Hong Kong Noir

look at my Oo
Le petit pervers du musée Guimet

Il y a peu de temps, je me suis rendue avec @zeliezazou à une exposition de cartes au musée Guimet.

Ce que j’ai préféré dans ce musée :
– les expo permanentes,
– la statue du lion pervers,
– le touriste chinois qui décoche son smartphone à la vitesse de l’éclair pour prendre des photos en un clin d’œil et disparaître aussi vite qu’il est venu de la salle d’expo
et bien sûr
–  la boutique souvenir dans laquelle j’ai trouvé un livre qui m’a tout de suite tapé dans l’œil :

Hong Kong Noir

de Chan Ho-Kei
traduit du chinois par Alexis Brossollet
Editions : Folio Policier (2016)

4ème de couverture :

« Hong Kong, 2013. L’inspecteur Kwan Chun-dok dit « Le Divin Détective », est mourant. Des années durant, il a traqué les criminels sans relâche, au gré des bouleversements qui ont secoué la colonie. Aujourd’hui, son partenaire vient lui demander une dernière fois son aide pour une enquête particulièrement délicate. Une enquête qui le ramène des années en arrière, en 1967, à l’époque où il cherchait à mettre un des plus dangereux membres des triades sous les verrous …
Thriller audacieux et envoûtant, Hong Kong Noir couvre un demi-siècle d’histoire, de rivalités, de jalousie et de vengeance, et dessine le portrait fascinant d’une ville en mutation permanente.

Chan Ho-Kei
Né à Hong Kong, Chan Ho-Kei est développeur, scénariste, concepteur de jeux vidéo et éditeur. Son premier roman a remporté le  Soji Shimada Mystery Award, récompensant le meilleur polar chinois de l’année. »

Cette 4ème de couverture m’a totalement convaincue !
Je n’ai pas lu beaucoup d’auteurs chinois et ceux et celles que j’ai lu jusqu’à présent étaient plutôt dans un registre biographique centré sur la fin de l’empire et la révolution culturelle : Mémoire d’un eunuque dans la cité interdite de Shi Dan, Mémoire d’une dame de cours dans la cité interdite, de Jin Yi et Les cygnes sauvages de Jung Chang. Honk Kong Noir est l’occasion parfaite de découvrir un autre pan de la culture chinoise à travers un genre que j’affectionne : le roman policier. J’ajoute que le fait que l’auteur soit également un concepteur de jeux vidéos et que le nom même de ce roman me fasse penser à un jeu vidéo génialissime L.A. Noire laisse entrevoir un univers particulièrement vivant et bien décrit.

Je ne sais pas pour vous mais quand je pense à un policier chinois, je revois immédiatement dans ma tête des images de la série Le flic de Shanghai (Sammo Law For Ever <3), de Jackie Chan, de Bruce Lee et des films Detective Dee. Je vois des flics au grand cœur, rusés et toujours super doués en arts martiaux qui affrontent de dangereuses triades.

Concernant la ville de Honk Kong, tout ce que j’en savais c’est que c’est une ancienne colonie anglaise qui a été rétrocédée à la Chine en 1997 et qui a gardé quelques spécificités. En effet, la Chine a promis que Hong Kong garderait une relative autonomie jusqu’à 2047, soit 50 ans après le transfert de la souveraineté.

Maintenant que vous disposez du même bagage que moi d’avant lecture, c’est à dire pas grand chose, il est temps que je vous dise ce que j’ai pensé de ce roman !

Hong Kong Noir, c’est 750 pages en format poche d’enquêtes policières !
Aux côtés de l’inspecteur Kwan aka le « Divin détective » et de son padawan l’inspecteur Lok, on découvre au fil des enquêtes les différentes facettes de Hong Kong et leur évolution aux cours de ces 50 dernières années. L’auteur nous annonce qu’avant que la ville soit rétrocédée à la Chine, les forces policières étaient plus efficaces, plus attachées à protéger leurs concitoyens. Alors qu’aujourd’hui, la police hongkongaise est plus bureaucratique et individualiste. Chacun cherche à gravir les échelons. Ceci dit, la corruption est présente en tout temps.

La 4ème de couverture donne à croire que nous allons suivre une enquête qui va amener l’inspecteur Kwan à revivre des enquêtes passées à travers des flashs back. En réalité, on peut découper le roman en 6 nouvelles indépendantes les unes des autres, 6 enquêtes qui se déroulent à des époques différentes : la première en 2013 et la dernière en 1967. On remonte le temps !

C’est une approche assez originale qui permet de suivre l’évolution de l’inspecteur Kwan à l’envers, de sa fin de vie à son entrée dans les forces de police. Il y a un petit côté Benjamin Button dans l’approche ! 😉

La personnalité de l’inspecteur Kwan est franchement étonnante. C’est un savoureux mélange de Sherlock Homes en tongs et d’Oncle Picsou. C’est le type le plus radin de la galaxie et le plus intelligent, capable d’élaborer des plans sur des années pour capturer les coupables. Son assistant me fait penser à Watson de la série Elementary, un disciple capable de se débrouiller tout seul pour résoudre ses enquêtes mais qui revient toujours vers Sherlock. Ah une information importante, contrairement à Elementary, nos enquêteurs ne sont pas maîtres en arts martiaux. Ils ne disposent que de leur flair et de leur intelligence.

Ma vision d’Hong Kong a changé avec ce roman, je vois désormais une mégalopole pleine de possibilités, un peu chinoise, un peu britannique, ancien terrain de jeux des triades, une ville pleine de croyances, une ville de cinéma.

C’est un récit captivant et ingénieux. L’écriture est magnifique (merci au traducteur Alexis Brossolet).

J’ai adoré ce roman. Il a toutes les qualités pour faire un bon film ou une série !
Que vous soyez curieux de découvrir Hong Kong ou que vous nourrissez une passion pour les policiers qui ont du flair, Hong Kong Noir est fait pour vous !

Pour aller plus loin avec ce roman, j’ai demandé à @zeliezazou, notre expatriée en Chine qui a déjà eu l’occasion d’aller plusieurs fois à Hong Kong, de me parler de cette ville.

Voici son témoignage :

 » J’ai adoré la ville de Hong Kong ! C’est une ville chinoise mais sans être vraiment chinoise, c’est assez marrant. Ils ont notamment une british touch très marquée, vu qu’ils ont appartenu à la Grande Bretagne jusqu’à la fin des années 90.
Ils roulent à gauche par exemple, alors qu’en Chine les gens roulent à droite. Leur métro ressemble énormément au métro londonien et bien sûr les hongkongais sont bien plus civiques que les chinois ! 😉
Et puis quand tu vas à Hong Kong, t’as vraiment l’impression que les hongkongais se sentent hongkongais, pas chinois.

Il y a une autre chose qui m’a surprise à Hong Kong. C’est que Hong Kong ne se résume pas à une grande mégalopole, il y a aussi beaucoup de campagne avec de très beaux paysages.

Ah et aussi, tu vois que le communisme n’est pas passé par là, les différentes croyances chinoises sont beaucoup plus présentes qu’en Chine. Je me souviens notamment d’un village de pêcheurs où chaque maison avait de petits autels dédiés à des divinités, notamment un petit autel devant chez eux, généralement contre le mur à côté de la porte d’entrée, au niveau du sol, et qui était dédié au dieu de la terre.
Et à l’intérieur des maisons, manifestement il y avait aussi au moins un autel. J’ai aussi vu des gens principalement âgés partir de très bonne heure avec de l’encens et des offrandes pour aller dans un temple bouddhiste.

Sinon y a une histoire de grand banditisme dans la ville, de mafia et autres trucs de ce genre-là. Y a même un quartier entier qui a été réhabilité, mais qui avait une sale réputation par le passé et qui était très pauvre. Dans mes souvenirs, c’était un quartier avec de hauts immeubles et de petites ruelles. Alors, il faisait très sombre dans ces ruelles, et tout ça n’était pas salubre…

Hong Kong a aussi un petit côté Hollywood visible avec son walk of fame. Mais si je me souviens bien, la plupart des acteurs dont le nom figure là-bas sont hongkongais, taïwanais ou chinois. Il y a Jackie Chan notamment et Bruce Lee !

Et finalement la ville de Hong Kong fait plus européenne (plus particulièrement britannique) qu’asiatique par beaucoup de côtés. En plus de ce que j’ai déjà mentionné, il y a aussi beaucoup plus d’étrangers que dans les grandes villes chinoises, c’est très cosmopolite. Le coup de la vie est aussi beaucoup plus cher et il y a moins d’espace disponible. Par exemple, les chambres d’hôtel sont bien plus petites qu’en Chine, ça ressemble bien plus à nos hôtels. »

C’est tout pour nous !
Je vous dis à Vendredi prochain pour un nouveau Rendez-Vous Lecture !
Et à dimanche pour une surprise 😉

chat lunettes

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3 réflexions sur “Hong Kong Noir

  1. […] Hong Kong Noir, c’est 750 pages en format poche d’enquêtes policières dans une ancienne colonie britannique qui a été rétrocédée à la Chine en 1997. Aux côtés de l’inspecteur Kwan aka le « Divin détective » et de son padawan l’inspecteur Lok, on découvre au fil des enquêtes les différentes facettes de Hong Kong et leur évolution aux cours de ces 50 dernières années. C’est un récit captivant et ingénieux, qui se découpe en 6 nouvelles. L’écriture est magnifique (merci au traducteur Alexis Brossolet). Il a toutes les qualités pour faire un bon film ! […]

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