tu à la tentation?

Petite j’aurais dis non, parce que ça aurait signifié briser toute la confiance qu’il aurait mis à l’intérieur de moi. Aujourd’hui, je dirais que j’ai vu suffisamment de série policière et trouvé suffisamment d’astuces de nettoyage pour rendre invisible les taches de sang sur la clé à la lumière noire !
Ceci dit, il me vient une question … Comment a-t-il pu planquer autant de cadavres sanguinolents, donc de chair en putréfaction sans avoir un château bourré de nuisibles qui puent la mort ?
Et si le vrai secret de Barbe Bleu c’était qu’il porte un postiche … et si en réalité, il était monsieur propre … un château qui sent le propre de partout sauf dans un endroit (le derrière du frigo).

Question 4 : Tu préfèrerais être bloquée pour toujours au pays des Merveilles où la Reine de Cœur aurait une dent contre toi ou visiter le pays Imaginaire avec Peter Pan pendant une heure?).

Le pays des Merveilles ! Si la reine m’embête ou si je veux chopper le sac de haricot rouge dans ma cuisine, je n’aurais qu’à manger un champi magique ou boire une bouteille de poison … Au pays imaginaire, personne n’échappe à Peter Pan !

Question 5 : Ton adaptation de conte favorite?

Alice au pays des merveilles, version mini série canado-britanique sous LSD de 2009.
Il faut qu’on fasse un article dessus, il faut que l’on fasse un article dessus … il faut …

Question 6 : A la place de la petite sirène, est ce que tu aurais choisi de tuer le prince pour rejoindre l’océan?

J’aimerais dire oui … après tout, il n’est pas si innocent, ce mangeur de crustacés !
Mais, nan, c’est pas dans ma nature, c’est ça qui est moche.

Question 7 : Quel méchant de conte de fée aurais-tu peur d’affronter?

Dans sa revisite Made In Disney, la magicien vaudou de la Princesse et la Grenouille (qui envoie un personnage fort ad patres) et bien-sûr le cafard proxénète de Poucelina version Don Bluth, Gary Goldman.

dsc03219.jpgQuestion 8 : Quel est le premier conte que tu ais lu?

Le chat botté

Question 9 : A la place de la Belle, aurais-tu pu offrir ton amour à la Bête?

Le gros problème de la Bête, c’est qu’il est beaucoup plus mignon (et utile pour ouvrir les boites de conserves, porter des trucs lourds, dégommer un harceleur de rue) en Bête qu’en homme.

Question 10 : Serais-tu du genre à suivre les lapins blancs quand tu en croises?

C’est à ça que ça sert un Pass Navigo, nan ?

Question 11 : Dans l’univers de quel conte aimerais-tu vivre?

Un monde où il y aurait le chauffage central, l’eau courante, la fée électricité, la fée des dents,  et du chocolat ….

Question 12 : Quel est le conte dont tu ne te lasseras jamais ?

« Il y a longtemps, vivait un empereur qui raffolait tellement de beaux costumes neufs qu’il donnait tout son argent pour être bien habillé. »
Le costume neuf de l’empereur d’Andersen ! C’est drôle, y a un monsieur tout nu et des fringues à la pointe de la mode actuelle ! Qui peut résister à ça ?

Question 13 : Quel est le conte que tu aimes le moins ?

Il y en a deux : La petite fille aux allumettes (dont je vous évoquais la raison dans un Liebster Award) et Le sapin d’Andersen (Pourquoi ne l’ont-ils pas simplement déraciné et replanté après Noël en forêt ?).

Voilà, c’est tout pour moi !  Je rends l’antenne, à vous les studios !
N’hésitez pas à reprendre ce TAG s’il vous a plu et de mentionner son auteur. 😉

The Sleeper and the Spindle

Il était une fois une reine aux long cheveux noirs qui rêvait d’aventure …
Aujourd’hui, nous allons parler d’un conte de fées revisité avec plein de poésie dans sa version originale.

DSC03226The Sleeper and the Spindle
de Neil Gaiman
illustré par Chris Riddell
Editions : Bloomsbury
2013

4ème de couverture :

« She was one of those forest witches, driven to the margins a thousand years ago, and a bad lot. She cursed the babe at birth, such that when the girl was eighteen she would prick her finger and sleep forever. »

Que je traduirais ainsi :

C’était une de ces sorcières des forêts, mise au ban de la société il y a de cela 1000 ans; une vraie garce. Elle maudit le bébé le jour de sa naissance, de sorte que lorsque la fille soufflerait les bougies de son dix-huitième anniversaire, elle se piquerait le doigt et tomberait dans un sommeil éternel.
 .
Et voici qu’en quelques lignes, vous vous replongez dans le conte de la Belle au Bois dormant … version Neil Gaiman !

Vous connaissez certainement déjà Neil Gaiman pour son comics Sandman, pour être l’homme derrière la série American Gods ou encore pour ce qui se rapproche le plus de cette adaptation, le film Stardust. C’est un univers assez proche de celui de Tim Burton, avec des personnages plus creusés et un brin plus d’humour.

Dans cette nouvelle version du conte, la princesse endormie est sauvée non pas par un prince charmant mais par une reine, qui s’ennuyait dans son château. Rencardée par trois nains au sujet d’un royaume endormi, notre reine a tout de suite sauté dans ses éperons pour voir de quoi il en retourne.

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C’est une version Girl Power, avec une vraie méchante sorcière et des retournements de situations incroyables. Le genre d’histoire sympa à raconter à ses enfants ou à piquer dans leur bibliothèque (parce que l’histoire est géniale et pas culcul).

J’ajoute que si vous voulez vous mettre à la lecture en anglais, vous pouvez commencer par ce genre de conte illustré. Simple à lire, si vous ne comprenez pas tout, les illustrations vous guideront ainsi que vos connaissances des deux contes à l’origine de ce merveilleux twisted tale (Et oui, il ne s’agit pas que de la Belle au Bois dormant) !

Les illustrations sont totalement AMAZING. Belles, pleines de justesse, elles transmettent parfaitement la poésie du texte qu’elles accompagnent.

Les principales critiques que j’ai pu lire sur le net se limitaient principalement au format. … Format conte pour enfants…. que les adultes s’arrachent.
Mais je rappelle que c’est un conte pour enfants, les mecs ! Pas un roman graphique de 1000 pages. D’ailleurs, je l’ai acheté dans le rayon pour enfant à la librairie Shakespeare & co si je ne m’abuse.

21833468Autre critique lue sur internet (alerte spoiler) : « OMG, mais ce n’est pas un livre LGBT ! » (Parce que Blanche Neige galoche la Belle au Bois dormant pour la réveiller … parce que c’est le seul moyen de réveiller une personne endormie par un sort de sommeil)
Si ce conte avait été un roman graphique de 1000 pages, peut-être que Blanche Neige aurait pu remettre en cause sa sexualité. Mais qui sais ? Peut-être qu’elle l’a déjà remis en cause, chacun peut interpréter ce qu’il veut.
Mais concernant Blanche Neige, le conte est plutôt centré sur cette fatalité « ils se marièrent et vécurent heureux pour toujours » que ma mère traduisait par « ils n’eurent plus jamais mal aux dents » (Je perdais mes dents de lait à l’époque). Qu’est ce que cela signifie ? Peut-on y échapper ? Peut-on avoir un bon dentiste sans la mutuelle d’un mari charmant ?

La vie est faite de choix. A vous de faire les votre et de décider ou non de lire cette petite merveille. 😉

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Rendez-vous mercredi pour un TAG spécial contes de fées !

Mother !

Allez ! Aujourd’hui, on vous emmène au cinéma ! Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? Film romantique pour toi ? Film de guerre pour lui ? Plutôt un film d’action ou de mafia pour elle, là-bas ? Ah ! Ai-je entendu film de zombis, au fond de la salle ?

Eh bien figurez-vous que, depuis samedi, j’ai de quoi tous vous faire plaisir, avec le film

MOTHER !
de  Darren Aronofsky
avec Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Michelle Pfeiffer, Ed Harris

Bon, j’aime autant vous prévenir d’avance, il va falloir… élever votre niveau de conscience avant la séance. Pour certains, cela peut signifier peyotl même si, personnellement, je n’en ai jamais eu besoin.

Spoiler Alert !

Une jeune femme nommée Mother (si, si) se met en ménage avec un homme plus âgé nommé Him (si, si)(1). Cet homme âgé est un écrivain de renom qui s’est trouvé une magnifique maison loin de tout. Quand à elle, c’est la femme la plus dévouée qu’il soit permis d’imaginer(2). Alors que madame est à elle seule en train de remettre la maison sur pied (et y a du boulot), un adorable chirurgien en fin de vie sonne à la porte. Et tout commence…

Une expression américaine décrit relativement bien ce qu’on ressent en sortant de la salle. Brainfuck. Ai-je besoin de le traduire ?

C’est un film intense, violent, surprenant qui a laissé la salle entière sur les rotules. Il faut dire que le scénariste n’y est pas allé de main morte, dans la surenchère. Imaginez un peu que votre compagne/compagnon reçoive chez vous des admirateurs. Imaginez maintenant que ces admirateurs se multiplient, affluent de toute part, deviennent violents, voleurs, pillards.
Cela ne s’arrête évidemment pas là, sinon, cet article n’aurait pas lieu d’être. Les admirateurs se déchaînent, des scènes de violence éclatent, des meurtres voire des assassinats ont lieu. La police finit évidemment par s’en mêler, mais, inefficace, laisse vite place à l’armée et la maison devient un véritable champ de bataille.

Et cela ne s’arrête toujours pas là ! Hahaha ! Qu’avez-vous cru, bande de petits naïfs ? Je vous fait grâce du descriptif complet. Il est aussi absurde qu’excessivement violent. Ce n’est qu’à la toute fin que l’on comprend ce dont il s’agit. Juste après avoir crié « Quoi ? Ce n’est pas encore fini ? ». Mais ça malheureusement, c’est un spoiler.

Dans les premiers instants du film, au vu des indices qui nous sont laissés, on pense au scénario d’Apparences(3). Cette impression nous a été renforcée par l’entrée en scène de notre Michelle Pfeiffer adorée, dans un rôle insolent et détestable.
Cependant, devant le déferlement de violence aux moments où l’écrivain trouve son inspiration et au moment où son livre rencontre son succès, on commence à comprendre qu’on n’est pas devant un simple film d’épouvante ou un film d’horreur.

Ces passages ne sont en réalité que le processus de création de l’artiste. Ce sont toutes ses idées, tous ses mondes qui se bousculent, s’entrechoquent, apparaissent, disparaissent et réapparaissent. Un Big bang, en quelque sorte !

Et au milieu de tout ça, se trouve la femme de l’artiste. Son inspiration (elle est même surnommée ainsi à plusieurs reprises dans le film), sa muse. Tout ce processus la chamboule, la malmène, la maltraite. Et pourtant, elle lui donne tout, à son écrivain adoré. Tout, jusqu’à son propre bébé.

Et ce bébé, c’est l’oeuvre finale de l’artiste. Ce qu’il présente enfin à la foule, qui se presse de s’en emparer, de se l’approprier et de… le dévorer ! Laissant la femme usée, lessivée. Se voyant ainsi dépossédée, elle tente alors de mettre fin à l’oeuvre de l’artiste, au monde qui s’est créé autour d’eux(4).

C’est la fin de leur relation. La femme lui a tout donné, lui a donné son coeur, son âme. On comprend dès lors que le début du film, c’est l’épisode final de sa dernière oeuvre et de son dernier couple. Et que la fin du film, c’est le recommencement éternel du processus de création de l’artiste.

Le film se révèle enfin être une brillante mise en scène du processus de création d’une oeuvre et de la place de la muse de l’artiste.

mother (1)

Ce qui m’a laissé comprendre le film ainsi ? L’histoire des artistes et de leurs muses. Si vous prêtez l’oeil, l’histoire de l’art regorge de couples tumultueux, chaotiques. Je pense notamment à Picasso mais aussi à Verlaine et Rimbaud, Liz Taylor et, un peu plus contemporain, Johnny Depp et Vanessa Paradis(5). J’entends également Teatime me souffler dans l’oreillette Frida Kahlo et son homme, Diego Rivera. Vous constaterez qu’une muse se passe de sexe et que, à l’instar du film Mother!, l’histoire ne retient même pas nécessairement son nom !

Au final, malgré la violence du film, davantage psychologique que physique, nous sommes ressortis de la séance en riant. Cette exagération affichée de la violence, nous a beaucoup plu. Surtout en considérant le film comme une énorme métaphore.

PS : Le webzine Madmoizelle a également consacré un article à Mother! et développe plus de théories quant à la possible signification du film. Je reste cramponné à mon analyse, mais les siennes valent tout de même le coup d’être lues. Un petit lien amical vers l’article ?

(1)Pas un seul rôle n’a de nom ni même de prénom. Au générique de fin, chaque rôle est désigné par… le rôle même. Et le pire, dans tout ça, c’est qu’on ne s’en rend compte qu’à Ce moment.
(2)Et encore.
(3)Merveilleux thriller d’épouvante avec Michelle Pfeiffer et Harrison Ford. Si vous ne le connaissez pas encore, foncez. En plus, vous ferez du bien à M. Ford qui en a assez de n’être aux yeux de la presse que Han Solo et Indiana Jones.
(4)Voire même de mettre fin à ses jours !
(5)Je ne suis pas très presse people, mais même après tout ce temps, c’est une rupture qui m’a fait de la peine.

 

Lever la voix ne donne pas raison

A ce proverbe chinois trouvé dans un Fortune Cookie, j’ajouterais que ne pas en avoir du tout vous donne souvent tort dans le regard des autres. Aujourd’hui, j’ai testé pour vous : être aphone !

La première chose qui vous est retiré lorsque vous êtes aphone, le comble pour un français : le droit de se plaindre. Tout d’abord, matériellement, il n’y a jamais assez de place pour se plaindre à l’aide d’une craie sur une ardoise. Ensuite, personne ne vous laisse en placer une : hé oui, ils ont tous connu ça … c’est chiant, mais « Oh! Tu vas pas te plaindre non plus ! Ça arrive à tout le monde ! »
Bien sûr, ça arrive à tout le monde, c’est pas ma première extinction de voix … mais, et la DDHC, alors ? Depuis quand prive-t-on un citoyen de son droit fondamental de se plaindre ?
De plus, je sais qu’il y aura toujours un ancien soixante-huitard dans le coin pour me lancer un : « Tu sais, la dictature, c’est ferme ta gueule et la démocratie, c’est cause toujours ! » (1)

Ne laissez pas le brouhaha extérieur étouffer votre voix intérieure. ”
Steve Jobs

Ensuite, la question que certains d’entre vous se posent certainement, c’est :
Comment ai-je perdu ma voix ?
C’est simple, à force de moduler ma voix sans échauffement et de l’user en rappelant à la progéniture d’autrui de toujours m’écouter, de lever la main pour parler, de ne pas jouer avec ses glaires ( #j’ai5ans,jemaitrisepasl’aphabetmaisjesaiscequ’estuneglaire), de ne pas mordre, taper, griffer, tripoter son zizi en public … bref, le genre de choses que jamais je n’aurais imaginer dire … j’ai perdu la voix, même si mon frère est persuadé que j’ai trouvé ma « voix ».

« Lao-Tseu l’a dit, il faut trouver la voie !… Moi je l’ai trouvée !… C’est très simple : je vais vous couper la tête ! »
Le Lotus Bleu, Hergé

Jouer au mime pendant une réunion parents/prof :

C’est dans ces conditions que j’ai du présenter devant un joli powerpoint les grands axes de l’année, en tuant un après l’autre les feutres de mon tableau. Comment répondre à des parents stressés qui flippent à l’idée que leurs enfants ne sachent pas déjà lire et écrire en maternelle quand on a plus de voix ?
Voici l’apparition d’un autre art, bien français lui aussi : le mime !
Malgré quelques regards sidérés, le gros de mon public était assez enthousiaste. Je devrais envisager un projet de reconversion chez Zavatta !

“Tous admirent le paon. Alors les oiseaux disent :
« Mais regardez ses pattes, et écoutez sa voix ! » »
Proverbe japonnais

Vis ma vie de petite sirène :

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Source : giphy

Comme n’importe quel être positif et joyeux, j’ai décidé de vivre normalement, d’oser la virée shopping, participer à un pique-nique, une sortie entre amis, un cinéma(2) aphone. En d’autre termes, j’ai passé la journée à croiser des vendeurs outrés de ne pas m’entendre dire bonjour, au-revoir, merci, s’il vous plait et des personnes qui me trouvaient trop discrètes, me reprochant de ne pas participer assez aux conversations (mimer ou écrire sur une ardoise, ça prend plus de temps que de parler !(3)).
En fait, même les arbres m’en voulaient … en tout cas, c’est comme ça que j’interprète l’attaque aux glands menée par le plus grand chêne du parc !

Je voulais juste …. partir là-bas !

Tout bruit écouté longtemps devient une voix.”
Victor Hugo

L’expérience Hawking :

Quand vous vous rendez compte qu’autour de vous personne ne maîtrise le langage des signes, le Bernardo ou ne savent tout simplement pas lire, il ne vous reste plus qu’une seule solution : la voix mélodieuse de votre assistant google ou de toute autre application vocale que vous trouverez sur internet !
Vous découvrirez alors de nouvelles manières de prononcer certains mots, Jean redeviendra Jehan, les verbes qui finissent en -ent deviendront du participe présent et je ne vous spoillerais pas le meilleur. Bref, entre le temps d’écriture et la voix métallique, vous vous découvrirez très vite un humour cosmique !

Avantage : vous pouvez être précis dans vos propos
Inconvénients : c’est long et certaines personnes ne supporteront pas votre nouvelle voix.

DSC03198Guiro et autres modes de communication non verbale :

Avec Cro, nous avons adopté un Guiro. C’est un petit instrument de percussion courant en Amérique du sud … le mien est un petit crapaud vietnamien. Il s’appelle Paulo. Comment ça, ça fait pas très vietnamien ?
Avec Cro, le Crockon on a donc inventé un petit guide d’expressions et de mots transmissibles par ce biais, allant de yes/no à raboule tes fesses en passant par je prendrais un sucre avec mon thé blanc à la framboise (qui peut se traduire par switch crôôa crôôa crôôa switch swicht crôôôôa).

Et puisque je vous aime bien et que je suis une vraie boîte à idées, je vous propose une dernière solution : le langage sifflé. C’est une pratique qui existe sur tous les continents. Et qui peut s’apprendre à l’université (cliquez ici pour en savoir plus).

Gros avantage de ces méthodes : ça permet d’être entendu de loin !
Inconvénients : temps de mise au point et précision.

Bonbons au miel et mime Marceau,
See you soon !

(1) Le plus déprimant, c’est quand il s’appelle Cro, le Crockon, qu’il n’a jamais vécu mai 68 et vit actuellement chez moi. Ceci dit, je suis sure qu’une autre personne qui vit actuellement en Chine serait aussi capable de me dire ça … On ne peut être tranquille nulle part sur ce foutu hémisphère Nord ?
(2) Bientôt sur ce blog : un article formidable sur un film actuellement en salle qui soit vous rendra aphone soit vous fera hurler un bon gros « What the fuck ?« . 😉
(3) Cro, ne pars pas de la pièce pendant que je te parle/écris sur mon ardoise ! C’est malpoli!

B comme Brassens

Chouette comme titre, n’est-ce pas ? Si vous l’aimez, j’en ai 25 autres dans le genre !(1)

Savez-vous quelle radio j’écoute, lorsque je ne trouve pas mon bonheur sur les ondes habituelles ?

Radio Libertaire (fréquence 89.4). La radio de la fédération  anarchiste française !

nounou d'enger

Sans forcément partager leurs points de vue sur le monde, et loin de vous faire un prosélytisme quelconque, j’ai beaucoup d’affection pour cette radio. Elle a le mérite d’avoir quelques émissions réellement dignes d’intérêt(2) et surtout de passer des musiques parfois tellement uniques que je ne les retrouve pas forcément sur la toile.

C’est ainsi que très régulièrement, je tombe sur des chansons de Brassens. Non pas l’Auvergnat, ni Les Copains d’Abord, au demeurant superbes mais des chansons beaucoup moins connues.

C’est ainsi que j’ai découvert aujourd’hui même :

La Guerre 14-18
Le Cocu
L’Épave

C’est étonnant, on est tellement habitué aux mêmes chansons de Brassens qu’on finit par un peu perdre le sens de ses paroles. J’en avais même oublié le poète qu’il était. Mais tomber sur ces titres, parfaitement au hasard, entre un punk et un opéra(3) transforme complètement ses textes.
Ils deviennent ainsi des tranches de vie, des petits bouts de conversations, ou de grandes réflexions sur le monde. J’ai carrément l’impression d’être dans un de ses concerts, ou encore de boire un verre avec lui et de l’écouter me conter une histoire, vécue ou non. Et ses paroles, sa poésie, prennent toute leur puissance.

Enfin, j’ai eu l’impression de découvrir tout un pan de la personnalité de Brassens. On le sait tous antimilitariste, grivois, iconoclaste. Pourtant, c’est en écoutant ses chansons dans ces conditions particulières, sans les attendre, que j’en ai réellement pris conscience.

C’est un peu comme cotoyer quelqu’un, un voisin, un collègue, ou encore simplement un passant dans la rue que l’on croise toujours sur le même trottoir le matin et de ne découvrir chez lui une personnalité riche et unique qu’au bout de plusieurs années comme ça, par hasard.

PS : Vous avez certainement remarqué que nous ne postons plus avec la même fréquence qu’avant, depuis deux ou trois semaines. Cela vient simplement du fait que Teatime et moi-même avons tous deux, en même temps, commencé un nouveau métier. Nous sommes donc en ce  moment très fatigués, mais dès que nous retrouverons notre équilibre, les choses devraient revenir à la normale.

(1)Au diable les chiffres et les caractères spéciaux, la vie est suffisamment compliquée comme ça.
(2)Emission de critique psychiatrique FTW. J’aime aussi beaucoup leurs retransmissions de thèses étudiantes.
(3)Si, si. Les 3 peuvent être mis bout à bout. Il suffit d’être anarchiste.

 

Un thriller psychologique haletant

Aujourd’hui, je vais vous parler d’une histoire un peu spéciale :

soupçonsSoupçons, de Kristeen Duval
Format Kindle
vendu par Amazon
-pour y accéder, cliquez ici

Présentation de l’éditeur :

Sybil et sa mère Maureen fuient le compagnon violent de cette dernière et s’installent dans une ville proche de la frontière du Canada. Leur nouvelle vie se met en place très rapidement, l’avenir semble prometteur. Maureen et Sybil ne tardent pas à tisser des liens amoureux. Le shérif Dan tombe sous le charme de Maureen, alors que Sybil n’en revient pas d’avoir éveillé l’intérêt du très beau Tom. Plus le temps passe et plus le comportement de Tom intrigue Sybil, mais l’amour qu’elle lui porte anéantit sans cesse ses soupçons jusqu’au jour où sa vie bascule…

Ce n’est pas cette présentation qui m’a donné envie de lire ce livre, mais la personnalité et la manière de travailler de son auteur perceptible au travers de son blog. Soupçons est son second roman publié sur Amazon (Je n’ai pas essayé Origines, la présentation ne me plaisait pas des masses). J’ai une méfiance naturelle envers tout ce qui est autopublication. Disons que j’ai connu beaucoup d’auteurs qui se sentaient l’âme d’une Amélie Nothomb, d’un Marc Lévy ou d’une Virginie Despentes et qui par manque d’imagination, de travail et d’écoute se retrouvent à vous présenter des écrits si affreux qu’ils feront dire à votre compagnon « Mieux vaut lire ça que d’être aveugle » … Pas sûr.

Mais voilà, mise en confiance, j’ai essayé Soupçons et j’ai été agréablement surprise dès les premières pages ! Ça commence comme une bonne série américaine, une rencontre entre Les experts et True detectives. Vous serez rapidement capturé par cette histoire (même si la 4ème de couverture ne semble pas très engageante). La tension est palpable et omniprésente. Le parfum de meurtre entoure cette femme qui fuit un dangereux ex et cette jeune fille qui tombe amoureuse au premier regard d’un sombre et mystérieux inconnu. Les personnages sont assez crédibles.

De drôles d’attentes …

Je ne sais pas pourquoi mais pendant ma lecture, je m’attendais à une histoire de tueur en série. De fait, j’espérais plus d’aller retour entre l’histoire de la jeune Sybil et celle de la vieille Sybil. D’ailleurs, en tant que jeune esprit traumatisé par le Titanic de James Cameron, j’avais cette obsession dans ma caboche : Quand va-t-on découvrir que cette vieille dame dissimule le cœur de l’Océan ? Va-t-on enfin sauver ce caillou ?

Et oui … On finit rapidement par se méfier de tout le monde. C’est le syndrome Taylor Swift.

Bref, c’est un petit ebook rapide à lire, captivant et surprenant. Vous ne vous ennuierez pas une seconde ! Essayez 😉