Une histoire oubliée : Les indésirables

En ce #VendrediLecture, nous allons parler de femmes qui ont fui la dictature pour venir s’installer dans le pays des droits de l’Homme, douce France, avant d’être raflées et enfermées dans un camp aux conditions sordides. Restez, nous parlerons aussi de rêves, d’amour, d’amitié, de chansons et de cabaret !

51vje96rPuL._SX327_BO1,204,203,200_Les indésirables, de Diane DUCRET
Éditions : Flammarion (2017)

Présentation de l’éditeur :

« Un cabaret dans un camp au milieu des Pyrénées, au début de la Seconde Guerre mondiale. Deux amies, l’une aryenne, l’autre juive, qui chantent l’amour et la liberté en allemand, en yiddish, en français… cela semble inventé! C’est pourtant bien réel. Eva et Lise font partie des milliers de femmes «indésirables» internées par l’État français. Leur pacte secret les lie à Suzanne «la goulue», Ernesto l’Espagnol ou encore au commandant Davergne. À Gurs, l’ombre de la guerre plane au-dessus des montagnes, le temps est compté. Il faut aimer, chanter, danser plus fort, pour rire au nez de la barbarie.

À la façon d’une comédie dramatique, Diane Ducret met en scène le miracle de l’amour, la résistance de l’espoir dans une fable terrible et gaie, inspirée d’histoires vraies. »

Une histoire basée sur des faits réels :

Nous sommes au printemps 1940, L’État français, par peur de la « cinquième colonne » (partisans cachés de l’Allemagne nazi) organise une rafle de femmes d’origine allemande, sans enfant et non mariées au Vél d’Hiv. C’est ce qu’on appelle la rafle des femmes indésirables. Elles sont ensuite déportées et internées dans le Béarn, dans le camp de Gurs. Ce camp avait été créé à l’origine pour enfermer les prisonniers républicains de la Guerre Civile espagnole. C’est le genre d’histoire honteuse oubliée des livres d’Histoire.

Le récit est ponctué par des extraits de lettres de la politologue Hannah Arendt et des parodies des chansons des années 30-40.

Les indésirables revient donc sur l’horreur de ce camp, aux conditions sanitaires inexistantes, mais aussi sur ce que les femmes de ce camp ont créé de beau : leur cabaret. Elles ont su garder espoir, elles ont continué de se faire belles et parfois elles ont vécu des histoires d’amour courtois avec les prisonniers espagnols. Voilà pour les faits.

Une jolie histoire d’amitié :

Ce roman est centré sur l’histoire d’amitié entre Lise, la juive et Eva, l’aryenne, imaginée par Diane Ducret. Pour gagner un peu de sous, elles créent avec les autres femmes du camp, un cabaret où l’on chante des chansons triviales et d’autres sur leurs conditions de vie au camp, où l’on joue du Shakespeare, où l’on danse. Des instants doux et heureux volés à l’enfer du camp.

Deux personnages secondaires drôles que j’aurais aimé suivre plus dans ce livre : Suzanne, béarnaise bourrue et son amoureux espagnol, Pedro, qu’elle ne comprend pas.
Et Bianca, la comtesse à la fourrure, capable de faire perdre les armes à un bourreau.

Problème de style :

Diane Ducret, en tant qu’historienne, est sérieuse, efficace, pointilleuse, perspicace, flamboyante, féministe, pleine d’humour et totalement magique. Elle fait un travail formidable pour remettre les femmes au cœur de l’Histoire. Bref, pour ça, c’est une héroïne ! Malheureusement, pour ce qui est de l’écriture de romans, elle n’a pas encore trouvé son style. Et ça, ça peut faire mal !

La mise en contexte est franchement trop longue. Je sais que pour certains, c’est plus que nécessaire (Oui, je pense à vous les types du métro et vos point Godwin chelou) mais quand on maitrise déjà le contexte, c’est lourdingue.
Ensuite, je refuse de spoiler le roman… Mais j’ai trouvé l’épilogue, dans sa présentation épistolaire, super niais. Vraiment ! Digne des pires romans à l’eau de rose (ceux qu’on trouve en maison de retraite et dans le legs de mamie « parce que toi, tu aimes bien lire des livres »).

Bref, ce refus de choisir entre roman et essai historique a rendu cette lecture lourde. Et c’est bien dommage !

Malgré cela, je vous conseille de lire ce roman. Pourquoi ?
– Ne jamais oublier ce qui est arrivé à ces femmes.
– Parce que cette histoire trouve un écho dans l’actualité.
– Parce que « L’espoir est le plus grand véhicule du succès, tandis que le découragement le rend impossible »- Goswin Joseph Augustin.

A la Conquête d’Hollywood avec Faith Herbert !

C’est l’instant Coming out ! J’ai une révélation à vous faire …
Chers lecteurs, chères lectrices …
J’aime les Comics !

Pourtant, à chaque fois que j’ouvre un Comics, je me pose des tas de questions :
Pourquoi existe-t-il si peu de personnages féminins Badass ? Pourquoi toutes les nanas font du 38, ont des armures riquiquis et prennent toujours des poses suggestives prouvant souvent l’absence de toute ossature ? Pourquoi certaines doivent avoir un mentor avec une grosse péniche qui leur explique la vie ? Pourquoi Wonder Woman est-elle obligée de se déplacer en avion invisible ? Pourquoi Tornade mène-t-elle une vie si monacale ? Pourquoi ?

Et puis, récemment je suis tombée sur une petite perle :

9782375780794_cgFaith, T.1, A la conquête d’Hollywood
de  Jody Houser, Marguerite Sauvage et Andrew Dalhouse
Éditions : Bliss Comics/Valiant Comics

4ème de couverture :

Orpheline depuis son enfance, Faith Herbert a toujours voulu être une super-héroïne, comme celles de ses comics favoris. Lorsque Peter Stanchek, un psionique doté de capacités extraordinaires, la trouve et active ses pouvoirs télékinésiques, elle peut enfin réaliser son rêve. Au sein du groupe mené par Peter, les Renégats, elle a vécu des aventures incroyables, a connu le deuil mais aussi l’amour… Aujourd’hui, les Renégats ne sont plus, et elle doit apprendre à voler de ses propres ailes.
Timide blogueuse pop culture pour un site d’actualités le jour, elle sillonne la nuit le ciel de Los Angeles. Lorsque des jeunes, psioniques comme elle, disparaissent sans laisser de traces, Faith Zephyr Herbert doit passer à l’action pour les retrouver sains et saufs.

Mon avis :

C’est rare de voir un Comics casser les codes ! Et quand ça arrive, ça fait du bien !

Zéphyr aka Faith Herbert aka Summer Smith est une héroïne avec de vrais super-pouvoirs, intelligente, pleine d’assurance, optimiste sans être naïve, passionnée de S.-F., sociable, avec une vraie libido et franchement drôle ! Physiquement, elle est aussi blonde qu’Atomic Blonde et c’est une héroïne grande taille. Elle n’est pas tout le temps sexy, elle a une ossature normale et elle n’est pas obligée de devenir une figure ithyphallique pour avoir l’air sérieuse. Bref, elle ressemble un peu plus à la moitié de l’humanité. Et ça, c’est super !

20883355_10155979032436756_1802020847_oElle réponds parfaitement à toutes les incohérences présentes dans l’univers des Comics :
Peut-on se changer dans la rue ou dans une cabine téléphonique sans se faire remarquer ?
Peut-on avoir une double vie voire triple sans que ça porte préjudice à une autre vie ? Quand Superman trouve-t-il le temps de dormir ?
Porter des lunettes de vue suffit-il vraiment pour passer incognito ?

Je ne spoilerais pas, si vous voulez les réponses à ces questions, il faudra ouvrir ce Comics !

Si, ça peut en rassurer certains … Tous les stéréotypes du genre ne sont pas effacés, puisque comme tous les superhéros et les princesses Disney, elle est orpheline !
Nobody’s Perfect !

Bref, si vous cherchez une héroïne franchement sympa et Badass qui change un peu et si vous voulez une histoire avec un peu moins de stéréotypes, essayez-la ! 😉

La lecture n’est-elle qu’un acte solitaire ?

Il est souvent retenu que la lecture est un passe-temps solitaire. Et c’est plutôt vrai. On peut parler d’un livre qu’on a lu, c’est d’ailleurs l’un des objets de ce blog. Mais on parle du livre dans son ensemble. Entre lecteurs, lorsque deux personnes ont lu un même livre qui les a passionnés, on peut parfois voir des étoiles dans leurs yeux en évoquant les passages qui les ont le plus fait vibrer.

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Pourtant on ne parle que des événements dans leur ensemble. Le petit mot d’esprit de l’auteur qui nous avait fait rire ou serré la gorge passe plus ou moins à la trappe. En fin de compte, personnellement, j’ai du mal à discuter d’un livre que je viens de lire. Si mon interlocuteur a lu le livre, on confirme qu’il était bon ou nul. S’il ne l’a pas lu, la discussion se limite en quelque sorte à « pourquoi tu (ne) devrais (pas) le lire »

Je n’ai découvert que tardivement la saga des Harry Potter. J’ai tellement aimé que pour la première fois de ma vie, j’ai ressenti l’envie et le besoin de relire un livre.

Alors je les ai relus mais à haute voix, cette fois-ci. C’est ainsi que, sans les ouvrir, Maha (@teatimeatbloomsbury) lit les livres Harry Potter.

Alors certes, nous avons commencé il y a un an et nous n’en sommes qu’à l’Ordre du Phénix. Mais sans en avoir l’air, figurez-vous que mon expérience de lecture a été complètement transformée. Nous rions en même temps, nous offusquons des exactions de Rogue en même temps, nous partageons les pauses dans la lecture et la fébrilité d’un cliff hanger en fin de chapitre. Chaque chapitre prend environ 45 minutes de notre temps. Plus, lorsque l’action est vraiment tendue. Il y a des moments d’une telle intensité que l’un comme l’autre éprouvons le besoin de nous arrêter un instant pour reprendre son souffle ! Et à la fin du chapitre, nous parlons immanquablement de tout ce que nous venons de vivre.

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A l’heure où j’écris ce billet, nous venons de découvrir l’arbre généalogique de Sirius Black. Et pourtant ce n’est pas ce qui occupe nos conversations. Ayant connu la première version de Pottermore, j’ai pris un malin plaisir à rappeler à Maha qu’il y a longtemps, elle avait préparé elle-même du doxycide, sans même savoir ce que c’était. Mais plus encore que le doxycide, ce qui a occupé notre conversation, c’est le cas Kreattur. « Mais il est vraiment dégueulasse ! Pourquoi on en fait pas un trophée comme pour ses ancêtres ? C’est pas comme si c’était son ambition ! ».

A vrai dire, le plus dur est de ne pas spoiler. Connaissant déjà tous les détails de l’histoire, je dois me forcer de ne pas répondre à certaines de ses questions. Mais toutes ces conversations que nous n’aurions pas eues si nous nous étions contentés de lire chacun de notre côté le roman et de se questionner régulièrement sur « alors ? T’en es où ? » ! Quel bonheur de voir quelqu’un demander avec enthousiasme un autre chapitre ou de l’entendre crier « oui ! » lorsque c’est moi qui propose ! Et quel plaisir de voir un regard se plonger brusquement dans le vague lorsqu’une révélation vient d’être faite ! On a l’impression d’être LA personne qui révèle une information capitale.

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Lire à deux, à trois ou plus ouvre la discussion, invite au partage, crée une expérience commune. Après tout, n’est-ce pas la base de la littérature ? Les plus anciens récits ne sont finalement que la mise sur papier d’un conte initialement scandé. Les contes homériques, les récits épiques nordiques et, en France, le Roman de Renart (pour ne citer qu’un exemple) ne sont qu’une multitude de petits récits déclamés en place publique qu’on a choisi d’immortaliser. Plus récemment, on pense aux Veillées paysannes dans les petits villages où on racontait des histoires, lisait les informations à toute la communauté. C’est ce qui, longtemps, a créé une culture commune dans des populations entières.

Bref, nous ne vous ferons jamais assez l’éloge de la lecture et du bonheur de partager ces moments en couple, avec ses enfants ou avec des amis !

N’hésitez pas à nous raconter vos propres expériences de lecture, en solitaire ou à plusieurs ! 😉


Sources images : gifs

120 journées de Sodome

Saviez-vous que le mot sadisme provient du marquis de Sade ? Comment ça évidemment ? J’étais donc le seul ? Bon puisque c’est comme ça, débrouillez-vous sans moi pour cet article.

Je plaisante !

C’est au cours d’un gala que Teatime et moi-même avons rencontré une (très) belle femme, dont le compte Facebook nous a annoncé qu’elle participerait à une soirée nommée « les goûters de Sade ». Pour ne pas y aller en ignares, j’ai essayé. Oui, oui. Et du coup, nous n’y sommes pas allés.

6447Les 120 journées de Sodome,
du Marquis de Sade (1785)
Éditions : Feedbooks

L’histoire est triviale. Quatre amis, liés par leur sexualité transgressive, décident de mettre au point le plaisir ultime (dont eux seuls seraient les bénéficiaires) : embaucher et capturer des personnes pour organiser les plus folles bacchanales qui soient. Les « embauchés » sont des maquerelles et des prostitués, les capturés sont des… filles et des garçons. Vous avez bien lu(1).

Qu’est-ce qui est long et dur à s’enfiler ? Le premier chapitre de Les 120 journées de Sodome. En vue de poser le décor, le marquis de Sade nous sert une description très détaillée de chaque personne intervenant dans l’histoire. Il y en a à peu près une trentaine et une place importante est donnée aux sexes des protagonistes. Une fois le forfait accompli, le narrateur nous conseille de nous constituer des fiches de personnage. Histoire de bien suivre l’histoire.

On comprend dès lors(2) comment le néologisme « sadisme » a vu le jour. Rien que la façon d’écrire transpire l’envie de faire souffrir et d’en tirer du plaisir. Chaque description, autant de l’apparence des choses que des actions, est très détaillée et très abrupte. Pourquoi s’embêter avec des métaphores, après tout ? Moi qui m’attendais à ne voir que l’ancêtre du mommy porn…

Au final, je dois avouer que je n’en ai pas encore fini la lecture. J’en suis à peu près au premier tiers. Teatime m’a demandé expressément d’arrêter de le lire. Chaque lecture influe directement sur ma façon de parler et, apparemment, quand je lis Sade, je me mets à parler comme un charretier.

(1)Autant que je sache, tous les adeptes de SM ont pour seule règle « entre adultes consentants ». Les quelques adeptes que j’ai connus personnellement ont une vision très positive, responsable, et même respectueuse de la sexualité. Je ne peux donc pas les associer aux écrits de Sade. Il n’empêche que je ne suis pas allé à cette soirée.
(2)Réalisation froide, crue et brutale.

Back to the 90’s : Witchcraft (2)

Nous continuons notre cycle Back to the 90’s consacré à la sorcellerie avec un film devenu culte dès sa sortie :

Le_Projet_Blair_WitchLe Projet Blair Witch (1999),
de Daniel Myrick et Eduardo Sanchez

Synopsis:
En automne 1994, 3 étudiants en cinéma partent en randonnée dans le Maryland, pour réaliser un film documentaire. L’objet de leur étude est la sorcière de Blair, une légende locale qui aurait le pouvoir de posséder les esprits.
Un an plus tard, il sont toujours portés disparu lorsque l’on découvre leur film.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le film a marqué les esprits. A l’époque du VHS et des débuts de la démocratisation de l’internet, il est carrément devenu une légende urbaine. Si, si ! Certains pensaient avoir affaire à un vrai documentaire, d’autres ont même développé une phobie de la randonnée dans les bois ! Le reste en est sorti à peu près sans séquelles.

Il faut dire que, côté communication, l’équipe du film n’a pas fait dans la dentelle en postant par exemple sur la toile des avis de recherche des acteurs ! Cela ne vous rappelle pas, plus récemment, le mini film annonçant une nouvelle version de Carrie, que beaucoup avaient pris très au sérieux ?

Le film qui a popularisé le found footage

Mais qu’est-ce que le found footage ? Hein ? Toi, au fond, là, qui pianote discrètement sur ton portable en dessous de la table. Comment ça, tu n’es pas sur ton portable ? T’es donc vraiment en train de regarder tes couilles en te marrant ?

Le found footage, c’est le recyclage d’enregistrements trouvés. Dans le cas présent, il s’agit du point de vue de la caméra qu’on tient à bout de bras, comme quand on filme sa famille. Sauf que là, le rendu n’est pas mignon.
Ce qui donne l’impression qu’il s’agit véritablement d’une pellicule trouvée. L’histoire est relativement basique, n’est-ce pas ? Pourtant, cette caméra subjective nous projette dans le film. On se retrouve comme membre du groupe de randonneurs.
Le principal défaut de cette technique pourtant si immersive ? Il ne faut pas avoir le mal des transports. C’est même la principale critique négative qui en est sortie à l’époque. Même Titanic n’y a pas eu droit, à celle-là !

Alors évidemment, ce n’est pas le premier film à utiliser le moyen de la caméra subjective. Je pense notamment à Cannibal Holocaust (1979) dont l’auteur a été accusé d’avoir réellement éliminé ses acteurs. Impressionnant, le pouvoir de cette prise de vue, non ?
Ce n’est pas le premier, mais c’est lui qui a popularisé le genre. Oui, c’est lui qu’il faut blâmer pour les… oui LES Paranormal Activity ainsi que les Rec. Il y a également Cloverfield et, plus récent, français et avec Norman, Pas Très Normales Activités. On l’a vachement aimé, celui-là et sa fixette sur l’infusion à l’échalote.

L’autre gros point fort de ce film, c’est son casting. Il est composé d’inconnus qui jouent leurs propres rôles de façon assez convaincante. Ajoutez à cela le final, abrupt mais ouvert qui ne laisse que des questions sans réponse. Ce n’est pas pour rien, que beaucoup ont réellement cru à leur disparition !

En fin de compte, en l’an de grâce 2017, on est obligé d’avouer que le film n’a pas merveilleusement vieilli. Cependant, le fandom est encore assez vivant et des théories sur le dénouement pullulent encore sur la toile. Ma préférée, c’est celle qui dit que la caméra serait tenue par la sorcière elle-même, à la fin, dans la maison. Chouette, non ?

Poupoupidou dans les Ardennes Belges

Aujourd’hui, je vous emmène manger des frites dans la ville imaginaire de Reugny dans les Ardennes Belges !

004783031L’hôtel du Grand Cerf,
de Franz Bartelt
Éditions : Seuil

4ème de couverture :
« À Reugny, petit village au cœur des Ardennes, plane depuis cinquante ans le secret de la mort de Rosa Gulingen. La star mondiale de cinéma avait été découverte noyée dans la baignoire de sa chambre à l’Hôtel du Grand Cerf, qui accueillait l’équipe de son prochain film ; du bout des lèvres la police avait conclu à une mort accidentelle. Quand Nicolas Tèque, journaliste parisien désœuvré, décide de remonter le temps pour faire la lumière sur cette affaire, c’est bien logiquement à l’Hôtel du Grand Cerf qu’il pose ses valises. Mais à Reugny, la Faucheuse a repris du service, et dans le registre grandiose : le douanier du coin, haï de tous, est retrouvé somptueusement décapité. Puis tout s’enchaîne très vite : une jeune fille disparaît ; un autre homme est assassiné. N’en jetons plus : l’inspecteur Vertigo Kulbertus, qui s’est fait de l’obésité une spécialité, est dépêché sur place pour remettre de l’ordre dans ce chaos. « Le noir, pour peindre les mœurs, c’est une bonne couleur », dit l’auteur. Écrite dans un style impeccable, cette enquête faussement classique verra tout un village passé au crible de la plume si particulière de Franz Bartelt, toujours entre burlesque et mélancolie. Dans Hôtel du Grand Cerf, on rit énormément, mais tout est élégant, et rien n’est banal. »

Le terreau : les Ardennes Belges

Certains noms de villes sont réels comme Bouillon, Liège ou Dinan, d’autres sont transformés, Charleville devient Larcheville et d’autres n’existent pas dans cette région, cf. Reugny. Déroutant, non ?
A Reugny, petit village de campagne, on ne parle pas aux étrangers et on règles ses comptes entre soi. Franz Bartelt nous offre une galerie de personnages au vitriol à la fois grotesques et réalistes. Le douanier du coin a des dossiers sur tout le monde dans le village. Ce village est, d’après lui, remplis à ses yeux de délinquants et de criminels. En toile de fonds, nous avons des attentats à la bombe sur les grandes villes, des cols bleus en grève qui bloquent les routes et un centre de Motivation pour cols blancs à la recherche de leur animal intérieur (de préférence solitaire et carnassier). La manière de construire cette critique sociale a quelque chose des œuvres d’un Guy de Maupassant ou d’un Claude Chabrol.

L’enquête policière

Pour résoudre l’enquête sur les morts du douanier et du fou du village, ainsi que sur la disparition de la jeune fille de l’Hôtel du Grand Cerf,  on dépêche un drôle de personnage, Vertigo Kulbertus, un inspecteur qui se nourrit exclusivement de frites et de cervelas. Derrière son empâtement, sa grossièreté et son aptitude étrange à agacer tous les habitants, se cache un esprit fin. Curieusement, je peux vous affirmer qu’à la fin de ce livre, vous allez aimer ce type !
L’histoire suit en compte à rebours, les 14 jours qui séparent Vertigo de sa retraite.

Le documentaire

Une seconde enquête se cache dans ce livre. Un journaliste du dimanche, Nicolas Tèque est chargé d’enquêter sur la mort tragique d’une actrice des années 60. Rosa a été retrouvée noyée dans la baignoire de sa chambre à l’Hôtel du Grand Cerf. Elle tournait dans la région « Le village oublié »… le sujet idéal pour un documentaire ou un « Faites entrer l’accusé ». Mais les deux enquêtes sont-elles liées ?
Il faudra lire ce roman pour le savoir !

 » Il n’y a que dans les romans qu’on connaît le fin mot de l’histoire, Nicolas. Dans la vie, on n’arrive jamais à tout savoir. Ce n’est d’ailleurs pas très utile. Mais, à propos de toutes ces histoires, s’il fallait savoir une chose, Nicolas, une seule, ce serait que nous ne sommes pas dans un roman. »
Vertigo Kulbertus dans Hôtel du Grand Cerf, de Franz Bartelt

Pour conclure, je vous dirais que ce petit livre est amusant et fascinant, glauque et mordant, gras et poétique. Si vous aimez les histoires policières avec une bonne dose d’absurde, vous adorerez cette histoire et cet auteur.

Tombez dans le terrier du lapin blanc

Aujourd’hui, je vous entraine avec moi à la poursuite du lapin blanc dans un immense rêve éveillé. En fait, ce que je vous propose, c’est de vous engouffrer dans le premier métro venu (celui avec le lapin blanc dessiné sur les portes), pour aller voir un film culte, Twin Peaks dans un lieu unique, Le Brady cinéma-théâtre.

Le Brady, un cinéma-théâtre qui sent bon le vieux Paris.

Je n’avais encore jamais eu l’occasion de voir ce film culte (et je n’ai toujours pas vu la série). Alors quand j’ai entendu qu’il était de nouveau visible au cinéma en version remasterisé, j’ai sauté sur l’occasion. De tout Paris, un seul cinéma le diffuse encore cet été Le Brady, l’occasion rêvé de faire une excursion dans le 10ème !

Le Brady est situé sur le Boulevard Strasbourg, entouré de salon de coiffure afro et de perruquiers. De temps en temps, vous croiserez des bourgeois choqués, eux aussi en expédition, qui parleront de ce quartier comme d’un lieu de rencontre pour dealers et autres fantasmes issus du journal de 13h de JPP. En fait, la seule chose qui m’a surprise, c’est le nombre incroyable de rabatteurs/homme sandwich pour chaque boutique beauté, coiffure du coin.

Une fois traversé le brouillard des fantasmes, vous tomberez sur ce tout petit cinéma, ambiance rétro. Oui, je sais, si on ne fait que passer devant en le regardant du coin de l’oeil, ça fait plus penser à un sex shop qui se donne des styles de lupanar année 30 (description qui a permis à Cro de le trouver après avoir erré un peu dans le quartier). Le brouillard des fantasmes est épais dans ce quartier ! 😉

-J’ouvre ici une parenthèse pour les accrocs à l’Histoire de Paris. D’après Le guide du routard, ce cinéma construit en 1956, a été assidument fréquenté par Truffaut. Il s’est longtemps distingué par sa programmation destinée au fantastique et à l’horreur. Sa survie, il la doit surtout à quelques passionnés (comme Jean-Pierre Mocky qui l’a racheté en 1994). Aujourd’hui, les deux salles de ce petit cinéma projettent surtout des films en fin de course (c’est ce qu’on appelle un cinéma de continuation), des films pour enfants, des films indé, des films étrangers et des films LGBT (avec le ciné-club du 7ème genre).
Vous pourrez aussi y voir The Rocky Horror Picture Show (Film + Live Show). Cliquez ICI pour jeter un œil sur la programmation –

Twin Peaks : Fire Walks With Me, de David Lynch (1992)

Le synopsys de Telerama (parce que celui d’allociné est tout pourri) :

Twin-Peaks-Fire-Walk-With-Me-afficheDans une bourgade du Nord des Etats-Unis, le corps d’une jeune fille de 17 ans, Teresa Banks, est découvert flottant sur une rivière. Le FBI enquête. Dale Cooper, un agent, a des visions prémonitoires qui l’amènent à craindre qu’un meurtre identique ne se produise bientôt dans la même région. Un an plus tard, à Twin Peaks. La charmante Laura Palmer mène une double vie. Étudiante modèle le jour, cette toxicomane invétérée erre la nuit dans des lieux mal famés et se prostitue pour se procurer de la drogue. Elle devient la proie d’hallucinations et de cauchemars dans lesquels elle est agressée par un individu terrifiant…

Mon avis :

Est ce que l’on peut regarder ce film sans avoir vu la série ? Oui (contrairement à ce que certains fans vous diront) !
Bien sûr, ramener avec vous un décodeur humain qui a vu l’intégralité de la série vous permettra d’avoir la signification de certains symboles ou le background de certains personnages comme la femme à la buche ou l’homme venu d’ailleurs.
Attention : certaines scènes peuvent heurter le public (violence, drogue, sexe).

Un film à tiroirs

Ce qu’il faut garder à l’esprit et que l’on comprend assez vite, c’est que toute cette histoire, tous les personnages ont un double fond ou plutôt des doubles fonds. L’enquête de Teresa Bans sert de double fond à celle sur Laura Palmer, petite étudiante brillante, girl next door le jour, toxicomane prostituée la nuit.

Un son et lumière impressionnant

L’utilisation des couleurs est particulièrement parlante et vous permettra de décrypter certaines scènes. Le rouge est passion, le bleu est chagrin et honteux, le jaune est douleur, le blanc est réconfortant, le vert est une salissure, etc … Le tout est une claque visuelle.

Pour le son, on retrouve le compositeur Angelo Badalamenti, des textes écrits par Lynch lui même et la voix de la chanteuse Julee Cruise. Le son de la contrebasse ne vous quitte jamais longtemps. Bref c’est simple et entêtant.

 

A la fin de la projection, il y avait un silence de mort et une jeune fille avec des larmes pleins les yeux.

Pour conclure, je dirais simplement que  c’est une expérience cinématographique complétement dingue, qui devient extraordinaire dans un cinéma comme le Brady.

Milkshakes, Jukebox et James Dean

Pour ce #VendrediLecture, prenez place dans ma Cadillac Eldorado, je vous emmène dans le Québec des années 1950 !

Chez gigiChez Gigi, le petit restaurant du coin, T.1, de Rosette LABERGE
Éditions : Druide (2017)

« Dans ce Québec des années cinquante, c’est au petit restaurant du coin, Chez Gigi, que plusieurs vont boire un milkshake lorsqu’ils ont envie de se payer un petit plaisir. Si madame Gigi est la mère de Rita, elle est aussi un peu celle des nombreux jeunes qui trainent à son restaurant, notamment Béa et Laurence, les meilleures amies du monde. Différentes à bien des égards, les deux jeunes femmes ont la même passion pour le rock’n roll qu’elles dansent avec brio dans les concours. Si leurs familles les acceptent comme elles sont, c’est-à-dire modernes et indépendantes, c’est loin d’être le cas du curé de la paroisse… »

Le charme des Trente Glorieuses :

J’ai donné sa chance à ce livre pour deux raisons. Primo les milkshakes sur la couverture. Deuxio, mon souvenir de Berlin 56, la série féministe d’Arte. Là encore, il est question de femmes qui cherchent à réaliser leur rêve, de concours de danse et du patriarcat.

La première chose qui vous marquera, c’est la lourdeur du machisme et autres obsessions de cette époque couplé à la lourdeur du style.

« Alors que la plupart des femmes sont nées pour se marier et fonder une famille, Béa et Laurence, elles, sont nées pour s’amuser et danser jusqu’aux petites heures du matin, ou jusqu’à ce que leurs jambes n’en puissent plus de les supporter. C’est lorsqu’elles exécutent des pas de danse qu’elles ont pratiqués sans relâche qu’elles se sentent vivantes. »
Chez Gigi, le petit restaurant du coin, T.1, de Rosette LABERGE

Des personnages colorés

Contrairement à ce que le titre pourrait laisser entrevoir. Le livre n’est pas centré sur Gigi, mais sur la famille Desbiens. La Famille Desbiens est présentée comme ouverte d’esprit parce qu’ils laissent leurs filles accomplir leurs rêves. Ils me font légèrement pensé à la famille Benett dans Orgueil et Préjugé, Jane Austen. Ils ont une fille ainée non mariée, Béa, une seconde qui s’est marié avec le premier venu, France, une cadette qui est embrigadée dans la religion, Juliette, et un petit dernier qui aime les bonbons, Bernie. Ils sont amis avec Laurence, 25 ans, passionnée de bonbons et de danse et son frère William.
Ensuite, il y a Gigi, une veuve, femme forte, qui tient un restaurant pro rock’n’roll avec sa fille Rita. C’est le camp des vrais gentils, des confidents.

Dans le camp adverse, des religieux tout puissants s’en prennent à tous ceux qui aiment danser le rock’and’roll, la danse du diable.

Une littérature youngadult ?

La mise en situation, les couleurs des années 1950 sont plutôt bien retracées, avec un certain réalisme. Seulement la lourdeur du style et des personnages un peu trop têtes à claques peuvent nuire à votre lecture.

Je pense qu’au vu des thèmes abordés (liberté, rock’n’roll, religion), il peut plaire aux amateurs de littérature youngadult et aux amateurs d’histoire québecoise.

Pour conclure, je dirais que ce n’est pas une lecture transcendante, mais l’histoire peut plaire. Pour ma part, je passe mon chemin et je ne poursuivrais pas jusqu’au Tome 2 !

Un Dimanche au Quai Branly

Aujourd’hui, je vous entraine au Musée du Quay Branly Jacques Chirac pour trois expositions qui valent le coup d’œil !

Picasso Primitif (du 28 mars au 23 juillet 2017) – Attention dernier jour !

C’est une exposition qui se divise en deux parties. Tout d’abord, une approche chronologique de l’arrivée de Picasso à Paris en 1900 à sa mort. Puis une approche thématique : l’intérêt de Picasso pour les formes élémentaires, sa manière de jouer avec les métamorphoses et une interprétation freudienne d’une partie de son œuvre.

Vous découvrirez au cours de cette exposition la taille impressionnante de la collection privée d’art primitif de Picasso, des lettres écrites à des amis artistes pour avoir des bons plans en matière de vente d’objets d’art, des cartes postales ou des témoignages. Vous découvrirez aussi des objets qui ne lui appartenaient pas mais dont il a pu s’inspirer pour pas mal d’œuvre, mais aussi des esquisses, des travaux de recherches, une scène avec un pénis qui ferait pâlir d’envie Jeff Koons, des photos de son logement, etc …

L’approche proposée dans cette exposition des œuvres de Picasso vis à vis de l’art primitif est franchement intéressante. Elle vous donnera une autre vision de l’artiste.

Ce que j’ai trouvé rigolo (en plus de la collection de pénis et la partie métamorphose), c’est entendre des gens (qui pour la plupart on fait la queue pour cette exposition) dire qu’ils n’aiment pas Picasso, que l’art kanak c’est trop moche et que c’est grave raciste de parler d’Art nègre (sur les cartes postales d’époque).

Bref, vous ne ferez pas la queue si vous arrivez autour de midi un dimanche.

La pierre sacrée des Maori (du 23 mai au 1 octobre 2017)

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Exemple de Hei Tiki (SourceImage)

L’exposition qui vous conduit en Nouvelle-Zélande sans passer 24h coincé dans un avion ! Vous pourrez palper le trésor des maoris, non pas les All-Blacks, mais le Pounamu (aussi appelé Jade de Nouvelle-Zélande).

L’exposition retrace les origines géologique de cette pierre sacrée avant d’aborder les mythes qui l’entourent et son utilisation.
Vous découvrirez deux types d’objets particulièrement marquants :

Hei Tiki : Ce sont des figures, taillées dans le Pounamu, que les Maoris portent en pendentif. Puisque Hei signifie le cou et Tiki désigne le premier homme venu sur terre par la grâce des dieux. Les Hei Tiki témoignent de la connexion des Maoris à leurs ancêtres. Ils sont portés aussi bien par les hommes que par les femmes (d’ailleurs, l’exposition montre des Hei Tiki de femmes célébrées pour leur immense courage). Ils sont le signe d’un certain statut social, d’un prestige.

Mere : Ce sont des armes courtes, réalisées à partir de la pierre sacrée, qui elles aussi, sont transmises de génération en génération (whakapapa). Ces objets possèdent la Mana, la force transmise par le premier des Dieux à l’humanité, particulièrement aux chefs et aux dignitaires de hauts rangs.

Certes cette exposition peut paraitre superficielle pour certains (je pense notamment à la jeune fille qui déambulait dans cette expo avec un type qu’elle pensait pouvoir pécho en insultant l’oeuvre de Picasso …). Comme dirait Cabrel, ce ne sont que des cailloux. Oui, mais ce sont aussi de jolis objets. Et puis, de ce que j’ai vu, si vous placez un bébé de 16 mois sur un de ces gros cailloux, vous aurez l’impression de le voir gravir une montagne !

Aztec Hôtel (20 juin au 8 octobre 2017)

De toutes les expositions, celles ci est la plus petite et la plus amusante (malheureusement, je n’ai pas vu de cahier d’exposition quand j’y suis allée, et c’est fort dommage). Elle vous entrainera dans la frénésie Maya de la fin du XIXème et du début du XXème siècle !

Entre les dessins et les interprétations des pseudo archéologues ou de types lambdas fascinés par les découvertes archéologiques précolombiennes, comme l’architecte britannique Frederick Catherwood (1799-1854), on mélange tout : Aztèques et Mayas, continents perdus et autres joyeusetés à la recherche d’un mythe originel, d’une histoire commune ancienne, d’une citée athénienne. On reproduit les motifs trouvés dans les fouilles, on en fait des carrelages, des objets en tout genre, des hôtels, des casinos, des salles de spectacles (un peu comme pour la culture Tiki Pop). On raconte cette civilisation au cinéma, on s’en inspire en danse contemporaine, on cherche son chant originel, ou encore, on donne des explications hasardeuses aux sacrifices. La maya-mania est sans limite !

Bref, vous verrez et entendrez des choses vraiment drôle  dans cette exposition et vous découvrirez même d’où viennent les fantasmes d’ufologie, de continents disparus et de tous les trucs bizarres qu’on accroche aux civilisations précolombiennes.

En Bonus : La chanteuse Yma Sumac — descendante autoproclamée des rois incas :

 

Cette fascination s’est quelque peut estompée après la Seconde Guerre Mondiale, même si des films comme Apocalyptico tendent à nous prouver le contraire.

Si vous passez du temps sur la Capitale cet été, passez-y, vous ne le regretterez pas ! 😉
En plus, il y a pleins d’activités pensées pour les enfants (comme des chasses au trésor).

H2G2 – Le guide du routard galactique

Pas de panique ! Passez votre serviette sur votre épaule, et suivez-moi pour une présentation de

H2G2 with CatH2G2 Le Guide du Routard Galactique
L’intégrale de la trilogie en cinq volumes

Douglas Adams
Traduit par Jean Bonnefoy
Éditions : Lunes d’Encre, Denoël

En VO The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy, abrégé communément par H2G2.

Arthur Dent, un anglais rangé, mène une vie paisible jusqu’au jour où sa maison se fait raser par une société de construction en vue de faire passer par là une nouvelle route. Pendant ce temps Ford Prefect, un employé du Guide du Routard Galactique coincé sur Terre depuis plusieurs années entrevoit enfin la possibilité de la quitter et de reprendre son voyage.

Cette opportunité, c’est un vaisseau de flotte Vogon venue dans notre secteur de la galaxie qui a pour mission de détruire la planète Terre. En vue de faire passer par là une nouvelle route galactique.

La Terre est donc détruite dès le premier chapitre.

Ford Prefect, grand ami de Arthur Dent, prend en « auto-stop » le vaisseau Vogon en emportant sous son bras son grand ami et les deux commencent un long(1) périple à travers l’espace.

Initialement une série radiodiffusée sur la BBC et rapidement adaptée en livre, H2G2 est un classique anglais et un monument incontournable de la culture geek. C’est ce livre qu’il vous faut lire si vous voulez comprendre pourquoi un geek ricane bêtement à la simple vue ou écoute du nombre « 42« .

Le film est bien aussi, mais évidemment moins. Et en plus, il ne va pas plus loin que le premier tiers du premier tome(5).

Je n’ai pas osé le lire en VO que je redoute bourré d’argot et de jeux de mots incompréhensibles pour un frog tel que moi(6). Pourtant, si l’argot et les jeux de mots ont tendance à ne pas survivre d’une langue à une autre, l’humour, lui, a bien survécu. A l’humour anglais typique dont je raffole s’ajoute un cynisme bien dosé très rare en littérature.

Ce qui nous permet de voir en miroir notre société de façon assez sinistre, mais d’en rire aux éclats tout de même ! Beaucoup de thèmes sont abordés : société, politique, psychologie, mathématiques, philosophie, voyage dans le temps et tant, tant d’autres. En fait, il y en a tellement, et traités avec tant de brio que vous vous apercevrez en lisant que H2G2 fait partie intégrante de notre imaginaire collectif. Vous vivez sur Paris ou en banlieue ? Si vous êtes déjà allés au Dernier bar avant la fin du monde, sachez que le nom y fait directement référence.

Un peu comme pour les Harry Potter, j’ai lu toute la série d’une traite. Mon préféré ? Le tome 4. Arthur Dent rencontre l’amour. Oui, je suis un peu fleur bleue.

En Bonus :
Si vous souhaitez écouter le premier épisode radiodiffusé sur la BBC de H2G2 légalement et gratuitement : Cliquez ICI.


(1)Très long(2)
(2)Très très long(3)
(3)Vraiment très très long(4)
(4)J’adore les notes de bas de page
(5)Après avoir parlé de Les Trois Mousquetaires et de Blade Runner, on ne peut que se montrer impressionné de se dire que le réal’ a été aussi loin dans le livre.
(6)frog : surnom affectueux des français par les anglais. C’est de bonne guerre, on les appelle bien les rosbifs. A ce propos, vous saviez que l’expression « filer à l’anglaise » a son équivalent anglais ? To take the french way.